. Ikigami, préavis de mort – tome 3 | Fant'asie
Kameyoko 01/03/2010 0

Ikigami, préavis de mort - tome 3

Ikigami, préavis de mort – tome 3 de Motorô Mase

Deux nouvelles histoires poignantes

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce Ikigami, préavis de mort. Plus j’avance dans la lecture et plus ce titre me conforte dans l’idée que c’est un petit bijou qui mérite d’être lu. Pour preuve, j’ai réussi à convertir ma chère et tendre, alors qu’elle est plutôt réfractaire aux mangas. Elle a même versé sa petite larme (d’ailleurs sur ce tome). Pour moi, c’est signe que Ikigami est un excellent manga, qui ne s’adresse pas uniquement aux passionnés, mais aussi aux néophytes, grâce à des histoires simples mais poignantes et une narration efficace.

Ce tome 3 se place dans cet optique : deux nouvelles histoires fortes et poignantes. Sauf que là, notre cher fonctionnaire s’implique plus et a toujours cette réflexion sur le bien fondé de la loi.

Résumé d’Ikigami 3 chez Asuka/ Kazé Manga

Kazuko Takimoto est une politicienne qui a perdu les précédentes élections parce qu’elle n’avait pas parlé de la « Loi pour la sauvegarde de la prospérité nationale« . Depuis, elle en a fait son cheval de bataille et milite pour un durcissement de l’application du volet de l’éducation de cette loi. Elle a des gros problèmes relationnels avec son fils : Naoki Takimoto. Ce dernier est dépressif, révolté et est plus ou moins rejeté par sa mère. Cette dernière a trop pensé à sa carrière et à l’image que pouvait avoir son fils pour ses campagnes. Leur relation est très mauvaise.

Quand Naoki reçoit l’Ikigami, il ressent le manque de compassion de sa mère. Sa rage sera d’autant plus forte qu’elle se servira de ce dramatique moment pour l’utiliser lors de sa campagne.

La seconde histoire narre de Satoshi Izuka qui souhaite vivre avec sa sœur aveugle : Sakura depuis l’accident ayant couté la vie à ses parents. Cette dernière attend une greffe de la cornée pour pouvoir revoir. Il vit de petites combines et de petits mensonges.
Satoshi va recevoir l’Ikigami, quelques jours avant d’enfin pouvoir vivre avec sa sœur. Il souhaite mourir pour sa sœur, et lui offrir ses cornées.

Malheureusement, pour qu’elle puisse revoir, elle ne doit pas être au courant, avant l’opération, de l’identité du donneur, au risque de refuser mais surtout de vouloir mourir avec son frère.

Fujimoto s’implique de plus en plus

Comme on le dit dans le sport : « On ne change pas une équipe qui gagne ». Cet adage pourrait s’appliquer aussi à Ikigami, préavis de mort. Depuis trois tomes, la recette est la même : 2 petites histoires de personnes recevant leur avis de décès, le tout parsemé par des passages d’interrogation du fonctionnaire.
Dans ce volume, les passages où le fonctionnaire s’interroge sur le bien fondé de la loi, sur son métier et sur lui-même est plus présent. Il va même jusqu’à s’impliquer personnellement dans ces histoires.

Les deux histoires narrées sont vraiment excellentes et poignantes pour diverses raisons.

La premier histoire raconte les dernières heures d’un jeune mal dans sa peau à cause de sa mère et de sa carrière politique. Une distance s’est crée entre eux, le tout sous le regard un peu soumis du père.

Cette histoire est très poignante et dramatique. Tout d’abord le jeune qui reçoit l’ikigami est dans une grande détresse due à sa mère qui a fait passer en priorité son rôle de politicienne à celui de mère. Tout cette histoire est centrée sur cette relation tendue entre un fils et sa mère. Mais en même temps, le père a un rôle non négligeable aussi. Sa certaine passivité est aussi une des raisons du malaise de son fils. Par contre ce personnage se révèlera intéressant sur la fin de l’histoire (je vous laisse découvrir cela par vous même, mais c’est un grand moment).

Lorsque son enfant reçoit l’Ikigami, la mère est totalement dépourvue de compassion et n’a que des pensées politiques et espère pouvoir récupérer cette mort imminente pour sa campagne. Cette pensée est très dure et montre à quel point ces deux êtres se sont séparés. C’est pourquoi cette histoire est dramatique. Voir une mère abandonner sentimentalement son fils pour de la politique est triste.

Mais cette histoire permet aussi de placer l’Ikigami au cœur même de la politique. L’intérêt derrière ça est que le mangaka permet de mieux comprendre la place de cette loi, qui nous parait absurde, au sein du monde politique et plus globalement de cette société.

Naoki, le jeune garçon, attire la compassion du lecteur. Il est suicidaire, surement peu agréable à vivre, mais voir la réaction de sa mère à l’annonce de l’Ikigami et voir comment il consacre ses dernières heures sont poignants.

Motorô Mase nous livre une histoire de façon très posée, crédible mais d’une sacrée puissance.

La seconde histoire est elle aussi captivante. Elle raconte l’histoire de Satoshi qui vit de petits larcins et de petites escroqueries dans le but de pouvoir vivre avec sa sœur aveugle (depuis l’accident qui a couté la vie à leurs parents).

Leur relation bien que basée sur les mensonges est très touchante. On ressent l’amour profond du frère et de la sœur. Alors qu’il va mourir, le grand frère souhaite que sa mort soit positive pour Sakura. Et c’est ce à quoi il va s’employer ces dernières heures. Il va tout faire pour que sa cornée revienne à sa sœur, sans que celle-ci s’en aperçoive avant. Même si, pour cela, il doit une nouvelle fois lui mentir.

Cette histoire est vraiment poignante, même si jouer sur le handicap est une ficelle facile pour ça. Mais le mangaka ne tombe jamais dans la facilité et le coté larmoyant. Certes son but est d’émouvoir, mais c’est toujours fait avec beaucoup de tendresse et de finesse.

Fujimoto, le fonctionnaire qui remet l’Ikigami est encore plus mis en avant dans ce tome. Plus que jamais il s’interroge sur les bienfaits de cette loi, sur son rôle et sur les victimes. On sent le doute qu’il l’assaille, et on sent que plus on avance dans la série, plus il éprouve de l’empathie pour les destinataires du préavis et plus il s’implique.

Ses sentiments et ses doutes sont exacerbés. On s’interroge avec lui et c’est réussi.

Dans ce tome, Fujimoto va s’impliquer plus que jamais. En effet, dans la seconde histoire, il va être le complice de l’énorme mensonge de Satoshi. Ce qui lui faudra un blâme. Mais ce revirement d’implication est logique et est amené depuis quelques tomes. Progressivement, on sent évoluer le héros et ce de manière logique et travaillée. Ce n’est pas du jour au lendemain qu’il change. Son changement est né d’une réflexion et d’une suite logique.

Motorô Mase nous livre une nouvelle fois un tome superbe, très émouvant mais surtout avec un héros qui évolue et qui se pose des questions. Son récit est toujours intelligent, sensible et réaliste. Ce titre sait nous faire vibrer la corde sensible et nous livre des récits parfaitement maîtrisés.

Le dessin est dans la même veine que l’histoire et colle parfaitement. C’est réaliste, clair, avec une bonne mise en case et il ne recherche pas l’esbroufe. Là aussi c’est excellent et maîtrisé.

Pour conclure, un tome plein, avec des histoires superbes et un héros qui gagne en consistance et en personnalité. Le mangaka nous prouve, une fois encore, que son Seinen est un must have! C’est toujours un réel plaisir de lire cette série.

Je suis toujours autant emballé par ce titre! Et je me répète mais c’est des titres comme ça qui me font aimer le manga.

Et vous qu’avez-vous pensez de ce tome? Appréciez-vous les réflexions et le changement de Fujimoto? Ces deux histoires vous ont-elles émues?

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