. Igai – tome 1 de Tsukasa Saimura | Fant'asie
Kameyoko 24/10/2016 0
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Igai - tome 1

Igai – tome 1 de Tsukasa Saimura

Du zombie, oui mais pas tout à fait

Après Crueler Than Dead, Glénat nous propose un nouveau seinen autour des zombies. Et hasard ou non (simple figure rhétorique car on se doute que ce n’est pas une coïncidence), on retrouve un des mangakas sur les deux séries : Tsukasa Saimura.

Que va-t-il proposer pour se différencier de sa précédente oeuvre ?

Igai – tome 1 de Tsukasa Saimura est édité par Glénat et est disponible à la vente depuis le 06 juillet 2016.

Résumé de Igai 1 chez Glénat

Résumé de l’éditeur :

Et si la zombification, tout comme la rage, vous rongeait peu à peu par crises répétées ? Pourriez-vous tuer un zombie, sachant qu’il pourrait redevenir votre petite amie dans quelques minutes ? Que feriez-vous, si votre meilleur ami vous poursuivait avec une batte à la main, en vous traitant de zombie ?

Saimura aime les zombies !

Tsukasa Saimura n’est pas un nom totalement inconnu puisqu’il avait cosigné le manga Crueler than Dead avec Kôzô Takahashi. On le retrouve donc seul, aux manettes de ce seinen ayant pour thème… les zombies ! Que c’est original, vous direz-vous. Surtout que son précédent titre était déjà sur ce thème.
Vu la floppée de titres, toute industrie confondue, avec du zombies, difficile de s’enthousiasmer. Pourtant ce Igai a une particularité qui fera sa force et sa singularité. Je reviendrais dessus plus tard dans cette chronique.

Mais pour le reste, le mangaka reste sur des bases assez classiques.

Tout débute dans un lycée qui doit faire face à une invasion de zombies. Ainsi les différents élèves réagiront plus ou moins intelligemment à cette menace. Certains seront pétrifiés, d’autres auront des réactions égoïstes et d’autres joueront les bons samaritains. Finalement une entrée en matière assez convenue. C’est dans ce contexte qu’on va suivre trois personnages : Akira, Kurumi et Umezawa. Malheureusement ces personnages ne seront pas des monstres d’originalité. Pour être même plutôt franc ils sont inintéressants et caricaturaux. On peine à s’y attacher tant ils manquent de nuance et de profondeur. Même leurs actions sont prévisibles. En plus nos « héros » sont confrontés à des situations un peu redondantes. Sans spoiler, j’ai eu plusieurs fois l’impression d’assister à une même scène. Il s’interrogent également peu sur la situation, ce que ça implique et comment en venir à bout. Leur réflexion est assez limitée. Et on oubliera le fait que personne ne s’inquiète de ses proches hors du lycée.

Beaucoup d’éléments classiques, déjà exploités. Mais Igai a une carte maîtresse dans son jeu. En effet, les zombies de ce Igai ont une petite spécificité. Ici, les zombies ne sont pas des morts-vivants, mais dans un état temporaire de zombie. Ainsi les « infectés » deviennent des zombies « classiques », ne pensant à qu’à dévorer le moindre bout de chair à portée, que pendant une certaine période, puis reprenne connaissance temporairement et ainsi de suite.
Et ce petit détail redéfini le phénomène de zombification et apporte un peu de sang frais à ce thème éculé.
Parce que, pour le coup, ça ouvre la voie à beaucoup d’interrogations et peut changer le comportement de survie.

Autant des zombies classiques, c’est assez simple à massacrer, autant là, c’est plus dur car le statut « humain » est plus présent. ce qui peut renforcer l’aspect meurtre. De plus, il y a toujours l’espoir de guérison. Le zombie peut également s’interroger sur sa condition, et peut-être prendre des mesures préventives pour ne pas nuire à autrui.

La frontière entre humains et zombies est floue et implique donc des dilemmes moraux. Pour moi ce point-là aurait dû être central et être le coeur même de l’histoire. Même si Tsukasa Saimura aborde rapidement ces points-là, il n’y va pas à fond et ne fait que survoler ça ou s’en servir comme prétexte pour faire agir Akira plus ou moins de façon rationnelle. La moindre tentative d’exploiter ça n’est que survolée et tombe souvent à plat par des réactions pas toujours crédibles.
J’ai eu l’impression que son idée était juste là pour appâter le chaland, se démarquer des autres titres de zombies, mais sans dérouler le fil jusqu’au bout.
Pourtant, il a de l’idée et il y a tant à faire en se posant les bonnes questions. Mais là, il s’est contenté d’un énième titre zombie, en saupoudrant de cette spécificité. Décevant !

Même graphiquement, la déception l’emporte (surtout après avoir lu Crueler than Dead). Son trait est finalement assez pauvre. Les décors et arrières-plans sont souvent classiques voir sommaires, ses personnages ont un charadesign très quelconque et peinent à avoir du charisme. L’expressivité des personnages est aussi critiquable. Ils font tous un peu figés ! Son découpage n’est pas également exempt de reproche. Alors que ce genre de titre est propice à un rythme soutenu, avec une succession d’action, ici le choix des cases fait qu’il y a faux rythme qui s’installe faisant perdre en dynamisme.
Pourtant, le mangaka n’est pas mauvais pour représenter les zombies et ses choix d’angles offrent des plans intéressants. Mais cela peine à contre-balancer l’aspect figé et plat des personnages, décors et du rythme.

Pour conclure, Igai – tome 1 de Tsukasa Saimura est un titre qui a eu une excellente idée avec ces zombies qui retrouvent leur humanité temporairement. Cela ouvrait la voie des développements un peu originaux et à fort potentiel. Sauf que l’auteur n’exploite que peu ce filon et se contente d’un récit presque classique de zombies en milieu scolaire. Sauf que ses personnages ne sont pas attachants, les réactions parfois peu crédibles et un dessin pas tout à fait concluant. D’où un sentiment de déception, même si a se lit sans déplaisir. Mais ça n’est, pour l’instant du moins, pas suffisant pour sortir du lot ! Dommage !

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Comment trouvez-vous ces zombies ?

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