. [Cinema] Edge of Tomorrow de Doug Liman | Fant'asie
Kameyoko 05/06/2014 1

Critique de Edge of Tomorrow de Doug Liman

Adapté du livre All you need is kill de Hiroshi Sakurazaka

Edge of Tomorrow est le dernier blockbuster SF en date, qui promet plein d’action ! Réalisé par Doug Liman (Mr&Ms Smith, Jumper, La mémoire dans la peau), ce film est tiré d’un romain du japonais Hiroshi Sakurazaka, appelé : All you need is kill, qui a déjà été adapté en manga par Takeshi Obata et Ryôsuke Takeuchi.

Edge of Tomorrow de Doug Liman avec Tom Cruise, Emily Blunt, Bill Paxton est distribué par Warner Bros et est en salle depuis le 04 juin 2014.

Résumé de Edge of Tomorrow

Synopsis :

Dans un futur proche, des hordes d’extratterrestres ont livré une bataille acharnée contre la Terre et semblent désormais invincibles: aucune armée au monde n’a réussi à les vaincre. Le commandant William Cage, qui n’a jamais combattu de sa vie, est envoyé, sans la moindre explication, dans ce qui ressemble à une mission-suicide. Il meurt en l’espace de quelques minutes et se retrouve projeté dans une boucle temporelle, condamné à revivre le même combat et à mourir de nouveau indéfiniment…

Le jour de la marmotte pendant le D-Day avec exosquelette et extra-terrestres

Oui, ce titre ne veut rien dire, mais bizarrement il caricature bien le film. Parce qu’Edge of Tomorrow c’est la fusion, assez réussie, entre un Jour sans fin, et son jour de la marmotte, une réinterprétation du débarquement où les nazis sont remplacés par des créatures, le tout sur fond futuriste avec des gros guns et exosquelettes. Chacun pourra y trouver des inspirations du côté du Jour sans fin, de Matrix, de Aliens ou encore de Starship Troopers. Pourtant, ce film a vraiment une identité propre, un style reconnaissable.

Cela provient surtout de l’utilisation de la boucle temporelle dans laquelle est enfermée Cage. A chaque fois qu’il meure, il recommence à vivre cette journée cauchemardesque. Il est condamné à revivre le débarquement des forces terrestres dans leur ultime assaut contre l’envahisseur. Et pour pousser encore plus loin le parallèle avec le débarquement du 6 juin 44, cela se fait sur une plage des côtes françaises.  Rapidement les enjeux sont mis en place. On comprend bien comment il en est arrivé là et surtout quel est l’objectif de Cage.

L’idée de cette boucle temporelle basée sur la mort du héros est assez géniale. Déjà, elle permet de maintenir un rythme elevé durant le film, d’autant plus que cette journée est riche en événements. Doug Liman utilise très bien ce principe. Il arrive à réutiliser plein de petits passages plus ou moins anodins qui font servir dans les prochaines répétitions. De plus, cela permet d’ajouter un peu de moments comiques bien distillés sans faire too much. Ainsi on s’amuse des tâtonnements du héros et de ses différentes façons de mourir.

Tout du long, ce William Cage va avancer petit à petit dans sa quête, bien épaulé en ça par Rita Vrataski, campé par Emily Blunt, véritable machine de guerre, qui a déjà connu ce qu’est en train de vivre le héros.

 

De plus, le réalisateur parvient bien à montrer l’évolution du personnage qui se mue de planqué, incapable de se battre, à une machine de guerre. Pour cela, il s’appuiera beaucoup sur le personnage de Vrataski qui servira de mentor pour Cage. Il est d’ailleurs marrant de voir comment les rôles sont inversés au départ. Tom Cruise joue le rôle d’un militaire qui a tout fait pour ne pas être mobilisé, et qui ne sais pas ce battre, quand dans le même temps Emily Blunt est une guerrière chevronnée, reconnue et d’une efficacité mortelle.

Mais nous restons néanmoins dans un blockbuster à l’américaine. Donc le scientologue devient lui aussi un soldat redoutable, et on a le droit au baiser un peu ridicule à la fin.

 

Le scénario tire bien parti de la boucle temporelle, tout en réussissant à ne pas tomber dans la redite inutile. Du fait de revivre la même journée, le héros expérimente, s’améliore, planifie tout de mieux en mieux. Tout au long du film, on voit des passages qui marquent des avancées significatives dans l’objectif ultime, tout en oubliant pas des moments plus axés sur la psychologie du personnage ou au contraire sur de l’action effrénée et diablement efficace. Un autre aspect que j’ai trouvé particulièrement réussi c’est de savoir à quel moment chronologique la scène que l’on voit se situe. Est-ce la première fois qu’il vit cette scène, et donc une nouvelle avancée ou est-ce simplement une étape vers la prochaine « limite » ? L’intérêt du spectateur n’en est que plus vif.

 

Edge of Tomorrow est un très bon blockbuster divertissant, avec une bonne idée de base et de bonnes influences, qui sont bien exploitées. On en prend plein les yeux et les oreilles, c’est spectaculaire et explosif. Mais malheureusement, il manque ce petit quelque chose qui fait passer le film au statut au-dessus du simple blockbuster divertissant.

On peut expliquer cela par deux points négatifs à mon sens. Le premier, et le plus important, c’est que la dernière partie est inférieure au reste. L’action est brouillonne, le scénario un peu trop léger et avec une réalisation décevante. Même s’il est bizarre de parler crédibilité pour un film de ce genre, c’est pourtant bien ce qu’on perd dans la dernière demi-heure. ,Il y a des choses un peu grosses, un peu trop de heureux hasards qui se passent. C’est bien dommage !

Et cette baisse scénaristique prend toute son essence dans une fin que je trouve personnellement un peu ratée, qui passe à côté de toute la dramaturgie mise en place et qui pour moi n’a pas de sens. Mais à chacun de se faire un avis.

L’autre côté un peu négatif se situe dans le côté « cinéma à l’américaine » avec ses happy end, ses personnages qui finissent par devenir un peu clichés et par un Tom Cruise maîtrisant trop son image. Même si je ne puis comparer avec le livre ou le manga dont il s’inspire j’ai vraiment l’impression que certains passages sont passés sous la moulinette de la machinerie hollywoodienne. Sans spoiler, on peut citer le héros sauveur du monde, la pseudo histoire sentimentale et le côté « nous les américains…! » Rien de nouveau sous le soleil en quelque sorte, mais ça ne s’imposait pas du tout.

Pour les acteurs, j’ai trouvé Emily Blunt assez bluffante. Elle est bien bad-ass, en impose et est terriblement charismatique dans son rôle. Tom Cruise m’a agréablement surpris, même s’il n’a pas pris de risque d’écorcher l’image qu’il veut se donner et même s’il reste dans un registre qu’il connait bien.

 

Pour conclure, Edge of Tomorrow part sur une excellente idée et l’exploite très bien. C’est un pur divertissement et se montre diablement efficace et plaisant. Entre action, SF, un peu d’humour, des persos qui en jettent et des explosions dans tous les sens, il y a de quoi prendre son pied. Mais la dernière demi-heure, nettement en deça du reste du film, se révèle trop facile et peu convaincante pour faire de Edge of Tomorrow le blockbuster de l’été.

Mais ne nous trompons pas, il remplit son rôle de blockbuster divertissant et as vraiment de bonnes idées. Un bon popcorn movie à apprécier au cinéma. Petite parenthèse, la 3D, comme d’habitude ne sert à rien. Un film jouissif quand on le prend pour ce qu’il est : du divertissement à l’américaine.

 

Et vous qu’avez-vous pensé de ce film ? Est-ce le blockbuster attendu et espéré ?

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