. Ex Machina – tome 1 de Brian K. Vaughan et Tony Harris | Fant'asie
Kameyoko 19/02/2014 3
  • Scénario
  • Graphisme

Ex Machina - tome 1 de Brian K. Vaughan et Tony Harris

Ex Machina – tome 1 de Brian K. Vaughan et Tony Harris

Politique-ficion et super-héroïsme

Ex Machina n’est pas tout à fait une nouveauté, puisque datant de 2004. Cette série a également été éditée en France mais jamais en totalité. C’est ce que Urban va essayer de rattraper, avec cette nouvelle édition épaisse.

L’occasion de (re)découvrir ce comic du talentueux Brian K. Vaughan.

Ex Machina – tome 1 de Brian K. Vaughan et Tony Harris est édité par Urban Comics et est disponible à la vente depuis le 11 octobre 2013.

Résumé de Ex Machina 1 chez Urban Comics

Résumé de l’éditeur :

Après un accident, Mitchell Hundred, ingénieur des travaux publics, se trouve doté d’étonnants pouvoirs. Devenant le premier super-héros d’Amérique, il décide de se présenter à l’élection du maire de New York, histoire de mettre un peu de piment dans sa vie. Il remporte haut la main le scrutin. Dès lors, commence pour lui la véritable aventure…

Un super-héros maire de New York

Brian K. Vaughan est un scénariste que je trouve particulièrement talentueux. Entre ses Saga, Y le dernier homme, Les Seigneurs de Bagdad, Runaways… il a déjà prouvé son talent d’écriture et sa capacité à apporter des idées fraîches, tout en incluant des thèmes forts.
Ex Machina, titre qui a débuté en 2004 chez Wildstorm, ne déroge pas à la règle, et ne va pas me faire changer d’avis sur cet artiste, bien au contraire. D’ailleurs ce comic a remporté l’Eisner Award de la meilleure nouvelle série en 2005.

L’histoire est celle de Mitchell Hundred, ingénieur des travaux publics qui, après avoir trouvé un objet étrange, se voit doté de la capacité de commander aux machines et appareils électroniques. Il va utiliser ses dons pour devenir le super-héros la Grande Machine. Ce parcours va le mener à briguer et décrocher le poste de maire de New York. Mais ça ne sera pas de tout repos.

Mais derrière ce pitch, qui n’est pas forcément des plus vendeurs, se cache surtout un récit profond, intelligent, avec de nombreux thèmes forts et modernes. Politique, New York post 11 septembre, le poids des institutions, super-héroïsmes, débat de société comme le mariage gay, beaucoup de problématiques variées sont abordées avec beaucoup de pertinence et de maîtrise. Tous ces thèmes sont amenés intelligemment et servent l’intrigue ou au pire la caractérisation du personnage. Je pense notamment au mariage gay qui sert, entre autres, à insister sur le caractère progressiste d’Hundred et de sa politique.

En plus du développement de certains thèmes, le scénariste joue beaucoup la carte du flashback. Ainsi, le récit présent se passe à l’époque où Hundred est déjà Maire de New York. Par le biais de flashbacks, on va découvrir comment il a eu son pouvoir, ses actions en tant que La Grande Machine et son parcours politique l’ayant menant à la mairie. C’est sur ce procédé que Vaughan construit le background de son héros. On y voit, notamment, un Hundred pas toujours très heureux en tant que super-héros, voir même presque un peu bidon. Les personnages secondaires sont développés aussi par ce biais.

A-delà de ça, le récit est bien construit. On ne s’y ennuie pas et de nombreux rebondissements viennent ponctuer l’histoire de Hundred. On peut aussi parler de toutes les « péripéties » liées à sa fonction qui viennent donner du piment à l’histoire comme la grève de certains employés municipaux, les intempéries ou encore un tableau provocant… La narration monte en puissance au cours des pages.

En filigrane on trouve par exemple, une histoire de meurtres, mais aussi des interrogations sur les origines du pouvoir de Hundred.

La personnalité de Mitchell Hundred est également bien travaillé. On ressent bien les traumatismes post 11 septembre sur l’homme et le super-héros. On comprend très bien pourquoi il brigue la maire de cette ville tentaculaire. Malgré un aspect politique prononcé, Brian K. Vaughan ne tombe pas dans le piège du militantisme. Il s’évertue à nous dépeindre un homme voulant s’affranchir des institutions et des codes politiques qui bloquent le changement. Pour cela il s’appuie sur des dialogues finement ciselés, percutants et qui ne tombent pas dans la caricature. On s’amuse ainsi des conversations avec ses conseillers et amis, souvent directes sans langue de bois. Il y a même quelques échanges sur des points épineux où chacun y va de sa petite argumentation, mais ça reste souvent intéressant.

Pour accompagner ce scénario, il fallait un dessin à la hauteur et c’est le cas avec le graphisme de Tony Harris. Son trait est assez expressif et réaliste, tout en ayant suffisamment de dynamisme et de fluidité pour les passages plus « actions » avec la Grande Machine. J’ai apprécié aussi les différents styles de l’artiste en fonction de l’époque ou du type de récit. En revanche, j’ai toruvé la mise en scène et le découpage un peu classique, presque froid. Certaines planches font même un peu figée. Ce n’est pas très flagrant, mais ça m’a sauté aux yeux à quelques moments.

Pour conclure, Ex Machina est une oeuvre forte de ce scénariste plus que talentueux. Il arrive à proposer un récit complexe, avec une narration mélangeant présent-passé, des thèmes forts et modernes (censure et art transgressif, mariage homosexuel…), tout en y incluant de la politique fiction, du super-héroïsme, un peu de polar… Le tout avec fluidité et naturel. Tout cela s’emboîte bien et donne une histoire qui se lit très bien, avec de nombreux rebondissements. Surtout que Brian K. Vaughan est bien entouré avec un Tony Harris qui livre un travail de qualité, même si je trouve le tout parfois un peu figé. Ex Machina fait honneur à son Eisner Awards !! C’est un très bon comic, dense, qui devient encore plus passionnant au fur et à mesure des pages. Vivement que puisse voir la suite afin d’en savoir plus sur l’origine de son pouvoir et voir comment il va gérer New York.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Brian K. Vaughan est-il un scénariste que vous appréciez ?

3 commentaires »

  1. CortX 29/03/2014 at 19:05 -

    J’ai découvert Brian K. Vaughan avec Y, le dernier homme.
    J’ai dévoré toute l’histoire. J’ai trouvé les thèmes abordés d’une grande qualité et très bien traitées. La vision Matriarcale de la société m’a refroidi. Des gens qui préfère mourir et faire mourir la civilisation plutot que d’accepter l’autre. J’avais envie de plonger dans les planches pour les claquer 😀

    J’ai enchainé avec Les seigneurs de bagdad, plus pour l’histoire que pour l’auteur. J’étais intrigué de savoir comment on pouvait faire une histoire de guerre avec des animaux.
    Une grosse claque, et on en redemande.

    Lorsque j’ai su qu’il était à l’origine de Saga, et qu’en plus c’était diffusé en France par Urban Comics, j’ai sauté sur l’occasion, et j’attends le tome 3 avec impatience. Cependant je trouve que les récit sont bien fait mais il manque un petit quelque chose pour rendre cela épique. Un petit je ne sais quoi d’indéfinissable.

    Je pense que je vais me procurer ce « ex-maxhina » pour voir ce que ça donne.
    Malheureusement, comme il n’est pas sorti en intégrale en France, il va être dur à trouver d’occasion.

  2. Kameyoko 31/03/2014 at 13:24 -

    @CortX : Ex-Machina est un peu un titre maudit en France puisqu’on a encore jamais eu ce titre en entier. Mais nul doute doute qu’Urban le fera. Reste plus qu’à attendre.

    Pour en revenir au scénariste, tout ce que j’ai pu lire de lui je suis tombé sous le charme. J’aime bcp Saga par exemple. Et les Seigneurs de Bagdad c’ets juste génial !

  3. CortX 11/04/2014 at 01:25 -

    Bon bah voila.
    J’étais en train de trainer en couple cet aprem, boutique de BD et bam un double achat Vaughan.
    Saga 3 et Ex Machina.
    Je commence à avoir de la lecture en retard sur 2 Batman.
    Ça ne va pas s’arranger.
    Bon toujours pas acheté Punk Rock Jesus ni Transmetropolitan (Le vendeur m’a dit que c’était très bien)
    On verra si je me décide un jour.

Laisser un commentaire »