. Green Blood – tome 1 de Masasumi Kakizaki | Fant'asie
Kameyoko 04/10/2013 3
Green Blood – tome 1 de Masasumi Kakizaki
  • Scénario
  • Graphisme

Green Blood - tome 1

Green Blood – tome 1 de Masasumi Kakizaki

Quand le rêve américain devient cauchemar

Green Blood est l’un des derniers titres mis en avant par Ki-oon, qui nous a souvent déniché de petites perles. Et comme souvent, dans ce cas là, l’éditeur a mis les moyens pour promouvoir son seinen : expo lors de la Japan Expo, des publicités sur ce même événement, ou encore des affiches dans les transports.

Voyons voir pourquoi Ki-oon croit autant à ce manga qui emprunte aussi bien aux westerns qu’à Martin Scorese.

Green Blood – tome 1 de Masasumi Kakizaki est édité par Ki-oon et est disponible à la vente depuis le 04 juillet 2013.

Résumé de Green Blood 1 chez Ki-oon

Résumé de l’éditeur :

À Manhattan à la fin du XIXe siècle, misère, criminalité et prostitution ravagent le quartier de Five Points, immense ghetto où échouent tous les laissés-pour-compte du rêve américain. La pègre, qui a corrompu les autorités, y fait régner sa loi. Au sein de la marée d’immigrants qui transitent par New York jour après jour, le jeune Luke Burns s’efforce de rester honnête et joue les dockers pour survivre.
Il sait, comme tout le monde, que le clan mafieux le plus dangereux de la ville, les Grave Diggers, s’appuie sur des assassins impitoyables pour asseoir son autorité. Mais ce qu’il ignore, c’est que le plus célèbre et le plus redoutable d’entre eux, le Grim Reaper, n’est autre que son frère aîné, Brad…

Les Five Points à New York en 1895 !

Après Rainbow et Hideout, Masasumi Kakizaki nous revient avec un nouveau manga. Le thème est, cette fois-ci, une sorte de western se déroulant à la fin du 19ème siècle à New York, mâtiné d’un peu de Gangs of New York, le film de Martin Scorese. Cette dernière référence est inévitable puisque l’époque, le lieu, le contexte sont identiques. Nous sommes au quartier des Five Points, véritable coupe-gorge au sein de Manhattan. Les immigrés, essentiellement des Irlandais, se retrouvent dans ce quartier, en proie aux différents gangs et à la délinquance. Nous sommes donc bien loin du rêve américain.

Green Blood suit l’histoire de deux frères Luke et Brad Burns. Le premier essaie de s’en sortir en travaillant pour un salaire de misère, mais avec cette volonté de s’en sortir. Son grand frère, lui, est le Grim Reaper, un redoutable assassin à la solde des Grave Diggers, un gang en perte de vitesse. Mais son frère n’est pas au courant de cette activité.

Le mangaka ne fait pas grand mystère de l’identité du Grim Reaper. Très rapidement, on en apprend plus sur lui. Mais tout débute par des pages couleurs qui mettent dans le bain directement. On y voit cet assassin faire ce pour quoi il est payé : tuer.

Ce seinen met de suite dans l’ambiance. On sait qu’on va lire quelque chose de sombre, glauque, parfois violent, et dans un univers où seule la loi du plus fort compte. La grande force de ce manga réside dans le choix du cadre spatio-temporel. Choisir ce cadre pour une histoire est assez rare et ici le mangaka l’exploite bien. On se retrouve immergé dans cette période, où l’immigration est énorme et l’espoir d’une vie meilleur réduit à néant par les Five Points. Ce quartier est presque un personnage principal tant il est particulier et tant il imprègne les planches et l’histoire. Sa retranscription est une franche réussite.

Ce premier tome introduit donc le contexte et les deux personnages principaux : Luke et Brad. Mais ces deux derniers ne sont pas très bien travaillés et creusés. Luke, avec son coté bon samaritain fait tâche dans ce décor. C’est voulu, il est là pour être la lumière du phare permettant à Brad de ne pas sombrer, mais quand même! Il n’est pas crédible. On a du mal à croire qu’il arrive à survivre ainsi et qu’il arrive à garder cette philosophie vu l’endroit. De plus, il est assez creux, ne sert pas à grand chose et ne dégage pas un grand charisme. Brad, son frère, en a nettement plus.
Si son « secret » est intéressant, notamment parce Luke pense que c’est un gros fainéant qui ne veut pas travailler, le personnage reste un peu cliché.
On sent que Masasumi Kakizaki a voulu lui donner de la classe, avec son arme, son métier, sa philosophie et son côté ténébreux mystérieux et faussement décontracté. Le problème c’est que le personnage redoutable obligé de faire ce qu’il aime mais qui est en fait un gentil, ça ne respire pas l’originalité.
Pourtant, on s’intéresse à son histoire, ses contrats et sa relation avec Luke. Et cet intérêt risque de croître encore vu la fin du tome.

Au niveau du scénario, il m’a un peu déçu. Il n’y a pas de fil rouge, même si les évènements de la fin laissent envisager quelque chose. De plus, on se contente de suivre le Grim Reaper dans ses missions, avec des individus plus ou moins recommandables. C’est loin d’être inintéressant puisque l’action est bien présente, tout en développant le personnage. Cela permet également d’en apprendre plus sur la population des Five Points et son fonctionnement. Le problème c’est que divers thèmes sont abordés mais peut-être pas assez exploités. Ainsi, y est abordé la corruption des forces de l’ordre, l’intolérance envers les immigrés, les différences religieuses et le traitement de la prostitution. Mais tout cela de façon parfois trop succincte et/ ou sans finesse. Les méchants sont méchants et avec de sales têtes, donc assez caricatural.

Graphiquement, le trait de Masasumi Kakizaki est vraiment très agréable à l’œil. On reconnait la griffe apposée avec son trait réaliste, détaillé, mais glauque. Le soin apporté sur les décors et les détails est admirable. Il y a beaucoup de travail et de finesse dedans. On a l’impression d’évoluer aux Five Points.
Concernant le découpage, il est assez réussi et efficace. C’est propre et maîtrisé mais ça manque d’un peu de folie.

Pour conclure, Green Blood – tome 1 de Masasumi Kakizaki m’a un peu déçu. Non pas que ce soit un mauvais manga, mais j’en attendais cependant plus. L’histoire, l’époque et le lieu m’intriguaient beaucoup. Même si le tout est efficace, immersif, fluide, prometteur et que ça se lit très bien, c’est peut-être un peu facile par moment. Les personnages sont encore à développer, l’intrigue n’a pas encore décollé, et on a quelques clichés sur le héros ou les méchants qui gênent un peu.
Mais le travail graphique, l’ambiance, le lieu et les événements de fin de tome me donnent envie de poursuivre Green Blood. Le titre a toutes les cartes en main pour s’améliorer et devenir un vrai bon seinen.

A suivre de près.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Vous attendiez-vous aussi à mieux ?

3 commentaires »

  1. Thomas MyBOOX 21/10/2013 at 17:30 -

    Et bien moi, il m’a beaucoup plu ce titre ! Sombre, prenant, pas mal sur le plan historique (rend bien compte de cette période)… je le conseille !

  2. Kameyoko 22/10/2013 at 11:40 -

    @homas MyBOOX : Green Blood a tout pour être un très bon titre. Il aut juste que le mangaka ne se laisse pas aller à la facilité sur certains points.

    Mais la période et le lieu choisi sont très intéressants

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