. Joker de Brian Azzarello et Lee Bermejo | Fant'asie
Kameyoko 30/08/2011 0

Joker de Brian Azzarello et Lee Bermejo

Joker de Brian Azzarello et Lee Bermejo

Un comic qui rend justice au Joker

Joker est le fruit de la collaboration entre deux invités de la Comic Con 2011 : Brian Azzarello et Lee Bermejo. Comme son nom l’indique, ce comic se focalise sur le Joker, némésis de Batman. C’est probablement le méchant le plus célèbre et le plus emblématique de tous les comics.
Ce Joker est un hors-continuité Batman. Brian Azzarello a tout le loisir pour nous présenter sa vision du personnage. Et forcément, elle est très sombre !

Joker de Lee Bermejo et Brian Azzarello est édité par Panini Comics et est disponible à la vente depuis février 2009.

Résumé de Joker chez DC Comics

Le Joker est relâché de l’asile d’Arkham !
Jonny Frost, un petit truand voulant se faire un nom dans le milieu, prend la décision d’aller chercher le Joker à sa sortie.
A peine ont-ils eu le temps de faire les présentations que le Joker souhaite se rendre dans le quartier malfamé de Gotham rendre visite à son vieil ami : Croc.

Ce dernier lui explique, que son territoire, ses biens ont été repartis entre les principaux malfrats de Gotham.

Mais le Joker est bien décidé à reprendre ce qui était à lui, et contrôler de nouveau Gotham.

Il va petit à petit rendre visites à ces gangsters, accompagné d’une équipe se montant autour de lui. Jonny Frost va devenir de plus en plus important aux cotés de ce violent Joker.

Un Joker réaliste mais toujours aussi fou

Comme je le disais en préambule, le Joker est LE méchant par excellence. C’est en partie grâce à lui que Batman est si populaire. Les deux sont indissociables et le Joker occupe un place à part dans les comics.

Mais bizarrement, il n’y a pas tant eu d’histoires centrées sur lui. Parmi elles, on ne peut pas ne pas citer l’excellent Batman – The Killing Joke d’Alan Moore et Brian Bolland. Cet ouvrage nous peignait un Joker plus perturbé que jamais, une plongée dans la folie de ce personnage. Ce qu’on retrouve un peu ici.

Un autre point commun, outre la noirceur du récit, est la présence de Batman, ou plutôt devrais-je dire les apparitions de Batman. En effet, le Chevalier Noir est un personnage secondaire. Il n’apparait que brièvement à la fin. Tout ça pour bien souligner que le personnage principal est bien le Joker et non un moyen détourné de mettre Batman en avant.

Ce Joker, scénarisé par Brian Azzarello (connu pour ses récits très noirs comme pour 100 bullets ou Loveless) est hors continuité DC Comics. Il s’éloigne pas mal de la trame de la « Distinguée Concurrence« , tout en utilisant les éléments de cet univers. C’est un Graphic Novel à prendre comme un One Shot.

Le scénariste construit son histoire comme un polar bien glauque à base d’un truand voulant reconstruire son empire, guerre des gangs, flics véreux … Et tout ça, à la sauce Brian Azzarello donc bien sombre, violent, réaliste et sans concession.

Quand je dis réaliste, tout est à relativiser, mais il y a une volonté de faire paraitre plus réel le Joker et donc encore plus monstrueux. Cette approche n’est pas sans rappeler celle qu’a adoptée Christopher Nolan sur son adaptation de Batman, notamment dans Batman the Dark Knight.

D’ailleurs ce n’est pas le seul point commun puisque la charadesign du Joker est très ressemblant à celui interprété par le regretté Heath Ledger. Il faut savoir que le comic est plus vieux que le film.

Le Joker nous est présenté comme un fou violent capable de tout et sans respect pour rien. Le récit est ponctué de quelques scènes chocs comme celle où, avec Harley Quinn, il écorche un de ses hommes. Clairement, ce n’est pas un récit à mettre entre toutes les mains.

On ressent cette folie presque palpable par moment. Brian Azzarello nous livre un récit superbe, très prenant et avec une atmosphère sans pareille.

J’ai beaucoup aimé la narration qui aurait pu se contente d’une vision omnisciente, ou bien subjective, vue par les yeux du Joker ou bien encore par le Commissaire Gordon ou encore Batman. Non, là, le scénariste nous conte l’histoire du Joker par le biais d’un petit malfrat rêvant de grandeur : Jonny Frost.

C’est par ses yeux, par sa volonté de devenir quelqu’un, qu’on voit le retour du Joker à Gotham City, après son passage à Arkham.

Ce choix est très convaincant et change des narrations classiques. Choisir une petite frappe qui veut absolument se faire un nom, et qui donc choisit de travailler aux cotés du plus dangereux de tous les criminels est un point de vue intéressant. C’est un mélange de crainte, d’admiration, de déni et de cautionnement.

L’utilisation de la voix-off, est vraiment un procédé que j’aime beaucoup quand c’est utilisé avec intelligence. Et l’intelligence scénaristique, ce n’est pas ce qui manque à Brian Azzarello.

L’histoire fait aussi intervenir beaucoup de personnage récurrent du Chevalier Noir. Outre Batman, on retrouve Harvey Dent, le Pingouin, Edouard Nigma, Killer Croc, Harley Quinn,… mais dans une vision, aussi bien graphique que scénaristique, plus moderne, plus réaliste.

Le tout est servi par le trait de Lee Bermejo, qui colle parfaitement au style.

Son dessin réaliste et  détaillé est constant et ne faiblit pas. Son travail minutieux et impressionnant est valable aussi bien sur les décors que sur les personnages. En usant de beaucoup d’ombres, d’aplats sombres et de nombreux détails, on ressent vraiment le coté oppressant, glauque et violent du scénario. C’est vraiment le dessinateur qu’il fallait à Brian Azzarello. La puissance du scénario est parfaitement retranscrite par un dessin réaliste et sombre. Superbe !

Pour conclure, la couverture de ce Joker donne le ton de ce comic : glauque, inquiétant, sombre et à la folie presque palpable. Sur le Joker, nous avions déjà eu The Killing Joke. Ce Joker vient le rejoindre dans les incontournables et excellents histoires sur ce personnage.

Le travail de Brian Azzarello est de qualité, avec un scénario à la limite du polar, palpitant, violent et à l’atmosphère unique. Le tout est sublimé par un Lee Bermejo en pleine forme avec un dessin travaillé, minutieux et maîtrisé.

Un excellent comic qu’il faut découvrir d’urgence. J’ai vraiment beaucoup aimé. Une plongée dans la folie et la violence du Joker qui ne laisse pas de marbre.

Et vous qu’en avez-vous pensé? Arrive-t-il à se hisser au niveau d’un Batman – The Killing Joke?

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