. Haunt – tome 1 : Frères ennemis | Fant'asie
Kameyoko 05/04/2011 5

Haunt - tome 1 : Frères Ennemis de T. McFarlane, R. Kirkman, R. Ottley et G. Capullo

Haunt – tome 1 de R. Kirkman, T. McFarlane, R. Ottley et G.Capullo

Le fruit de la collaboration entre les créateurs de Spawn et Walking Dead

The Haunt – tome 1 est le résultat de la collaboration de deux références du comic : Todd McFarlane, créateur de Spawn et Robert Kirkman papa de Walking Dead, Invincible, Wolf-Man
The Haunt n’est pas tout à fait inédit en France puisqu’on peut lire ce comic via le magazine Les Chroniques de Spawn. Mais c’est la première fois qu’il parait en librairie.
Voir autant de grands noms réunis sur un même comic fait saliver. Parce qu’aux deux noms cité ci-dessus, il faut rajouter deux dessinateurs Ryan Ottley (Invincible) et Greg Capullo (Spawn).

The Haunt – tome 1 : Frères Ennemis est édité par Delcourt et est disponible à la vente depuis février 2011.

Résumé de The Haunt 1 chez Delcourt

Kurt Kilmore est agent secret, Daniel Kilmore est prêtre et les deux sont frères. Ils ne s’entendent pas bien et le seul moment où il se parle c’est quand Kurt vient se confesser à Daniel.

Kurt étant régulièrement sur le terrain, il tue fréquemment et est même très doué.

Cette fois-ci, lors de sa confession, Kurt raconte sa dernière mission éprouvante. Il devait libérer un scientifique menant des expériences dangereuses, d’un groupe de militaires. Mais la mission a dérapé et le chercheur est mort.

En sortant de l’église Kurt est enlevé par des mercenaires souhaitant retrouver le carnet du scientifique mort. L’agent secret est torturé, mais comme il n’a pas connaissance de ce carnet, il meurt!

Lors des obsèques, Daniel pense avoir des visions, puisqu’il voit son frère se tenir à coté de lui. Il peut lui parler et l’entendre, mais il semble être le seul. Son frère lui demande de protéger sa femme Amanda, donc nouvellement veuve.
Ce que fait le prêtre. Mais, alors qu’il dort chez Amanda, des hommes armés font irruption.
Sans comprendre ce qu’il se passe, Daniel se métamorphose et se retrouve recouvert d’une étrange substance le rendant invulnérable aux balles, et lui donnant une force d’attaque et une agilité lui permettant de venir à bout de ces hommes.
Sous cette forme un peu démoniaque, il partage le corps de ce Haunt, avec son frère Kurt, capable d’en prendre le contrôle.

Un Haunt, deux frères, une agence, des intrigues

Haunt est né de la volonté de deux artistes du comic de travailler sur un projet commun. Tout débute par une anecdote assez connue.

En effet, lors de la Comicon de San Diego de 2006, Robert Kirkman assiste discrètement à une séance de questions-réponses de Todd McFarlane et lui demande, en se faisant passer pour un fan, pourquoi il ne faisait plus de comic. McFarlane ne le reconnait pas et lui répond sérieusement. Et ce jusqu’au moment, où on lui dit qu’il s’agit de Kirkman. Après diverses plaisanteries, il lui propose de travailler sur un projet commun, ce qu’il accepte. Et c’est à partir de là qu’est né the Haunt.

Outre ces deux monstres, le projet s’est construit aussi grâce à Ryan Ottley et Greg Capullo. Une belle brochette d’artistes en vogue sur un projet commun ça, a de quoi donner l’eau à la bouche.

Et le résultat est presque à la hauteur des attentes. Haunt mélange savamment thriller, fantastique et pouvoirs. Les talents de chacun se mixent bien en un résultat cohérent mais qui transpire la personnalité de deux artistes à son origine.

Ainsi, on retrouve quelques grands thèmes de McFarlane, comme la vie après la mort, la vengeance après la mort, le coté morbide et fantastique de The Haunt. Pour Kirkman on reconnait son talent pour travailler les personnages et les rendre incontournables. En un tome, Kirkman va rendre attachant ses personnages et a leur donner une vraie profondeur. Ainsi Kurt et Daniel sont complexes et ne sont pas fait pour collaborer ensemble. Ils sont fâchés et des squelettes trainent dans les placards. On sent la distance entre eux et le poids de leur amour pour la même femme. On sent la dualité mais en même temps un refus d’admettre une certaine forme d’attachement.
De même, Kurt qui est sensé être dur, impitoyable, montre des signes de faiblesses émotionnelles et parait moins insensible que ce que ‘lon pourrait penser. Daniel, lui montre un coté dangereux et pas aussi pieux que sa soutane peut laisser penser. Des personnages contrastés, qui évoluent déjà au cours du tome.
Il y aussi quelques personnages secondaires qui se révèlent être très intéressants et avec un bon potentiel de développement. Je pense notamment à Mirage, Tosh et Rhodes.

On reconnait aussi la touche de Kirkman dans l’action sans concession, parfois un peu gore, tout en n’étant pas le but final. Enfin, c’est quand même bourrin avec du sang, et très spectaculaire.
C’est probablement lui qui donne la touche espionnage, polar à l’intrigue.

Le scénario est bien ficelé avec la place importante consacrée au polar tout en faisant la part belle à l’action. J’ai trouvé ce Haunt addictif assez rapidement. Les retournements de situation, les trahisons sont déjà au rendez-vous. Tout cela constitue un excellent background et une bonne mise en bouche. Il y a un vrai potentiel dans ce titre. L’histoire se lit très bien.

Le personnage du Haunt est assez spécial. C’est un mélange entre Spawn et Spider-man. Il a beaucoup de charisme et son chara-design est réussie. De même, la façon dont il se manifeste est spectaculaire. Par contre, j’ai eu du mal avec cette apparition soudaine. Rien n’est expliqué sur le pourquoi de la manifestation de ce pouvoir, ni comment c’est possible et concrètement ni en quoi consiste ce pouvoir. On doit admettre que c’est comme ça et pas autrement.
Il un aspect très spwannien visuellement et au niveau de ses pouvoirs tout en étant bien différent. La paternité de Todd McFarlane est évidente.

Graphiquement c’est un travail d’équipe. Greg Capullo se charge des crayonnés, Ryan Ottley du dessin et Todd McFarlane de l’encrage. Le dessin est riche, avec de vraies belles planches. Il a un coté légèrement cartoony sympathique qui atténue le coté violent du titre. La mise en page est dynamique et les capacités du Haunt bien réalisées.
Il se dégage vraiment une personnalité du trait. On reconnait une touche d’Ottley mais tout en étant différent. Le tout donne quelque chose d’harmonieux et propre à ce titre.
Mais le vrai plus est le charadesign du personnage principale, du Haunt. Il est vraiment charismatique, inquiétant et fascinant à la fois. J’adore l’idée de projections de substance comme la « toile » à la Spiderman mais acérées comme les griffes de Wolverine.

Pour conclure, ce Haunt n’est peut être pas le comic de la décennie, mais le fruit du travail de tous ces grands noms est quand même au rendez-vous. La diversité des intervenants se ressent aussi bien dans le scénario que dans le dessin.
L’histoire est addictive et bien menée. Même si c’est un premier tome, il y a beaucoup d’éléments prometteurs et qui contribuent à donner une vrai background à ce titre. Le travail sur les personnages est intéressant, notamment la dualité entre les deux frères, forcés de cohabiter ensemble, malgré une distance affective.
Le coté thriller avec de l’espionnage, de la violence et du fantastique donne un résultat plaisant et adulte.

Le tout est servi par un dessin plein de personnalité.

Une surprise prometteuse, qui donne envie de lire la suite. D’autant plus que l’édition est de qualité avec pas mal de bonus.

Que demander de plus? Peut-être plus de personnages secondaires et plus d’explications sur les origines et les pouvoirs de la créature.

Vivement le 2 !

Et vous qu’avez-vous pensé de ce tome? Pensez-vous que le résultat soit à la hauteur de tout ces noms?

5 commentaires »

  1. Bagooor 05/04/2011 at 10:47 -

    J’aime beaucoup cette série. L’intrigue est passionnante et les dessins de qualités.
    Un titre a ne pas louper !

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