. Golden Kamui – tome 1 de Satoru Noda | Fant'asie
Kameyoko 21/11/2016 1
  • Scénario
  • Graphisme

Golden Kamui - tome 1

Golden Kamui – tome 1 de Satoru Noda

Aventure au début du XXème siècle.

Golden Kamui est probablement le titre que Ki-oon a le plus mis en avant pour cette rentrée littéraire 2016. Il est vrai que le titre est prometteur entre les distinctions reçues, cette superbe couverture, et son synopsis. Et puis souvent quand cet éditeur mise sur un titre, je n’ai été que très rarement déçu !
Voilà pourquoi j’attaque ce titre en étant confiant. Le titre est-il à la hauteur ?

Golden Kamui – tome 1 de Satoru Noda est édité par Ki-oon et est disponible à la vente depuis le 25 août 2016.

Résumé de Golden Kamui 1 cez Ki-oon

Résumé de l’éditeur :

Saichi Sugimoto est une véritable légende de la guerre russo-japonaise du début du XXe siècle. Surnommé “l’Immortel”, il a survécu aux pires batailles menées dans les régions les plus sauvages qui soient. Mais quand le conflit se termine, il se retrouve seul et sans le sou… C’est alors qu’il apprend l’existence d’un fabuleux trésor de 75 kilos d’or accumulé par les Aïnous, peuple autochtone vivant en harmonie avec la nature. Hélas, le magot a été volé, puis caché par un homme désormais enfermé dans la pire prison d’Hokkaido. Les seuls indices menant au butin sont de mystérieux tatouages inscrits sur la peau de criminels évadés…
Pour Sugimoto, la chasse au trésor est lancée… Cependant, seul, il a peu de chances de s’en sortir. À peine sa quête commence-t-elle qu’il manque de se faire déchiqueter par un ours brun ! Il ne doit la vie qu’à l’intervention providentielle d’Ashirpa, jeune indigène liée aux propriétaires légitimes du butin. Ils décident de faire équipe pour affronter les nombreux dangers qui les guettent sur la route de l’or des Aïnous…

Sur la route de l’or des Aïnous

Golden Kamui est un titre qui était attendu en France du fait de sa victoire au manga Taishô Awards 2016. Ce récit d’aventure, dans le froid d’Hokkaido, est assez prometteur et fait la part belle à la culture Aïnou méconnue chez nous.

On suit les pas de Saichi Sugimoto, vétéran de la guerre russo-japonaise qui a vent d’un trésor. Il décide de partir à sa recherche et donc retrouver des tatouages sur la peau de criminels évadés qui sont censés indiquer l’emplacement du butin.
Le début nous plonge in media res dans l’atrocité de la guerre. On y voit Sugimoto converser avec son ami pour le voir aussitôt décéder. Puis s’en suit une bataille où notre héros montre sa hargne. Il se prend notamment une balle dans la gorge mais continue son funeste travail, décimant les rangs ennemis. En quelques pages, le mangaka nous présente bien la férocité et la profonde envie de survivre de son personnage. Cette plongée brute dans les horreurs de la guerre est efficace alors même qu’on pourrait être perturbé par le manque d’informations et d’introduction du personnage. Mais au contraire, c’est une façon intelligente d’introduire son héros.

On le retrouve ensuite chercheur d’or, accompagné d’un partenaire porté sur la boisson. Ce dernier lui livre le secret d’un trésor de 75kg volé aux Aïnous. Pour le retrouver il faut déchiffrer les tatouages réalisés sur la peau de prisonniers. C’est le début d’une grande aventure pour Sugimoto.

Nous avons donc définitivement un manga d’aventure s’appuyant sur le classique trésor à trouver. Sauf que Golden Kamui c’est plus que ça. Cette quête, qui risque bien d’être initiatique, n’est presque qu’un prétexte pour parler de la culture Aïnou et de la nature. En effet, très rapidement notre ancien militaire va croiser la route d’une jeune femme de cette tribu, Ashirpa et s’allier à elle. A son contact, il va en apprendre plus sur cette culture, leur rapport à la nature et plus globalement sur la vie. On sent que notre héros va adopter une nouvelle approche dans son rapport à la nature.

Dès ce premier tome, Satoru Noda va beaucoup s’attarder sur le mode de vie des Aïnous, leurs connaissances de la nature et leur technique de survie dans cet environnement un peu hostile. C’est donc très enrichissant culturellement parlant. Cela permet d’en apprendre plus sur cette ethnie méconnue en France. Mais là où le manga est fort, c’est qu’il ne tombe pas dans le piège de la lecture juste culturelle. Tout ces aspects enrichissant, où l’on apprend beaucoup, servent le récit et contribuent à donner sa lettre de majuscule au mot « Aventure ». Il ne sacrifie pas l’aspect divertissement sur l’autel de l’éducatif. En découle une histoire fouillée, rythmée avec de multiples rebondissements. On lit le tout avec une facilité déconcertante et un plaisir non feint. On est happé dans cette bulle culturelle qui englobe parfaitement le récit.

Mais au-delà de ça, le mangaka s’appuie aussi sur des personnages intéressants notamment Sugimoto. Cet ancien soldat, marqué par les horreurs de la guerre, va petit à petit troquer cette violence contre plus d’humanisme. Le contact avec Ashirpa va lui apporter une sorte de paix intérieure et lui permettre de voir la vie par un nouveau prisme. Ashirpa est encore un peu mystérieuse et reste cantonnée dans le rôle de l’indigène proche de la nature et bourrée de connaissance. On sent que le mangaka n’a pas encore exploité tout son plein potentiel. Il éclatera sûrement au fur et à mesure que cette quête du trésor la rapprochera de l’histoire de son peuple.
Mais au final le duo fonctionne bien !

Et puis Golden Kamui ça reste une belle aventure, dynamique, mystérieuse et pleine de suspense. Beaucoup de points intriguent, notamment sur les origines du trésor, celui qui a fait tatouer le corps des prisonniers… Le potentiel est bien présent et laisse présager d’une suite haletante, tout en étant enrichissante.

Graphiquement, le trait de Satoru Noda est très agréable à l’oeil. Les décors et tenues sont dessinés avec beaucoup de soin, aidant à l’immersion. Les personnages ont un bon charadesign et sont surtout expressifs. Le découpage est lui aussi efficace, aussi bien pour les phases plus mouvementées que les plus calmes. Un vrai plaisir des yeux.

Pour conclure, Golden Kamui – tome 1 de Satoru Noda est une réussite et a beaucoup d’arguments à faire valoir. Ce mélange d’aventure et une dimension plus culturelle voir presque anthropologique autour des Aïnou fonctionne à merveille et donne beaucoup de profondeur au titre. La dimension de survie dans un environnement hostile et tout ce qui tourne autour du trésor et de tous les « participants » à cette chasse confèrent encore plus d’intérêt à ce seinen.
Et pour finir de nous convaincre le graphisme est somptueux, avec tous ces détails qui facilitent l’immersion et le dépaysement.
Une introduction plus que réussie, qui ne peut que donner envie de lire la suite. Un titre à suivre donc de très très près. Personnellement, c’est typiquement le genre de titre que j’adore !

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Est-ce un titre à suivre ?

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