. DMZ – tome 11 de Brian Wood | Fant'asie
Kameyoko 02/10/2012 1
DMZ – tome 11 de Brian Wood
  • Scénario
  • Graphisme

DMZ - tome 11 de Brian Wood

DMZ – tome 11 : Châtiment collectif de Brian Wood, A. Mutti, N. Fox, C. Chiang, D. Zezelj et D. Lapham

Une chronique un peu spéciale

Aujourd’hui, cette critique du comic DMZ est un peu spéciale. Non pas dans la forme, mais de par son rédacteur. En effet, bien que cela affiche mon pseudo comme auteur, ce n’est pas moi qui l’ai faite.

Et pour cause, Fant’Asie accueille un nouveau rédacteur, en la personne de Del Poyo. Ce dernier, passionné de comics en tout genre, s’est proposé pour venir nous rejoindre. Cet article est donc sa première critique, celle qui doit lui permettre de voir s’il veut continuer ou pas. Et à la vue de cet article, vous conviendrez qu’il serait dommage de s’arrêter là.

Donc, n’hésitez pas à commenter et dire nous ce que vous pensez du style de Del Poyo.

 

Place à sa chronique !

Guerre Civile à Manhattan

DMZ, la création de Brian Wood, est apparue en France pour la première fois en mai 2007 chez Panini Comics. Depuis lors, Urban Comics a repris le flambeau à partir du tome 10, sorti en mai 2012, et réédite en format cartonné les premiers volumes de la série DMZ. Ainsi, le DMZ – tome 11 : Châtiment collectif de Brian Wood est disponible depuis le 14 Septembre 2012.

Cette série raconte les aventures d’un jeune journaliste, Matty Roth, qui doit survivre, dans un futur proche, au cœur de la seconde guerre civile américaine. D’un côté : les Etats-Unis d’Amérique. De l’autre : les Etats Libres, groupe armé américain s’opposant au pouvoir politique des USA. Au milieu : la Zone Démilitarisée, la DMZ, l’île de Manhattan. Ceux qui n’ont pas pu fuir la guerre sont maintenant enfermés sur l’île, les accès sont coupés, les habitants de Manhattan livrés à eux-mêmes.

Si vous ne connaissez pas encore cette série, Urban Comics réédite les premiers tomes (tomes 3 et 4 disponibles depuis Septembre 2012), une occasion en or pour les néophytes qui désireraient s’attaquer à la série…

Résumé de DMZ 11 chez Urban Comics

« Cinq récits, cinq héros, cinq parcours, cinq regards, cinq voix, sur la vie dans la DMZ durant les bombardements intensifs de l’armée. Matty offre la possibilité aux habitants de téléphoner hors de New York : mais quelles raisons le poussent à transgresser les règles et leur donner cet accès à la communication ? »

La série phare de Brian Wood

Brian Wood nous plonge dans un décor apocalyptique que l’on découvre en même temps que le héros, Matty Roth, projeté contre son gré dans la dure réalité de la DMZ. Il décide alors d’être le témoin de la vie des gens sur place. Mais la guerre change la ville et change les gens. Le chemin que va suivre Matty le mettra face à des choix, choix qui pourront bouleverser la vie des habitants de la DMZ.

DMZ est une série qui s’intéresse à un homme, un journaliste, et à travers sa vision de la DMZ, on découvre les gens des rues, ceux qui survivent dans un enfer au quotidien. Il s’agit d’un véritable témoignage sur la vie en zone de guerre. Même si beaucoup de tomes racontent les jeux politiques dans lesquels se retrouvent impliqués le héros, il s’agit là d’un regard critique sur les ficelles de la guerre et du pouvoir.

Brian Wood jongle tout au long de la série entre le fil conducteur des intrigues politiques et les épisodes « loupes » qui nous font découvrir parfois des inconnus, parfois des personnages principaux, dans leur quotidien. Au-delà de cet aspect « politique » de la série, qui est très réaliste, on se rend compte que DMZ est une série qui valorise avant tout les individus.

Ce tome 11 – Châtiment collectif est justement de ceux que l’on aime lire. Une pause dans cette parodie politique. Un regard sur les gens de la rue. Cinq histoires. De belles histoires, de tristes histoires, mais un plongeon dans la réalité de la guerre. Comment les gens arrivent-ils à vivre alors que les bombes sont lâchées sur la ville ?

Comme à son habitude sur ce genre de tome, Brian Wood a fait appel à cinq différents artistes pour raconter ses courtes histoires. Le changement dans le dessin n’est pas dérangeant et apporte même quelque chose de plus, car chaque artiste raconte une histoire différente, à sa manière, avec son pinceau.

Ce nouveau chapitre de DMZ reste fidèle à la série, on retrouve le dynamisme narratif de Wood, et les dessins ne perdent pas en qualité, alternant images chocs et instants de calme, peinture pétrifiée. Le feu de l’action qui s’oppose aux longs moments de doute avec soi-même. La combinaison est parfaite, un dessin au service de la narration.

Chacune des cinq histoires racontées dans ce tome 11 – Châtiment collectif plonge dans la tête des protagonistes : un agent de guerre, Wilson de China Town, l’ancienne de Trustwell Amina, l’artiste Decade Later et, bien entendu, Matty Roth. Ils vont tous se retrouver confrontés aux conséquences de leurs actes et réaliser ce que la guerre à fait d’eux. Après cette nuit de bombardement, comme chaque personne de la DMZ, ceux-là ne seront plus les mêmes au petit matin.

En conclusion, ce volume 11 est vraiment une réussite, tant sur la qualité scénaristique que sur la qualité des dessins. Malgré un tome « témoignage » comme on en a l’habitude, celui-ci a le mérite de faire progresser non seulement les personnages mais aussi l’intrigue de la guerre. En délocalisant le récit du bombardement dans l’intimité des personnages, Brian Wood réussit un tour de maître et nous livre, à mon goût, l’un des volumes les plus aboutis.
Dynamisme, intimité, réalisme, voilà une recette qui marche. Le fil de l’histoire suit son cours, on attend avec impatience la suite !

DMZ ne perd pas de sa dimension humaine sans en oublier le fond, à savoir, la guerre. Une série à débuter si vous ne l’avez pas encore découvert, et un tome 11 à lire d’urgence. La tension monte, le dénouement arrive. Une série certainement prévu en 13 volumes en France.

Et vous, qu’avez-vous pensé de Châtiment collectif ? S’agit-il d’un des meilleurs tomes de la série ? Ou y a-t-il une baisse de qualité depuis les premiers volumes ?

Un commentaire »

  1. Torospatillo 03/10/2012 at 10:42 -

    Bien venu Del Poyo !

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