. Dragon's Crown de Yuztan et Atlus | Fant'asie
Kameyoko 13/09/2016 3
  • Scénario
  • Graphisme

Dragon's Crown

Dragon’s Crown de Yuztan et Atlus

Une adaptation en manga d’un jeu vidéo !

Kurokawa s’est fait une spécialité de sortir des mangas adaptés de jeux vidéo. Après les Drakengard, Resident Evil, Pokemon, Inazuma Eleven, Ace Attorney… un nouveau vient rejoibndre la liste avec ce Dragon’s Crown. Un titre ancré dans un univers d’Heroic Fantasy.

Le portage sur ce médium bien spécifique est-il réussi ?

Dragon’s Crown de Yuztan et Atlus est édité par Kurokawa et est disponible à la vente depuis le 07 juillet 2016.

Résumé de Dragon’s Crown chez Kurokawa

Résumé de l’éditeur :

Le « Dragon’s Crown » est une relique légendaire qui apportera la richesse et la gloire à celui qui l’obtiendra. Pour la récupérer et éviter qu’elle soit utilisée à des fins maléfiques, six valeureux aventuriers devront faire face aux plus terribles épreuves dans des labyrinthes peuplés de créatures fantastiques !

Un groupe hétéroclite d’aventuriers

Kurokawa a édité en un seul tome les deux volumes de la version japonaise. Ce Dragon’s Crown est l’adaptation en manga du jeu vidéo éponyme. Et clairement, pour apprécier ce titre il faut probablement connaître l’univers. Car sans cela la déception sera de mise.

L’histoire est très typée heroïc-fantasy façon Donjons&Dragons, où l’on suit les aventures d’un groupe de guerriers, très hétéroclite et complètement clichés, à savoir : une Amazone, une Elfe, un magicien, un nain, un guerrier, et une sorcière. La constitution du groupe reprend donc les grands classique du genre, avec les grandes « classes » de personnages représentées. Au départ, ils effectuent diverses quêtes pour finalement dégager un fil rouge à savoir sauver Hydeland d’une machination en récupérant la Dragon’s Crown.
Pour cela le groupe sera régulièrement aidé de personnages secondaires comme Rannie, Lucain, Morgane, un nonne guerrière…

Nous sommes donc dans un univers d’héroïc fantasy assez classique et qui en suit la plupart des règles, mais avec cette dimension très jeux vidéo. Je pense notamment au bestiaire type squelettes, gobelins, monstres et magiciens et tout genre. Ce qui m’a fait pensé à du Diablo par exemple ou encore du Baldur’s Gate. Cette comparaison vient beaucoup de la dimension jeu vidéo très présente dans ce manga. L’équipe se voit confier des quêtes, rencontre des personnages secondaires, explore des donjons et affronte des boss. Surtout que pour chaque mission 4 membres dans les 6 sont sélectionnés. Tout l’univers respire le jeu vidéo RPC ou action-aventure voir beat’em all. Mais cet aspect se retrouve même dans la construction des histoires, notamment dans la narration. Les missions sont expliquées avec le vocabulaire et le style propre à ce type de jeu ; la découverte d’un indice/ artefact entraîne une petite séquence introduisant la prochaine quête. Le tout donne l’impression de passages épisodiques, comme des chapitres ou niveaux d’un jeu vidéo.

On sent la volonté de reprendre les codes et la narration des jeux vidéo sur un médium différent. Cet hommage, cette volonté probable de coller au matériel de base est pour moi un échec. Si le lecteur est néophyte, et c’est mon cas, la lecture est laborieuse, poussive et pas franchement passionnante. Tout est expédié ! Le monde est à peine esquissé. On sait qu’il y a un pays, des menaces, mais rien de plus. Les aventures se cantonnent à une exploration de donjons pour une quête lambda qui n’intéresse pas le lecteur. Surtout que l’apparition d’un minimum de fil rouge est horriblement longue à venir. Pendant plusieurs et interminables dizaines de pages, on enchaînent les missions sans liant apparent, sans enjeux, sans souffle épique.

Surtout que ces quêtes ne sont pas rattrapées par des personnages qui valent le détour. Leur caaractérisation ne va pas plus loin que leur classe. Pour preuve, ils n’ont pas de nom. c’est juste l’Amazone, l’Elfe et autre. Les interactions sont réduites au strict minimum, et on ne sent pas d’esprit de groupe. Les liens ne se tissent pas ou peu, et aucun n’a un background intéressant (à peine quelques éléments présentés). On ne sait rien d’eux, de leur passé, de leur motivation, ou tellement peu !
Même la formation de ce groupe est expédiée en 2 pages.

De plus, ce shônen souffre d’ellipses horribles rendant parfois la lecture incompréhensible. Clairement le mangaka ne maîtrise pas l’art de l’ellipse. Ici, on passe d’une case à une autre, sans forcément comprendre ce qui s’est passé entre. Il n’est pas rare de voir un coup porté sur une case puis sur l’autre on se retrouve dans une autre pièce. D’ordinaire, les ellipses sont insérées entre deux pages, pas entre deux cases. Le rythme est donc saccadé et c’est clairement désagréable à suivre. Surtout que l’action n’est pas folichonne et comme l’enjeu est proche du néant, j’ai eu énormément de mal à finir ce manga. En plus, l’action est confuse, brouillonne et manque cruellement d’impact. En deux temps, trois mouvements ils passent de l’entrée du donjon à l’item recherché.

Et pour finir de m’achever ce Dragon’s Crown joue beaucoup trop la carte du fanservice. Entre la sorcière à la poitrine plus qu’opulente, l’amazone et son bikini minuscule, et les plans axés sur les courbes des demoiselles, on frôle l’overdose. Surtout que c’est pas du tout justifié.

Graphiquement, le style de Yuztan n’est pas inintéressant. Son style est assez expressif, original et avec un certain style. Il essaie également de proposer des découpages et choix d’angles novateurs, mais sans que ce soit toujours un grand succès. Par contre, les nombreuses ellipses, un découpage hasardeux, quelques problèmes de proportions et surtout des scènes confuses viennent noircir son travail.

Pour conclure, la lecture de Dragon’s Crown de Yuztan et Atlus a été très laborieuse pour moi. Je me suis forcé à le finir pour pouvoir en faire une chronique constructive. J’ai trouvé le tout bien trop vite expédié, sans fil conducteur, trop caricatural, sans intérêt, sans souffle épique et surtout une narration anarchique ! On ne comprend pas tout ce qui se passé, tout est survolé, avec parfois des ellipses malvenues. Si on rajoute à ça un fanservice dispensable et des personnages creux, il n’y a pas grand chose à sauver de ce titre. Je suppose que cela vient en grande partie de mon manque de connaissance du jeu de base. Toujours est-il que pour un néophyte, finir le titre est un exploit ! Digne d’une quête annexe !

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Me trouvez-vous trop dur avec ce titre ?

3 commentaires »

  1. Bagooor 14/09/2016 at 08:51 -

    J’avais faillit tenter de lire Dragon’s Crown, mais après l’avoir feuilleté et lu queqlues avis j’ai renoncé.
    J’ai passé des dizaines d’heures sur le jeu et on y retrouve pas la même ambiance et le cachet de la version vidéoludique. Pourtant, l’univers est très intéressant et original.

    Dommage d’être passé à côté pour la version manga, qui a mon avis, a été forcé d’être expéditive. C’est bien dommage

  2. Kameyoko 16/09/2016 at 15:54 -

    @Bagooor : Pour être expéditif ça l’est. pour moi c’est pas adapté au médium. Mais peut-être qu’en connaissant l’univers c’est mieux.

    mais perso, ça a été trs long à finir !

  3. Freelance SEO 19/09/2016 at 14:33 -

    D’accord avec Bagoor!

    Univers intéressant mais dommage pour la version manga! =)

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