. Gigantomachia de Kentaro Miura | Fant'asie
Kameyoko 21/09/2015 0
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gigantomania

Gigantomachia de Kentaro Miura

Un one-shot par l’auteur de Berserk

Kentaro Miura est un mangaka de renom que l’on connait essentiellement sur son oeuvre majeure : Berserk.
Ce manga connait d’ailleurs quelques « petits » soucis de rythme de publication. Donc pour certains voir Miura « occuper son temps » à faire un autre manga n’était pas forcément une bonne nouvelle.

Mais ce Gigantomachia, fera-t-il oublier ce petit désagrément ?

Gigantomachia de Kentaro Miura est édité par Glénat et est disponible à la vente depuis le 15 juillet 2015.

Résumé de Gigantomachia

Résumé de l’éditeur :

Dans la mythologie grecque, la Gigantomachie narre la lutte épique des Dieux, menés par Zeus, contre la révolte des géants, frères des Titans et fils de Gaia. Dans ces récits, Zeus remporte la victoire en faisant notamment appel à Héraclès, car seul un humain pouvait battre les géants. Kentaro Miura, auteur du mythique Berserk, s’empare de cette légende et livre ici un récit similaire qu’il s’amuse à placer néanmoins 100 ans dans le futur. Delos, un ex lutteur, mené par Prome, une mystérieuse jeune fille, se voit transporté dans l’avenir afin de lutter contre les forces insectoïdes du géant Alcyon.

Le mystérieux duo Délos/ Promé

Alors qu’il est attendu sur la suite de sa série phare, Kentaro Miura s’offre une petite pause et se fait un petit plaisir avec ce Gigantomachia.

Nous suivons le mystérieux duo Délios/ Promé marchant dans un désert aride. Lors de leur périple ils vont tomber sur la tribu des Mu, sorte de peuple d’hommes-scarabées. Mais ils ne sont pas les bienvenus et Délos en vient à devoir combattre le plus grand guerrier des Mu et sa redoutable force de frappe. Mais Délos est un lutteur qui ne va pas rester sans rien faire.
Mais les Mu n’ont pas à se méfier que de Délos. Une menace plus titanesque plane sur ce peuple.

Le tout se place dans un environnement type post-apocalyptique dans le futur, avec des créatures étranges, des peuples aux coutumes particulières… Si on rajoute à ça la définition même de Gigantomachie, c’est à dire le combat des Dieux contre les Géants, on est droit de s’attendre à un très bon titre, avec des affrontements à foison et surtout titanesques.
Mais dans les faits c’est plus une énorme déception.
L’aspect Gigantomachie se résume à un pauvre affrontement en fin de tome contre un géant. Si en soit, ce combat est assez sympa à suivre, il arrive comme un cheveu sur la soupe. On s’attend à en trouver dans le récit, mais tout ce qui se trame avant ne justifie pas forcément ce combat, et l’apparition du géant. Ce qui fait qu’il n’y a aucun intensité dramatique, à part voir le bien gagner contre le mal.
Nous avons également un combat contre le champion des Mu. Ce dernier s’avère intéressant puisqu’il montre toute l’étendue des capacités de Délos et son état d’esprit. Etant un lutteur, il ne recule jamais face à l’adversité et encaisse tous les coups sans se défiler. En réalité, Délos est plus catcheur que lutteur. Mais là aussi, la justification de ce combat est un peu facile et bancale. On sent que la volonté et de développer Delos et ses capacités, tout en voulant retourner l’opinion des Mu. Mais c’est maladroit, bien que pas déplaisant pour autant.

Le gros problème de ce titre c’est l’impression de creux qui en ressort. L’histoire est une succession d’abîmes et de non développement. Pour faire simple c’est un vide abyssal en terme de scénario.
On ne sait rien de Delos et Promé, ni pourquoi ils sont là, ni comment ils se sont rencontrés. On a bien quelques éclairages en fin de volume, mais ça ne suscite pas le moindre intérêt pour autant, tant le mal aura été fait avant.
Ces deux personnages sont mystérieux, notamment Promé qui a des pouvoirs sortant d’on ne sait où, aux mœurs étranges. La palme revient à ce délire particulier du mangaka qui s’amuse à doter son héroïne d’un « nectar » guérisseur. Sauf que Kentaro Miura, avec son personnage qui ressemble à une toute jeune adolescente, nous suggère fortement qu’il s’administre de la même façon qu’on urine. Ce délire urologique est très étrange et franchement de mauvais goût.

Mais au-delà de ça, il n’y aucun background. On ne sait rien du monde en question, pourquoi cet aspect apocalyptique, qui est l’empire Hu, que sont ces gens, d’où sortent-il… ? Il y a également un rebondissement lors de l’arrivée du géant et du comportement de Delos et Prome. Sauf que ce dernier, aussi sympa soit-il, n’est expliqué en rien ! On doit se contenter de prendre les événements ainsi, sans qu’ils soient introduits, expliqués ou même juste être logiques.

Tout ce qui se passe n’a pas de justification. Ce qui joue sur l’intérêt et l’impact à la lecture. A titre personnel, je suis toujours resté en retrait du récit, sans pouvoir rentrer dedans, sans avoir des sentiments à la lecture.

Parlons aussi du fait que, bien qu’étant un one-shot, ce Gigantomachia ne se suffit pas à lui-même. La fin n’en est pas une et tous les pseudos points abordés seront laissés majoritairement en suspens.

Très honnêtement, je ne vois pas l’intérêt de cette lecture d’un point de vue scénario. Pour moi une lecture complètement dispensable !

Le seul intérêt réside dans la qualité indéniable de dessinateur de Kentaro Miura. Même si je n’aime pas le design de Delos, pour tout le reste il faut avouer que c’est superbe. Les planches sont détaillées, avec un sens du détail très intéressant, des bonnes idées graphiques… Les combats sont dynamiques, les monstres et décors ont de la « gueule ». Son trait est vraiment abouti et classe.

Mais ce qui fait presque d’autant plus « tâche » tant l’écrin ne vaut pas le contenu. Il y a un tel soin dans le dessin qu’il est dommage que la même minutie n’ait été apportée au récit.

Pour conclure, Gigantomachia de Kentaro Miura est une énorme déception. Je ne suis pas du tout rentré dans ce récit que je trouve bancal, creux et sans justification. Une lecture qui n’apporte pas grand chose, tant le background est inexistant, les personnages pas travaillés et des rebondissements qui sortent de nulle part. Il y a un vrai manque sur la contextualisation du récit.
Un lecture que je ne recommande donc pas, même si le travail graphique du mangaka est magnifique. Ce qui prouve une fois de plus que sans histoire, même avec le meilleur dessin du monde, un manga ne fonctionne pas !

Le nom de Kentaro Miura est certes ronflant et une belle tentation, mais passez votre chemin. Je suis peut-être dur, mais c’est à la hauteur de ma déception.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous aussi cette impression de vide dans le scénario ?

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