. Gaïa de Yannick Monget. | Fant'asie
Torospatillo 06/09/2012 3

Gaia Yannick Monget

Gaïa de Yannick Monget.

Capitaine planète!

Lisant en ce moment principalement de la fantasy, je me suis dit qu’une petite lecture SF ne me ferait pas de mal. Or, sortait chez Bragelonne ce livre qui m’a intrigué.
Ecrit par Yannick Monget, un écologiste aux diverses activités engagées, Gaïa est un dans un premier temps sorti sans éditeur, et suite à un jolie succès d’estime, Bragelonne s’y est intéressé et a décidé de le ressortir dans une version retravaillée.
Objectivement un thriller écolo, avec un mec qui sait de quoi il parle, ça pouvait faire un truc intéressant, surtout si l’ouvrage a réussi à perser initialement sans grande maison d’édition derrière lui… Et de plus, sur la couverture, il est fait référence à Barjavel. Et moi c’est un de mes auteurs préférés. Vous comprenez?

Outre, sa jolie couverture, la première chose qui marque en ouvrant ce livre, c’est la qualité du papier, qui est.. comment dire… différente! Et celà s’explique dès la première page qui expose que le livre a été imprimé sur du papier 100% recyclé, etc…

Résumé de Gaïa chez Bragelonne.

Et si un jour l’homme prédateur devenait la proie, à son tour menacée d’extinction ?
Le monde sombre dans le chaos : un phénomène nouveau et inexpliqué affecte les écosystèmes du monde entier. Le comportement des animaux est bouleversé, les espèces végétales sont frappées d’impossibles mutations alors qu’une étrange épidémie se répand, qui pourrait causer la mort de millions de personnes.
Au coeur de la forêt tropicale amazonienne, Alexandre Grant, P.-D.G. d’une société de biotechnologie américaine, rencontre Anne Cendras. La célèbre biologiste française est convaincue que ce cataclysme n’a rien à voir avec le réchauffement climatique, mais qu’il menace la survie de toute l’humanité.
Aucun gouvernement ne sait comment enrayer ce phénomène et déjà le contact est rompu avec certaines régions du globe. Seuls quelques individus, que tout oppose en apparence, sont bien décidés à comprendre et à lutter.

Film catastrophe…

Vous l’aurez compris en lisant le résumé, on est en face d’une histoire qui ferait un très bon postulat de départ pour un film catastrophe à la Roland Emmerich.
Je dois avouer, de façon coupable, que je peux apprécier ce genre de film : mettre son cerveau sur off, en prendre plein la gueule, ça peut être agréable. Mais est-ce que ce genre de divertissement reste efficace sur une lecture de plusieurs heures. C’est moins sure!
Au niveau du pitch de départ on retrouve le méchant industriel, Alexandre Grant, qui exploite à grand coup d’abattage d’arbres la forêt amazonienne, qui plus est, il a diversifié ses activités et est également PDG d’une société qui produit des OGM… Rhoo le méchant! En face de lui, Anne Cendras, la gentille écologiste, qui va dire à Monsieur Grant que c’est pas bien ce qu’il fait, et en plus ses propos seront appuyés par un indien enfumé d’Amazonie…
J’avoue je suis peu être un peu caricatural dans mes descriptions, mais pas tant que ça… Ce roman ne brille certainement pas par la profondeur de ses personnages qui restent toutefois attachants. Yannick Monget évite toutefois l’écueil de la caricature habituelle des militaires, et c’est déjà pas mal.
Je ne vais pas rentrer dans le détail du scénario, mais la Terre va subir d’étranges évènements.
Pas un évènement, mais un vrai combo explosif de tout ce que le cinéma catastrophe nous propose depuis des décennies : épidémie mortelle,  invasion de plantes et d’animaux, fortes chaleurs, inondations, passage de comètes (de mémoire cette liste est exhaustive).
Alors pourquoi cette multiplication d’éléments? Pour proposer une enquête, de bonne tenue, sur les causes de la catastrophe qui s’abat sur la terre. Cette phase d’enquête est réellement un des points positifs de cette lecture. J’imagine que les références scientifiques présentent dans ce roman ne sont pas gratuites et apportent un certain réalisme à l’enquête. Toutefois, la fin du récit ne m’a pas du tout convaincue, de plus plein de petites incohérences ou clichés jalonnant le récit lui font perdre beaucoup de crédibilité.
L’autre point positif de ce roman est le traitement qui est fait de la nature. J’aime la façon dont de simples plantes peuvent paraître inquiétantes dans cet ouvrage. Sans abuser des effets de style, on sent bien toute la puissance de cette nature, et le caractère oppressant qu’elle a sur les humains.
Enfin dernier point qui s’avérait sympathique, le fait que le roman se passe en partie à Paris. La capitale Française recouverte d’une végétation luxuriante ça a de la gueule, et puis ça change un peu… Mais finalement la capitale française n’est que très peu exploitée, ou l’est pour faire plaisir aux touristes (si on allait voir la Tour Eiffel?)… Et puis la présence des protagonistes à Paris ne s’étale que sur un tiers du roman, pour le reste, l’action se déroule à New York. Et objectivement un New York servant de décors pour du post-apo je crois qu’on connaît déjà (toute mon estime à celui qui produira la liste la plus longue en commentaire).
Le tout est servi par un style pas désagréable, facile d’accès, mais terriblement plat.

Pour conclure, je suis sûr que Yannick Monget est un mec passionnant quand il parle d’écologie, que ses idées sont appuyées par des faits scientifiques, etc… Toutefois, j’attends d’un roman plus qu’une idéologie à défendre. Gaïa a été une lecture agréable, mais qui ne m’a clairement pas passionnée. Ses personnages sont trop plats et manichéens, voir à la limite de la caricature, et si son côté thriller partait bien, la fin de l’ouvrage lui fait finalement perdre toute finesse. Personnellement, une vrai déception.

3 commentaires »

  1. foot de rue 09/09/2012 at 15:25 -

    Salut,
    Ce livre, en tout cas le thème, aurait pu m’intéresser, mais à la lecture de ta critique je n’en fais donc pas une priorité. A l’occasion pourquoi pas, mais un peu peur de ne pas accrocher si les persos sont si fades et manichéens que ça…

  2. Thalia 11/09/2012 at 20:07 -

    Un livre dont le thème m’interpelle fort. Il est dans l’opération 200k de Bragelonne … je vais surement me le procurer pour l’occasion. Tu cites quand même de bons points malgré les négatifs 😉

  3. Torospatillo 12/09/2012 at 19:27 -

    Clairement à 1 Euro, c’est tout à fait rentable !
    C’est pas une lecture désagréable, loin de là, mais je m’attendais à mieux!
    En tous cas c’est encore une belle opé c’est 200k de bragelonne !
    Perso, je vais bien remplir ma liseuse!

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