. Hellboy en Enfer – Tome 1 : Secrets de famille de Mike Mignola et Dave Stewart | Fant'asie
Del Poyo 07/10/2014 0
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Hellboy en Enfer – Tome 1 : Secrets de famille de Mike Mignola et Dave Stewart

Une nouvelle série

A l’heure où DC (Urban) et Marvel (Panini) surfent sur la vague du retour au #1 (New52 chez DC et Marvel NOW pour la Maison des idées), Dark Horse (et accessoirement Delcourt !) suit le mouvement avec ses séries Hellboy en Enfer et BPRD l’Enfer sur Terre. Sauf qu’il ne s’agit pas ici d’un ignoble reboot ou d’un faux nouveau départ marketing. Le séisme qui secoue les séries Hellboy (en l’occurrence la mort du héros éponyme) et BPRD (le déchaînement de forces maléfiques sur Terre) est tel que Dark Horse a renommé ces deux séries phares du Mignolaverse. Delcourt n’est pas passé à côté, et frappe encore plus fort. L’éditeur français met fin à sa série régulière Hellboy (en 13 tomes) pour démarrer une nouvelle série Hellboy en Enfer (il a fait de même avec BPRD).

Mais il ne faut pas s’y tromper ! Il ne s’agit ni d’un reboot, ni d’un nouveau départ. C’est la suite. Simplement c’est un point d’entrée pour les nouveaux lecteurs. Un bon coup commercial qui permet aux frileux qui refusent de se procurer les 13 tomes Hellboy et 11 tomes BPRD de trouver une entrée d’autoroute pour rejoindre l’univers riche de Mignola (oui, oui, je fais partie des frileux).

Hellboy en Enfer – Tome 1 : Secrets de famille de Mike Mignola et Dave Stewart, édité par Delcourt, est disponible en librairie depuis le 02 Avril 2014.

Résumé de Hellboy en Enfer – Tome 1 chez Delcourt

Après avoir sauvé l’Humanité, au risque de sacrifier la Grande-Bretagne et au péril de sa vie, Hellboy est mort. Condamné à rester en Enfer, il retrouve un certain nombre de visages connus, des âmes damnées, des fantômes du passé, et un trône qui n’attend que lui. Mais Hellboy est-il prêt à monter sur celui-ci pour régner sur les Enfers ? Un voyage infernal assuré par le maestro Mike Mignola.

Le roi est mort, vive le roi !

Je n’ai lu que le premier tome Hellboy : les germes de la destruction, et malgré la qualité de cet ouvrage, je n’ai pas poursuivi. Pourtant, l’intérêt que je porte à cet univers n’est pas inexistant car je me suis toujours promis de m’y plonger sérieusement et j’ai toujours aimé avoir un œil sur les différentes parutions. Néanmoins, je n’ai pas la prétention de me dire fin connaisseur du Mignolaverse. J’aborde alors ce nouveau départ, Hellboy en Enfer, avec mon regard de non-initié (et je me mords les doigts de ne pas avoir mangé du Hellboy et du BPRD bien plus tôt !).

Si vous avez lu le résumé ou si vous avez lu la série Hellboy, vous le savez : Hellboy est mort ! Bon c’est un sacré spoiler de la part de Delcourt pour les lecteurs de la série Hellboy qui auraient du retard sur les publications. Passons. Hellboy est mort (et je vous invite à découvrir comment dans ce présent volume, mais je ne jouerai pas le jeu du Delcourt-spoil), et tant qu’à faire, autant envoyer le rejeton de l’Enfer… ben en Enfer ! Les premières pages commencent là où tout fini pour Hellboy : sa mort, et sa chute jusqu’en Enfer.

Hellboy est alors confronté à tout un tas de monstres, ressurgit du passé ou pas, et rencontre un ami inattendu qui va l’aider dans sa chute. L’aider, ou le manipuler. C’est la force de ce récit : on n’en sait autant que lui. Le lecteur est posé sur l’épaule d’Hellboy et se ballade avec lui. Ce premier tome est bourré de révélations, qui alors posent bien évidemment d’autres questions. Mais on apprend que le trône attends Hellboy en Enfer, on apprend ce que sa main possède de si spécial, le voile est en partie levé sur la naissance d’Hellboy… C’est un épisode vraiment riche en rebondissements, en actions, et malgré cela, encore plus riche en éléments propres à la vie d’Hellboy, son futur, ce qu’il est et ce qu’il pourrait devenir. Le récit de Mignola est tourné vers Hellboy, c’est un voyage intime dans la vie du personnage, et c’est un voyage violent, à l’image de ce qu’il est.

Ce voyage est vraiment un tournant dans l’histoire d’Hellboy, on le sent, et Mignola prend cela très au sérieux. Au scénario mais aussi au dessin, l’auteur a voulu prendre son petit à bras le corps et l’amener là où lui seul peut le faire. Mignola a fait de Hellboy le projet de sa vie, et Hellboy en Enfer est maîtrisé à la perfection au point de vu graphique, mais encore plus au niveau scénaristique. Mignola y a mis tout son cœur et sa passion, et c’est une chose qui ne trompe pas à la lecture.

Graphiquement, Mignola s’éclate, il y a des monstres de partout, des ambiances ultra-sombres (bah oui, on est en Enfer merde !), des personnages glauques et mystérieux… Mignola a le dont pour faire transparaître tout cela avec efficacité, sous son trait si caractéristique qui laisse place à peu de détail précis mais joue beaucoup avec les ombres. A noter Dave Stewart à la colorisation qui fait du bon boulot pour faire vivre les dessins de Mignola comme il se doit et restituer au mieux les ambiances.

En conclusion, il faut se jeter sur cette « nouvelle série » Hellboy en Enfer ! C’est un régal, et c’est largement abordable pour des lecteurs non avertis comme moi. Effectivement, il y a quelques références à des événements passés, mais elles ne gênent en rien la compréhension du récit. Certes, sûrement ai-je manqué quelques clins d’œil et allusions aux précédents tomes (n’oubliez pas que Hellboy en Enfer tome 1 est la suite directe de Hellboy tome 13 !). Graphiquement, déjà ça vaut largement le détour, mais quand en plus on vous propose un récit de ce calibre, on ne refuse pas ! Le danger c’est qu’en plus de vous lancer dans une nouvelle série, vous allez avoir envie de découvrir la première série Hellboy. 13 tomes, cap’ ou pas cap’ ?

Et vous ? Avez-vous aimé ce nouveau départ pour Hellboy ? Avez-vous déjà lu la première série ?

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