. Injustice, les dieux sont parmi nous – tome 1 | Fant'asie
Kameyoko 17/02/2015 3
  • Scénario
  • Graphisme

Injustice, les dieux sont parmi nous - tome 1

Injustice, les dieux sont parmi nous – tome 1 de Tom Taylor, Jheremy Raapack, Mike S. Miller

Année 1 – Partie 1

Si vous suivez un peu l’actualité du jeu vidéo, vous savez qu’il y a un peu moins de 2 ans est sorti le jeu Injustice, Gods among us. Ce jeu de combat à la Mortal Kombat mettait en scène les principaux personnages DC dans un univers alternatif où Superman agissait en dictateur. D’ailleurs cela avait été plutôt une bonne surprise.

Ce Injustice, les dieux sont parmi nous, est un préquel au jeu. Très honnêtement, j’ai de gros à priori sur les dérivés de jeux vidéo, souvent très médiocres.

Mais ce comic pourrait bien me surprendre, et positivement. Voyons ça !

Injustice, les dieux sont parmi nous – tome 1 de Tom Taylor, Jheremy Raapack, Mike S. Miller est édité par Urban Comics e t est disponible à la vente depuis le 05 décembre 2014.

Résumé de Injustice 1 chez Urban Comics

Résumé de l’éditeur :

Manipulé par le Joker, Superman tue la mère de son enfant à naître : Lois Lane. Fou de rage, l’Homme d’Acier s’en prend directement au Clown Prince du Crime et l’arrache des mains de Batman pour lui ôter la vie. Cet assassinat de sang-froid marque le début d’une ère sombre pour les héros de la Ligue de Justice. Une ère où chacun devra choisir soigneusement son camp : rejoindre la croisade aveugle de Superman contre le crime ou entrer en rébellion aux côtés de Batman.

Superman prend le pouvoir !

Ce comic sert de préquel au jeu vidéo Injustice, Gods among us, sorti en 2013 sur toutes les plateformes partant du pitch suivant. Superman a pris le pouvoir sur la planète et fait régner une sorte de dictature. Certains héros et méchants rejoignent son camp quand d’autres entrent en résistance.
Avec cette idée, on peut penser au scénario d’Irrécupérable où le plus puissant des super-héros bascule et devient le plus redoutable des ennemis.

DC Comics nous propose donc ainsi de nous narrer les événements avant cet état de fait. Dans une première partie on se concentre donc sur l’élément déclencheur et ses suites directes.
Nous sommes donc dans une histoire, bien évidemment, hors continuité du DC Universe. Une sorte de What if, un peu à la Superman Red Son.
Et c’est Tom Taylor qui est en charge du scénario. Et ce dernier réalise une belle surprise.

Tout débute par un sale tour du Joker, qui va causer la mort de Lois Lane, qui venait d’apprendre qu’elle était enceinte et la destruction totale de Metropolis. Et ça, le petit Superman, va pas très bien le prendre.
Il décide, dès lors, que les malfrats ne méritent plus la demi-mesure et la compassion. De plus, il juge Batman également responsable, du fait de n’avoir jamais fait ce qu’il fallait pour arrêter définitivement le Joker. Sauf que le kryptonnien n’est plus dans cet état d’esprit et tue le Joker.

Superman le porte-étendard du bien, de la compassion, et du respect de la vie, vient d’ôter volontairement la vie d’un méchant ! Ce qui entrainera beaucoup de changements.

Injustice joue donc la carte d’un Superman presque omnipotent et décidé à imposer la paix, quitte à avoir recours à la violence. Cette prise de position va bien sûr diviser les gens (même si la grosse majorité accorde leur soutien à Superman), mais aussi les super-héros. On va ainsi avoir une opposion d’opinion entre Superman et Batman. Sauf que le premier est autrement plus puissant que le vigilant de Gotham.

Tom Taylor fait un gros travail de caractérisation des personnages. Superman est bien travaillé et on voit toutes les étapes qui l’amène à imposer son point de vue, bien qu’il cherche avant tout à aider l’humanité. Mais on comprend aussi celui de Batman qui préfère laisser leur libre-arbitre aux gens.
Au-delà de ces deux porte-étendards de la Distinguée Concurrence, il est intéressant de voir comment se positionnent les autres héros. J’ai beaucoup aimé comment Wonder Woman et Flash ont été travaillé. Le deuxième essaie d’être plus mesuré et de raisonner Superman, de ne pas le faire basculer dans l’irréparable. L’amazone quant à elle laisse parler ses pulsions guerrières et sa soif d’en découdre. Elle est décrite comme une va-t-en guerre pour qui la fin justifie les moyens.

Plein de méchants et héros vont intervenir et se positionner. Certains vont même se confronter à la froide détermination, mais sans pitié de Superman. Ainsi Injustice réserve son lot de blessés et quelques morts retentissantes. Ces positionnements, affrontements, retournements de situation sont assez jouissifs car ils peuvent aller très loin. Il n’y a pas ce souci de continuité. On a le sentiment que tout peut arriver. Et c’est bien ce qui arrive, mais sans pour autant tomber dans le n’importe quoi. Au final, les différents rebondissements paraissent presque logiques compte-tenu des événements précédents et de la caractérisation des personnages.
Le côté implacable et tout puissant de Superman fait froid dans le dos et permet de bien faire monter la pression.

Je regrette juste un Batman que je trouve un peu étrange parfois dans ses réactions.

En tout cas Tom Taylor exploite bien l’espace de libre expression qui lui est donné, et utilise bien ce Superman borderline et angoissant. Cette idée de base est bien exploitée et il entraine avec lui tout le DCverse pour des répercussions qui sont assez énormes, avec un très bon sens du divertissement (notamment par certains passages violents). Le rythme est elevé, on n’a pas le temps de s’ennuyer.

Là où le bât blesse, c’est plus graphiquement. De nombreux artistes se succèdent sur ce titre. Même s’il y a une volonté de rester un peu réaliste, avec des costumes futuristes, la succession de styles nuit à la lecture. Surtout que la qualité est fluctuante et jamais totalement convaincante, même si les premières planches sont vraiment pas mal. Ce qui me gêne c’est vraiment le changement au fil des pages. Ca marque une cassure et gêne une la fluidité empêchant un peu de se plonger entièrement dans la lecture. Surtout que certains passages sont, graphiquement, vraiment très quelconques.

Pour conclure, ce Injustice, les dieux sont parmi nous – tome 1 de Tom Taylor, Jheremy Raapack, Mike S. Miller est une agréable surprise. Je n’en attendais pas grand chose mais finalement Tom Taylor utilise bien l’espace et la liberté qui lui sont alloués pour proposer une bonne dose de divertissement avec de l’humour, du fun, de l’action et des héros malmenés. On prend plaisir dans cette lecture simple mais ô combien distrayante et jouissive. Elle nous fait voir nos héros différemment et pas mal de choses peuvent arriver. J’ai par exemple beaucoup apprécié que certains personnages meurt. C’est une saga folle, imprévisible mais avec un  vrai travail sur les personnages.

Ce comic hors continuité est une petite sucrerie à déguster pour ce qu’elle est ! Il suffit de se laisser porter par le récit et la bascule vers le côté obscur de la Force !

Et vous qu’avez-vous pensez de ce Injustice ? Avez-vous pris votre pied sur ce petit délire ?

 

 

3 commentaires »

  1. Dionysos89 17/02/2015 at 11:36 -

    Super travail de Tom Taylor avec l’essence des personnages, c’est sûr.
    Quant au graphisme, j’ai été plus charmé ici, et il vaut mieux car le tome 2 pique les yeux à côté… :S

  2. Kameyoko 17/02/2015 at 18:14 -

    Pour l’essence des personnages, j’ai des doutes quand même sur WW et Batman, qui ont des réactions étranges. mais dans What If, c’est pas trop grave.

    Après graphiquement, vu que j’ai lu les deux tomes à la suite, j’ai peut-être été un peu plus dur, vu que il y a vraiment des passages pas très beaux (mais c’est peut-être plus dans le 2 effectivement)

  3. Dionysos89 17/02/2015 at 20:36 -

    Je comprends tout à fait, l’enchaînement doit être sympa. Ce qui peut gêner avec WW et Batman, c’est qu’ils ont une ligne très, voire trop, claire dans leurs idées et laissent peu de place à la nuance, pour l’instant en tout cas.

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