. Evil Eater – tome 1 de Issei Eifuku et Kojino | Fant'asie
Kameyoko 12/06/2014 1
  • Scénario
  • Graphisme

Evil Eater  - tome 1

Evil Eater – tome 1 de Issei Eifuku et Kojino

Enquêtes parapsychologiques

Ki-oon sort un nouveau seinen : Evil Eater, qui a la particularité de ne faire que 3 tomes. Personnellement, j’aime bien savoir qu’un titre est fini et qu’il est assez court. A part les arrêts suite à un échec commercial, c’est souvent le signe d’un manga qui sait où il va, sans trop chercher à rallonger pour rallonger.
Je suis peut-être naïf mais j’aime croire que ce sont d’abord des œuvres à vocation créative et non pas purement commerciale.
Voyons voir si c’est bien le cas ici.
Evil Eater – tome 1 de Issei Eifuku et Kojino est édité par Ki-oon et est disponible à la vente depuis le 10 avril 2014.

Résumé de Evil Eater 1 chez Ki-oon

Résumé de l’éditeur :

Dans un Tokyo futuriste, les dernières découvertes scientifiques permettent de ramener les morts à la vie. Le hic ? Pour chaque personne qui revient, une autre doit être sacrifiée. Les autorités ont donc décidé de réserver cette avancée technologique au système judiciaire : désormais, on peut condamner les meurtriers à mort pour ressusciter leurs victimes. Mais les revenants, les Returners, comme on les appelle, sont souvent contaminés par un “bug”, une anomalie psychologique qui exacerbe les sentiments négatifs.
Jalousie, haine, colère, désir de vengeance font parfois d’eux des bombes à retardement plus dangereuses encore pour la société que les criminels envoyés à l’échafaud… Pour désamorcer ces situations potentiellement catastrophiques, le gouvernement utilise des fonctionnaires d’un genre nouveau, les Sorceristes, capables de plonger dans la conscience des malades et de déraciner le mal qui les ronge. Les agents Nagumo et Amagi sont de ceux-là. Et ils n’ignorent pas que le subconscient de leurs cibles peut aussi devenir un piège mortel…

Eradiquer les « bugs »

Evil Eater est un manga qui repose sur un concept prometteur, à savoir pouvoir aller au-delà de la mort. Mais le concept va plus loin que cette simple affirmation, déjà plus ou moins vue. En effet, ce manga d’anticipation a pour base une loi dite « Loi d’échange compensatoire de la vie ». Celle-ci permet à la première victime d’un meurtrier condamné à mort de revenir à la vie.
Mais pour cela, on retire aux victimes le souvenir traumatisant de leurs derniers instants. Malheureusement ce processus, qui doit beaucoup à la sorcerie, n’est pas sans risque. Les Returners, comme on appelle ces revenants, peuvent contracter un « bug » qui exacerbe leurs sentiment négatifs et donc les rend psychologiquement instables et dangereux.
C’est pour ça qu’il existe des sorceristes chargés de les éliminer.

Evil Eater se concentre sur une de ces équipes, composée de l’expérimenté Kento Nagumo et de la nouvelle Yôko Amagi. L’un est spécialisé dans la détection du bug et dans la plongée dans l’inconscient et l’autre dans l’éradication.

Issei Eifuku utilise les débuts de la jeune Amagi pour présenter son monde au lecteur, cette fameuse loi et comment interviennent ces sorcéristes. Avec elle, nous apprendrons toutes les ficelles sur l’élimination des bugs par le biais de plusieurs missions. Même si ce procédé est classique, cela reste un très bon moyen d’introduire cet univers et nous faire comprendre les tenants et les aboutissants de cette « loi de compensation ».
Le scénariste utilise un autre ressort assez convenu avec ce duo composé d’un homme expérimenté, désabusé et d’une novice, candide, au talent particulier et très prometteuse. Au travers des missions, il va approfondir le background de ses protagonistes et on devine déjà quelques éléments qui pourraient être importants. Mais pour le moment, il est encore difficile de s’attacher à ces personnages, même si la fin du tome apporte du grain à moudre.

Pour développer son intrigue, le scénariste passe par la case « multiples » missions, avec chaque fois un returner différent, avec ses propres sentiments négatifs, sa propre histoire et sa propre matérialisation du Bug.
Ces missions sont assez courtes et denses. L’auteur va droit au but, tout en prenant bien soin de les différencier afin de ne pas créer un sentiment de répétitivité.
Ces missions se basent essentiellement sur la dimension psychologique, plutôt que réellement l’action ou le fantastique. On s’intéresse essentiellement aux raisons du bug plus que sur sa matérialisation. La destruction de ce dernier est d’ailleurs assez rapide, et malheureusement, souvent un peu confuse. On ne voit pas forcément ce que veut nous montrer le dessinateur ni comment Amagi parvient à les terrasser. Mais là n’est pas le coeur de l’intrigue.

A la vue du synopsis, je pensais que la plongée dans le subconscient serait très importante, et avec beaucoup d’imagination. Mais finalement, là aussi c’est assez court et Nagumo parvient rapidement à localiser le bug. Mais chaque esprit se différencie des autres, même si c’est un peu frustrant qu’on aille pas plus loin dans la plongée.

Ce tome 1 pose donc les bases de cette courte série en 3 tomes. Mais, je trouve qu’on ne rentre pas assez dans le vif du sujet. C’est un choix que de nous présenter une succession de missions. Mais cela se fait au détriment d’une intrigue plus globale et des enjeux qui dépassent le simple traitement d’un cas. Mais fort heureusement, la fin du tome s’engage sur cette voie, et on y voit plus clair sur le futur du titre. Et cette orientation m’intéresse nettement plus. Mais l’événement qui changera la « routine » arrive peut-être de façon trop abrupte. Néanmoins, elle promet une orientation scénaristique pleine de promesses et qui va probablement changer la perception que je peux avoir du titre.

Honnêtement, sans cette fin, j’aurais été plus sévère car Evil Eater, bien que plaisant, manquait de panache et d’ambition. Mais là ça modifie mon appréciation de ce premier tome, mais dans le bon sens. La suite s’annonce prometteuse avcec plein de questionnements à développer.

Graphiquement, le trait du coréen Kojino est assez soigné, avec des personnages reconnaissables, qui dégagent un certain charisme et des arrières-plans assez détaillés. Le mangaka se fait plaisir dans les phases où l’on plonge dans la psyché de la personne, avec pas mal d’imagination. Ces bugs, bien qu’originaux, manquent malheureusement de lisibilité. On ne sait pas trop ce que l’on voit dans les cases.

Pour conclure, Evil Eater – tome 1 de Issei Eifuku et Kojino débute un peu timidement. La faute à un schéma un peu linéaire et un peu longuet. Mais l’idée d base est intéressante et bien exploitée par le scénariste. L’entrée en matière n’est donc pas très exitante mais demeure quand même assez réussie. Heureusement la fin du tome relève le niveau et me faire croire à une suite de meilleur acabit. De nombreux développements devraient être à l’ordre du jour et promettre quelque jolis moments, avec son lot de réponses, d’interrogations spirituelles sur la vie la mort et la compensation.

Paradoxalement, ce titre ne m’a pas totalement convaincu, mais pourtant la fin m’emballe et me donne envie de lire la suite et me faire croire à une amélioration du niveau et de l’intérêt.

 

Et vous qu’avez-vous pensé de ce titre ? la fin vous a -t-elle aussi rassuré sur ce manga ?

Un commentaire »

  1. Nathusminus 04/08/2014 at 19:11 -

    Je suis du même avis que toi. L’idée semble intéressante mais le premier tome ne rentre pas assez dans le sujet, ils auraient pu sauter 2-3 chapitres. Heureusement le tome 2 rattrape un peu se retard !

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