. Igai – tome 2 | Fant'asie
Kameyoko 09/12/2016 0
  • Scénario
  • Graphisme

Igai - tome 2

Igai – tome 2 de Tsukasa Saimura

Zombies et lycéens

Igai est un titre avec une idée novatrice (rendre leur esprit aux zombie un certain laps de temps) mais assez mal exploité par l’auteur. J’espère donc que ce deuxième volet utilisera plus cette singularité. Mais est-ce le cas ?

Igai, the play dead/ alive – tome 2 de Tsukasa Saimura est édité par Glénat Manga et est disponible à la vente depuis le 05 octobre 2016

Résumé d’Igai 2 chez Glénat Manga

Résumé de l’éditeur :

Piégé dans un lycée qui s’est transformé en enfer, Akira tente de comprendre le phénomène et de sauver ses amis. De son côté, Umezawa, qui reprend conscience au milieu d’une scène de carnage, est terrifié par ce qu’il devine être ses propres actions. C’est alors que le chef des représentants d’élèves demande au groupe des infectés de se réunir dans le gymnase du lycée. Si l’endroit serait plus à même de les contenir, c’est en réalité pour mettre en action un plan beaucoup plus cruel…

Le piège du représentant des élèves !

Après une entrée en matière mi-figue mi-raison, malgré cette idée intéressante de faire redevenir lucide des zombies un certain temps, Igai exploite-t-il enfin son potentiel ?

La situation dans ce lycée est explosive entre les élèves indemnes, luttant pour ne pas se faire mordre et les « zombies » qui retrouvent leur esprit durant un laps de temps déterminé. Chacun tente de se sortir de cette situation, mais il est difficile pour ces deux camps de coopérer. Les enjeux personnels prennent bien trop souvent le pas sur la sécurité de tous. Il va donc falloir trouver une solution pour empêcher que la situation n’empire mais tout en préservant les « zombies » dans l’espoir de les faire redevenir comme avant. Et tout ça durant le laps de temps où les zombies sont « humains ». Car en dehors de cette période, nous sommes dans de la série de zombies classique.

C’est dans ce contexte que Akira tente de survivre, de protéger ses amis Kirumi et Umezawa. L’auteur tente de les doter d’un minimum de background, mais on peine à s’y intéresser, faute d’un manque de charisme et d’un héros fade. Au final c’est juste un groupe qu’on suit dans un récit typé zombies. On ne va pas s’attarder sur les phases de zombies qui, si elles sont agréables à lire, ne présentent pas un intérêt majeur. L’attrait principal du titre réside toujours dans cette phase de calme avant la tempête où chacun recouvre ses esprits.
Bien qu’on ne puisse pas qualifier ce titre de chroniques sociales, il n’empêche qu’il y a quelques réflexions sur l’homme. Ainsi, on voit les divergences d’opinion sur le sort des infectés ; certains étant plus humanistes que d’autres. On voit également bien comment les relations d’hier ont été modifiées par ces zombies et le risque de mort. L’affrontement « idéologique » entre infectés et survivants est assez intéressante. Les stratégies de sécurisation vont être débattues et ça va donner lieu à quelques rebondissements bien trouvés.

Ainsi Tsukasa Saimura décide de ne pas simplement proposer un classique récit de zombies. Il s’attarde un peu sur l’aspect humain, parfois maladroitement, mais il a le mérite de proposer un peu de nouveauté. Et aux rayons des nouveautés, il va introduire de nouveaux personnages qui vont prendre un peu en main la situation, en élaborant quelques solutions plus ou moins expéditives.
Le rythme est assez soutenu et la lecture est plaisante. Malheureusement, le tout se termine un peu vite. Ce tome se lit en quelques minutes. Pourtant, il y a quelques réflexions et rebondissements qui valent le détour, mais Igai peine encore à totalement convaincre, même s’il propose un peu de nouveauté. Mais globalement, on reste en terrain connu. Le mangaka n’exploite pas encore assez, à mon goût, sa singularité.

Graphiquement, le trait de Tsukasa Saimura n’est pas désagréable mais ne convient pas à ce type de récit. Il est trop simple, trop aéré, trop propre. Il manque une peu de gravité dans son dessin qui rajouterait de la tension et instaurerait une atmosphère un peu plus glauque. Ce n’est pas le cas ici. Et c’est dommage, surtout pour du récit de morts-vivants.

Pour conclure, ce Igai, the play dead/ alive – tome 2 de Tsukasa Saimura nous offre un assez bon moment de lecture, avec du rythme, des rebondissements, de l’action et quelques réflexions intéressantes. Mais le récit peine à dépasser le stade du « sympa à lire ». La faute à des personnages encore creux et peu charismatique, à une histoire un peu trop vite lue et à un dessin presque « gentillet ». On sent que le potentiel et que le titre en ont encore sous le pied, mais l’auteur n’exploite pas encore assez ce qui pourrait rendre singulier son hitsoire. Il faudra peut-être attendre la suite pour voir le tout s’emballer. Mais à défaut, nous avons un bon récit de zombie, qui se lit bien, avec une idée assez novatrice et encore un peu sous-exploitée. Néanmoins, il manque ce petit quelque chose qui lui fait dépasser le stade du bon petit seinen.

 

Et vous qu’en avez-vous pensé ?

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