. Freak Island – tome 1 de Masaya Hokazono | Fant'asie
Kameyoko 19/10/2015 0
  • Scénario
  • Graphisme

Freak Island - tome 1

Freak Island – tome 1 de Masaya Hokazono

Une île, un tueur, beaucoup de meurtres !

Freak Island est un titre intriguant avec sa couverture représentant un homme portant une tête de cochon. Quand on sait qu’il s’agit d’un seinen qui se présente comme gore et trash, cela a de quoi susciter la curiosité. Surtout que l’histoire, son méchant, son titre… tout laisse présager d’un manga assez jouissif, avec un plaisir sadique de lecture.
Mais est-ce réellement le cas ?

Freak Island – tome 1 de Masaya Hokazono est édité par Delcourt Manga et est disponible à la vente depuis le 19 août 2015.

Résumé de Frek Island 1 chez Delcourt

Résumé de l’éditeur :

Les six membres d’un club de fouilles s’approchent de l’île déserte de Kikuike pour visiter ses ruines. Alerté par ce qui lui semble être un naufragé, Higashiyama rejoint le rivage… et se retrouve face à un homme à tête de cochon ! Tandis que ce dernier lui explose littéralement la cervelle à coups de marteau, le bateau des étudiants fait naufrage. Ils n’ont pas d’autre choix que de se réfugier sur l’île…

L’homme à la tête de cochon

Freak Island se présente comme un titre un peu à part chez Delcourt. Il s’agit d’un slasher japonais avec comme ennemi un tueur, à la tête de cochon, impitoyable.
L’histoire est simple et s’intéresse à un groupe d’apprentis archéologues qui voguent près des côtes d’une mystérieuse île, non répertoriée, et qui ne figurent pas sur les cartes. Mais là il aperçoivent un homme près d’un feu. Il s’agit en réalité d’un psychopathe faisant brûler le corps de sa dernière victime. Mais l’un des membres de ce groupe plonge pour voir s’il a besoin d’aide. A peine arrivé, il se fait massacrer à coup de marteau devant ses amis médusés.
Mais suite à diverses péripéties, les survivants se retrouvent coincés sur cette île, avec l’homme à la tête de cochon rôdant aux alentours. Commence pour eux une lutte pour la survie.

Au vu du synopsis, on se doute qu’on ne va pas faire dans la finesse ni dans l’original. Le coup de l’île déserte n’est pas l’idée la plus originale qui soit, surtout en la couplant à un slasher. Après, il faut prendre ce Freak Island pour ce qu’il est : un titre un peu barré, gore, et décomplexé. On suit les activités morbides d’un homme portant une tête de cochon (pourquoi ce choix vestimentaire, on ne le saura pas trop).
En fait, ce seinen est juste un divertissement. La lecture est rapide, plaisante et finalement simple. L’intrigue est basique, avec notamment quelques rebondissements faciles. Je pense en particulier à la raison de la présence des 6 personnes aux abords de cette île soit disant inconnue, ou encore quelques retournements de situations qui manquent de crédibilité.
j’ai également trouvé que les personnages étaient pas très bien caractérisés. Ils sont souvent clichés, avec quelques stéréotypes : le lâche, le brave, le cerveau… Mais surtout ces personnages peinent à susciter de l’empathie. Ils flirtent même avec l’antipathie. Je ne sais pas dans quelle mesure c’est volontaire ou pas, mais ils peuvent se faire massacrer sans susciter d’émotions particulières pour le lecteur. Mais peut-être est-ce un moyen de mettre plus en avant l’homme à la tête de cochon.

Car ce personnage, contrairement aux autres, est réussi. Son charadesign, dont on cherche la signification, est une réussite. Chacune de ses interventions nous glace d’effroi. Et puis, on prend ce plaisir coupable à s’amuser de voir comment il peut massacrer les gens. Que ce soit avec une machette, un marteau ou une tronçonneuse, il se fait plaisir. Et du coup le lecteur aussi.
Evidemment le tout est assez gore, mais sans réellement dépasser la limite de l’insoutenable. Les massacres sont montrés assez explicitement, mais tout en prenant soin de ne pas tout montrer non plus. Je veux dire par là que souvent, il y a un choix d’angle ou de découpage qui nous épargne les moments trop trashs.

Pour le reste, ce Freak Island a encore du mal à se positionner. On ne sait pas bien où veut en venir le mangaka. Est-ce de la survie en milieu hostile, et donc les survivants sont le sujet central, ou c’est montrer les agissements sordides d’un individus dérangé ? Surtout que lors de la dernière partie, l’auteur introduit des enigmes autour de l’île et ses anciens habitants. Il mêle également un peu de fantastique. Tout ce mélange manque un peu de cohérence, mais a un certain potentiel. Mais pour le moment je trouve le tout un peu trop approximatif, bien que salement divertissant.

Graphiquement, le trait de Hokazono est assez paradoxal. Il est capable de nous proposer de superbes splash pages, avec un vrai travail sur les décors et d’autres fois, c’est plus limite. Il semble avoir du mal avec ses personnages et leur expressivité. Les visages et émotions ne rendent pas toujours très bien. Surtout qu’à part l’homme à la tête de cochon, le charadesign des autres personnages est très banal.
En plus, le tout est assez sombre, avec parfois une impression un peu brouillonne. Son style fait un peu daté. Pourtant son découpage est efficace et donne du rythme. Mais en tout cas, en feuilletant les pages on n’a pas de doute sur le côté horrifique de ce manga.

Pour conclure, Freak Island – tome 1 de Masaya Hokazono est un peu décevant car j’attendais un titre plus abouti et plus original. Mais ça reste un slasher plus que correct qui pêche essentiellement par un dessin inégal, des personnages auxquels on ne s’attache pas et par certaines facilités. On ne sait pas encore comment va évoluer la suite de l’histoire. Surtout que la fin du tome, nous laisse présager de meilleures choses avec un background plus profond que ce qu’on peut penser avec quelques thèmes ayant du potentiel. Mais pour cela, il faut que le mangaka se décide sur le type de récit qu’il veut proposer : pur slasher, survie en milieu hostile, fantastique…
Mais rien que pour l’homme avec la tête de cochon, il faut se faire sa propre idée du titre.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous accroché aux personnages ?

Laisser un commentaire »