. DMZ – Tome 12 et 13 de Brian Wood et Riccardo Burchielli | Fant'asie
Del Poyo 25/06/2013 1
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  • Graphisme

DMZ – Tome 12 et 13 de Brian Wood et Riccardo Burchielli

La fin d’une guerre ?

Brian Wood signe, avec ces deux derniers tomes, la fin de sa série unanimement acclamée. Après son sublime tome 11 qui était un focus sur la vie de personnes dans l’enfer de la DMZ, ces deux tomes se concentrent à nouveau sur le parcours de Matty Roth, le jeune journaliste, protagoniste principal de la série. Ainsi, ces deux tomes vont marquer la fin d’une série déjà culte. L’issue de la guerre sera-t-elle scellée ou l’avenir restera-t-il incertain ? Happy end ou guerre totale ? Brian Wood nous a entraîné dans cette guerre, et Roth a été le guide du lecteur à chaque tome. Je dois avouer que l’attente de cette conclusion est assez angoissante pour moi…

DMZ – Tome 12 : Le Soulèvement des Etats Libres ainsi que DMZ – Tome 13 : Les Cinq Nations de New York de Brian Wood et Riccardo Burchielli, édités par Urban Comics, sont disponibles en librairies depuis le 25 janvier 2013 et le 24 mai 2013 respectivement.

Résumé de DMZ – Tome 12 et 13 par Urban Comics

Résumé de DMZ – Tome 12 : Le Soulèvement des Etats Libres

Alors que la guerre semble toucher à sa fin, Matty Roth obtient une dernière opportunité d’enquêter au coeur de la DMZ en tant qu’observateur objectif. Pour cela, il obtient carte blanche et compte bien racheter les conséquences désastreuses de ses agissements. Au cours de sa quête, il finit par découvrir la vérité derrière la « disparition » de Parco Delgado, juste avant de faire un choix crucial pour rétablir la paix.

Résumé de DMZ – Tome 13 : Les Cinq Nations de New York

Alors que New York entame sa guérison, la réalité politique du terrain ne tarde pas à remettre du plomb dans la tête de ses habitants. Matty observe une foule autrefois inaudible retrouver la parole, mais qu’adviendra-t-il de cet élan populaire ? Manhattan sombrera-t-elle dans le chaos et l’anarchie ou la somme des volontés individuelles permettra-t-elle l’émergence d’une nouvelle nation new-yorkaise ?

Une conclusion magistrale

Pour replacer le contexte de la série, je vous invite à consulter la critique concernant le Tome 11 de la saga sur Fant’Asie. Mais pour résumer en quelques mots, la guerre civile fait rage aux Etats-Unis. Les Etats Libres d’Amériques, des factions de l’armée américaine, se sont rebellés contre le gouvernement. Manhattan est devenu une zone tampon entre les USA et les Etats Libres. L’île est isolée du reste du monde et l’anarchie règne sur place. Un jeune journaliste, Matty Roth, va devenir le porte-parole des habitants de la DMZ, la zone démilitarisée. Manhattan. En ruine. Beaucoup de choses se sont déroulées au cours de la série, et je voudrais éviter de spoiler. Brian Wood, créateur de DMZ, alterne son récit entre intrigues politiques, scenarii de commandos et de combats armés, et surtout regards intimes sur la vie et le quotidien des habitants, pris entre deux feus, un reflet de la réalité. Touchante et prenante, l’histoire de DMZ est une véritable bombe qui vous éclate au visage !

L’aventure de Matty Roth avait été mise en veille au tome 10. Suite au fiasco du gouvernement Delgado et au scandale de la bombe atomique, Matty Roth s’est retrouvé seul, isolé et accusé de tous. Alors que le tome 10 raconte ses mois de errances et de réflexions, il s’achève sur un Roth confiant et près à reprendre du service en tant que journaliste officiel dans la DMZ.

Le tome 12 reprend ainsi là où s’était arrêté le tome 10. Il s’agit un peu d’un tome transitoire, un tome hybride. Les deux premiers chapitres dévoilent l’histoire d’un des dirigeants des Etats Libres et comment il a vécu le début de la guerre. Retour ainsi sur un personnage clef de DMZ. Pour conclure ce tome, Brian Wood revient sur le personnage de Zee, lui consacrant un chapitre pour elle seule. Encadré par ces visions intimes de certains personnages, Matty Roth poursuit son aventure dans un récit préliminaire qui annonce, pour sûr, la fin de la série. Je suis alors obligé de sortir l’info : oui, la guerre va prendre fin ! Mais Matty Roth détient une information primordiale qui pourrait bien inverser la tendance… Beaucoup de révélations vont être faites dans ce volume. Et un dilemme va s’imposer à Roth : la vérité ou la paix. Son choix n’est pas définitif, et la tension est nettement palpable pour le tome à suivre.

Ainsi le tome 13 de DMZ est bel et bien le dernier. Après l’introduction du tome précédent, Brian Wood n’a pas eut peur de surprendre encore. L’armistice est officiellement signé entre les Etats-Unis et les Etats Libres, mais Manhattan réclame son indépendance. Ses indépendances. Un vent indépendantiste souffle sur la ville et cinq quartiers se désignent comme cinq états américains. Rien n’est fait, la paix est fragile et la guerre menace d’éclater à nouveau à chaque coin de rue. Alors qu’une limousine noire, fourrée de gorilles en costume noir, s’arrête devant chez Matty pour l’arrêter, il demande deux semaines pour mener à bien un projet. Quel projet, pourquoi une arrestation, tout cela reste un mystère. Roth traverse alors la ville à la rencontre des cinq nations, comme un dernier tour afin le lever de rideau. Brian Wood peint alors pour la première fois une DMZ en paix et en proie au doute. Je ne vous dévoilerai rien sur la suite des évènements, mais l’auteur boucle sa saga d’une manière magistrale. La paix a un prix.

Rapidement un petit mot sur le graphisme. Riccardo Burchielli est assez inconstant, malheureusement. J’aime bien son dessin qui renvoie à une certaine réalité, malgré son problème évident pour dessiner les yeux de ses personnages ! L’astuce revient à souvent mettre les visages dans l’ombre, ce qui apporte un ton dramatique tout à fait approprié. On ne peut cependant pas nier son incroyable talent à dessiner la ville, les scènes d’action et les plans larges ! Le graphisme sur ces deux tomes est très homogène, et le dessin sombre et dramatique accompagne à merveille le récit.

En conclusion, Brian Wood signe là une saga en 13 tomes d’une qualité à couper le souffle. Près de 10 ans se sont écoulés depuis que Matty Roth est arrivé dans la DMZ. Le lecteur a grandi avec le héros, découvert la DMZ avec lui, et au final, on est entraîné jusqu’au bout. On finit par aimer la ville autant que le héros et à la détester en même temps, lieu d’horreur et de massacre. Au cours de ces 13 tomes, le gouvernement des USA, Trustwell, les Etats Libres, le gouvernement Delgado, Matty Roth lui-même, personne n’est innocent, si ce n’est les habitants de la DMZ. La DMZ. Acronyme du terme anglais Demilitarized Zone, pour reprendre les mots à la fin du tome 13. La définition de ce qu’est une DMZ y est, pour la première fois, détaillée, comme si, maintenant que la série est finie, après 13 tomes, il était encore besoin d’en parler. La réalité d’une DMZ surpasse largement le simplisme d’une vulgaire définition. Comme pour nous dire : vous pensiez avoir compris ce qu’était la DMZ ? Et bien voilà comment on la définit, en dehors. Et ainsi de nous projeter hors des frontières de la DMZ du comics.

Et vous, avez-vous suivi DMZ jusqu’au bout ? Qu’avez vous pensé de la conclusion de la saga ?

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