. Front Mission, Dog Life and Dog Style – tomes 4 et 5 | Fant'asie
Kameyoko 14/12/2012 1
Front Mission, Dog Life and Dog Style – tomes 4 et 5
  • Scénario
  • Graphisme

Front Mission, dog life and dog style - tome 4

Front Mission – Dog Life and Dog Style – tomes 4 et 5

Portraits de guerre

Front Mission, Dog Life and Dog Style a su imposer en 3 tomes son style, sa vision de la guerre. Les deux précédents tomes prenaient un virage plus orientés action, mais sans perdre de vue ce qui faisait son charme, à savoir montrer les aspects sales d’une guerre. Le tout avec réalisme et efficacité.
Front Mission, Dog Life and Dog Style – tomes 4 et 5 de Yasuo Otagaki et C.H Line sont édités par Ki-oon et sont disponibles à la vente depuis, respectivement, les 30 août et 11 octobre 2012.

Résumé de Front Mission, Dog Life and Dog Style 4 et 5 chez Ki-oon

Résumé du tome 4 :

Un an avant le second conflit d’Huffman, le milliardaire Johnny Raul, fraîchement sorti de l’école militaire, épouse le sous-lieutenant Emma Faraji, de l’armée OCU. Le jeune couple, qui semble promis à un bel avenir, fait la une des magazines sans se douter que la guerre est sur le point d’éclater.
Seulement voilà, Johnny est envoyé au front et affecté au transport de wanzers. Lors d’une mission au-dessus de la jungle, le jeune pilote et son ami Alex se retrouvent pris sous le feu ennemi…

Résumé du tome 5 :

La guerre continue à faire rage sur l’île d’Huffman tandis que Kenichi Inuzuka parcourt les champs de bataille en quête de clichés à sensation. Mais parfois, la roue tourne : à la suite d’un bombardement, le reporter se retrouve isolé et sans argent, son matériel et son appartement détruits.
Le voilà obligé de rejoindre un camp de réfugiés près de la ligne de front…

La guerre vue de près

On continue avec cette volonté de proposer des portraits de militaires ou de gens confrontés à la guerre dans ces deux volets. Sauf qu’une différence majeure différencie les deux opus. En effet le tome 4 oublie un peu ce qui fait le charme de ce manga, à savoir décrire la guerre par la biais de portraits. Dans ce cas, la guerre n’est presque que secondaire, pour ne servir que de cadre à l’établissement d’un portrait psychologique assez banal.
Les auteurs nous narre le triangle relationnel constitué de Johnny, un beau jeune homme riche, talentueux qui va épouser la non moins parfaite Emma, sous les yeux de leur ami Alex.
Ce dernier est très envieux de Johnny et tombe amoureux d’Emma. Petit à petit sa jalousie va se transformer en actes.
Le bonheur presque envahissant du couple JohnnyEmma, fait d’Alex un simple faire-valoir, qui souffre d’être dans l’ombre de son « ami ».

Sans trop spoiler, Alex va révéler ses problèmes psychologiques et va chercher à avoir la place qu’il estime être la sienne. Mais le tout est amené avec des gros sabots et des grosses ficelles. Cela manque de finesse dans la construction de ce portrait psychologique. Ce qui fait que l’effet ne fonctionne pas beaucoup et on a du mal à éprouver quelque chose de cette histoire. Surtout que le tout n’est pas très crédible. Ce qui détonne avec ce qu’on a pu lire auparavant.

On retrouve le rapport intime de Front Mission avec la guerre, qu’à la fin du tome. Mais là aussi, ce volume peine à convaincre. Alors que ce seinen avait une approche assez réaliste et crédible, là on tombe dans la surenchère un peu superflue.

Même si ça se lit bien, même si c’est loin d’être mauvais, j’ai été pas mal déçu, car je n’ai pas eu l’impression de lire du Front Mission, Dog Life and Dog Style. J’ai trouvé ça moins thématisé, moins finaud et plus classique. En ça, cet opus est une déception.

Reste à savoir si c’est une erreur de parcours, ou si le titre s’oriente plus vers cet aspect.

Heureusement, le tome 5 va rapidement nous rassurer. On revient sur des bases habituelles, avec une première partie centrée sur Kenichi Inuzuka. Ce dernier qui sert le plus souvent de fil conducteur, avec son apparente désinvolture, son oeil observateur mais passif et cet apparent détachement des évènements, va avoir un rôle plus pro-actif. Il sera le personnage central de cette mini-histoire. Ce qui renforce sa position de « fil rouge » dans ce manga.
Sauf que là, il va être au coeur du récit et même être « actif », pas un simple observateur, même s’il ne quitte que rarement cette posture.
En effet, le reporter de guerre se retrouve, un peu au hasard, dans un camp de réfugiés et va rencontrer Miyuki, une aide humanitaire.

Dans cette partie, on s’intéresse donc à un nouveau type de personnes que la guerre touche : les réfugiés. Les auteurs arrivent très rapidement à nous immerger dans la vie de ce camp de fortune, et partager le quotidien de ces gens qui ont tout perdu. On ressent bien leur détresse, leur espoir et l’envie de communiquer avec ceux qu’ils ont perdus de vue. Sans jouer sur le pathos, c’est assez émouvant. Surtout que vu le ton de la série, on a peur du devenir du camp.
Même si le traitement de Miyuki m’a paru un peu facile, avec des motivations étranges, ça reste un personnage touchant.
On se demande également dans quelle mesure cette expérience va changer Kenichi. On sent que Yasuo Otagaki cherche un peu à humaniser ce personnage et de lui enlever un peu cette étiquette de charognard avide de sang, sans pour autant l’effacer complètement.

La seconde partie du volume 5 se concentre sur un nouvel arc mettant en scène Kai Tsuneki, vétéran de la guerre, un peu désabusé et las de tout ça. Mais les évènements vont le pousser, notamment pour retrouver son frère, à rejoindre une équipe de mercenaires. Ainsi, là on s’intéresse à cette catégorie de personnes, aux motivations bien particulières.
Cette phase permet de voir un nouvel aspect de la guerre, celui des gens qui vont se battre sciemment. Il y a donc matière à faire quelque chose d’intéressant. Surtout qu’on sent que cette mission n’est qu’un prétexte pour autre chose, mais quoi ? L’occasion aussi d’en voir un peu sur l’armement futuriste des troupes et notamment les Wanzers.
Pour l’instant, on attend que le récit se développe car pour le moment nous avons juste une introduction du personnage, assez banale mais réussie.

Graphiquement le trait de C.H Line est toujours aussi plaisant et immersif, mais si j’ai trouvé qu’il allait un peu plus loin dans des visages presque de caricature, faisant perdre ainsi en réalisme. On sent également, qu’il prend un plaisir fou à dessiner tout ce qui est lié aux méchas. A part ce petit défaut, j’apprécie beaucoup son travail, fin, détaillé et dynamique.

Pour conclure, Front Mission, Dog Life and Dog Style – tomes 4 et 5 de Yasuo Otagaki et C.H Line confirment que ce titre est un très bon seinen. Même si le tome 4 déçoit un peu, car il semble ne pas respecter les principes établis auparavant, le volume 5 rattrape le tout, surtout avec sa première partie.
Le récit est très immersif et le lecteur se retrouve plongé dans cette guerre, mais vu par une typologie de protagonistes. Ce qui permet d’avoir plusieurs points de vue d’un même évènement. Le traitement se veut réaliste, dur, mais tout en arrivant à faire en sorte que l’on ressente quelque chose pour tous les personnages. Des anonymes qui ne le deviennent plus grâce aux talents des mangakas.

Une série que je vais encore suivre !

Un commentaire »

  1. Lilou Hubert 21/04/2021 at 12:55 -

    Pour ma part, la série est tout de même assez violente avec une balade sur les champs de bataille. Mais jusqu’à maintient je me demande encore où l’auteur veut en venir avec cette histoire courte.

Laisser un commentaire »