. Jabberwocky – tome 1 de Masato Hisa | Fant'asie
Kameyoko 16/03/2015 1
  • Scénario
  • Graphisme

Jabberwocky - tome 1

Jabberwocky – tome 1 de Masato Hisa

Les dinosaures existent toujours

Comme le laisse supposer la couverture, Jabberwocky, le nouveau Seinen de Glénat, est une oeuvre atypique.

Cette singularité se matérialisera aussi bien dans le scénario que dans les dessins. Enfin, c’est surtout ces derniers qui attireront l’attention. D’autant plus que Masato Hisa a plein d’influences, dont une à aller chercher du côté du comic et de Frank Miller.

Jabberwocky – tome 1 de Masato Hisa est édité par Glénat et est disponible à la vente depuis le 07 janvier 2015.

Résumé de Jabberwock 1 chez Glénat

Résumé de l’éditeur :

Dans un univers calqué sur l’Anglettre Victorienne, les dinosaures existent toujours et ont évolué jusqu’à devenir intelligents. Cachés de l’humanité pour survivre, par la peur de leur quasi-extinction, certains ont quand même choisit de rejoindre l’humanité et ont embrassé diverses causes scientifiques, comme l’astronomie, la chimie et la biologie… D’autres, sont obsédés par leur “droit d’aînesse” sur la Terre et tirent les ficelles de la politique dans l’ombre, quand ils ne tentent pas tout simplement de reprendre la domination du monde aux humains. Les deux protagonistes de l’histoire sont Lily et Sabata Van Cleef. La première est une espionne, alcoolique, reniée par sa famille. Le second, pistolero d’exception, est un dinosaure, plus précisément un oviraptor. Après avoir recruté Lily lors d’une mission en Russie, ils travaillent pour Chateau d’If, une organisation secrète spécialisée dans les faits étranges et les exactions de clans sauriens, exactions impliquant en général la révélation de l’existence des dinosaures ou des bouleversements de la religion et de la science.

Un manga étrange

Dès la couverture on se doute que ce Jabberwocky ne sera pas un manga comme les autres. Et puis on le feuillette et on en acquiert la certitude. Le graphisme divisera le lectorat, c’est inéluctable. Mais nous en reparlerons un peu plus tard dans cette chronique.

L’histoire est celle d’une agent des services secrets britanniques : Lily Apricot dépêchée en Russie afin de tuer un révolutionnaire et voler un objet. Tout ne va pas se passer comme prévu, et suite à divers incidents, elle va se retrouver à faire équipe avec Sabata Van Cleef, lui aussi chargé de récupérer l’objet en question.
Cet objet est une orbe, symbole d’un pacte entre la famille royale russe et un clan de dinosaures !
Oui car dans ce monde, les dinosaures existent, ont évolué et peuvent vivre aux côtés des humains. Ils sont devenus plus humanoïdes, mais conservent leur écailles, crocs et griffes.

Le pitch confirme encore plus le côté particulier du titre. Surtout que ce dernier est bourré de références, à commencer par son titre provenant d’un poème de Lewis Carrol. Mais on verra également d’autres références au Comte de Monte-cristo, aux Westerns (le nom du personnage Sabata Van Cleef, ne vous rappelle rien ?) et plein d’autres que je vous laisse le soin de découvrir.

L’histoire se déroule a un rythme effréné enchaînant les rebondissements et révélations permettant de mieux appréhender l’univers. L’action est également bien présente multipliant les gunfights et autres affrontements permettant de mettre en avant les capacités guerrières de Lily et Sabata. A noter d’ailleurs que la jeune femme, a un style de combat particulier à base de bouteilles d’alcool. Au cours de la lecture on comprend mieux le pourquoi de l’existence des dinosaures, leur affiliation à l’empire russe et leur fonctionnement.

Mais Jabberwocky s’appuie beaucoup sur les deux personnages principaux : Lily Apricot et Sabata Van Cleef. La première, sous sa plastique irréprochable cache de profondes blessures liées à son enfance expliquant, en partie, son problème avec l’alcool et ses tendances un peu suicidaires. Son premier aperçu de tueuse n’est qu’un échantillon d’une personnalité plus complexe que ce qu’il y parait. Son passé, présenté par bribes, est un peu glauque et dur. Néanmoins, elle apporte quelque chose à ce manga.

Pour Van Cleef, ce dinosaure, cet oviraptor pour être plus précis, malgré son côté classe et poseur est plus torturé et profond qu’il n’y parait. Le fait d’être Oviraptor le fait être un paria même au sein des dinosaures. Ce qui lui a valu persécution, racisme, rejet et coups. Son passé est lui aussi sombre. Mais son implication dans le projet du château de If, sa condition de paria, sa maîtrise du tir en font un personnage intéressant qui ne demande qu’à être utilisé. Même si pour le moment je ne le trouve pas encore « charismatique ».

Jabberwocky a donc du potentiel avec ses personnages, son histoire plein de ramification et son univers intéressant. Et ce d’autant plus que l’action et l’aventure sont au coeur du récit. Il manque encore un petit quelque chose pour intéresser complètement, mais le potentiel est là.

Pourtant malgré des qualités évidentes, des développements possibles intriguant, je n’ai pas réussi à accrocher au titre. Et cet état de fait trouverait presque son explication dans un élément : le graphisme.

Graphiquement, le trait de Masato Hisa est vraiment très, très particulier, louchant du côté des comics et plus particulièrement d’artistes comme Frank Miller. Il se base beaucoup sur de grands aplats noirs et blanc, en jouant beaucoup sur l’ombrage. L’encrage est très présent et la gestion des ombre fait que les pages sont assez lourdes.
Son trait si particulier affecte la fluidité de lecture. Il faut être attentif pour suivre son style et comprendre ce qu’il se passe et ce que ça représente. De fait, il y a peu de finesse dans le trait, tout donne la sensation de lourdeur avec ces aplats. On ne peut pas retirer à Masato Hisa sa démarche artistique et la volonté de proposer quelque chose d’original. Mais dans mon cas, je n’ai pas réussi à accrocher. Le mangaka m’a perdu car j’ai trouvé certaines scènes confuses, à la limite de l’incompréhension. Cela doit aussi à un découpage original mais parfois hasardeux.

Pour conclure,  Jabberwocky – tome 1 de Masato Hisa est un manga qui divisera et qui nécessite surtout d’arriver à rentrer dans l’univers graphique de l’auteur. Je ne peux pas lui retirer son talent, sa créativité, mais personnellement, je n’ai pas réussi à accrocher le wagon, à me projeter dans le récit, essentiellement à cause du graphisme. Sa difficulté d’appréhension, ses aplats cumulés à une utilisation massive des ombrages rendent la lecture ardue et saccadée. Ce qui joue beaucouo sur la fluidité de lecture et donc l’immersion dans le récit.
Ce parti pris artistique fait la singularité de ce Jabberwock et constitue à la fois sa force mais également sa faiblesse.

Je vous invite néanmoins à découvrir cette oeuvre et vous faire votre propre opinion. Car je reste persuadé que si on adhère graphiquement, ce titre a un bon potentiel.

 

Et vous qu’avez-vous pensé de ce seinen ? Accrochez-vous aux graphismes ?

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