. Devil's Line – tomes 1 et 2 de Ryo Hanada | Fant'asie
Kameyoko 13/01/2016 0
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  • Graphisme

Devil's Line - tome 1

 

Devil’s Line – tomes 1 et 2 de Ryô Hanada

Encore du vampire !

Un nouveau seinen rejoint la collection Big Kana de l’éditeur. Au programme, un manga axé autour des vampires et de leur capacité à côtoyer les humains.
Reste à voir comment l’auteur va se sortir de la thématique difficile, archi-exploitée des vampires.

Devil’s Line – tomes 1 et 2 de Ryô Hanada sont édités par Kana et sont disponibles à la vente simultanément depuis le 16 octobre 2015.

Résumé de Devil’s Line 1 et 2 chez Kana

Résumé de l’éditeur :

La société des hommes n’est pas celle que l’on croit. Sans le savoir, elle abrite une population de vampires qui côtoient les humains tout en dissimulant leur vraie nature. C’est ainsi que Tsukasa, étudiante à la vie tranquille, va en faire l’âpre découverte. Sauvée de justesse par un homme nommé Anzai, elle comprend que ce dernier n’est autre qu’un membre d’une brigade spéciale, chargée de neutraliser les vampires ayant franchi l’interdit : boire du sang humain.
Au contact de la moindre goutte, ces créatures deviennent des monstres incontrôlables, animées par une rage folle… que le jeune Anzai, être hybride, a de plus en plus de mal à maîtriser.
Une irrésistible attirance naît entre Tsukasa et Anzai, dont la soif de sang ne cesse de s’accroître en sa présence… Vampire et humain, prédateur et proie…

Thriller, et romance vampirique

Devil’s Line a pour sujet principal les vampires. Avec le raz-de-marée de vampires que nous avons vu déferler dans le paysage culturel ces dernières années, difficile d’être enthousiasmé pour ma part. C’est un sujet qui a été abordé en long, en large et en travers.

Si on rajoute à ça une romance avec une humaine, on peut craindre de tomber sur un Twilight en manga. Mais rassurez-vous c’est beaucoup moins cucul, crétin et mormon que l’oeuvre de Stephanie Meyer (enfin, je n’ai vu que les daubes de films). Ryô Hanada arrive à proposer quelque chose de plus maîtrisé, avec une meilleure ambiance et plus d’enjeu que Twilight. Mais on va arrêter la comparaison, au risque de vous donner une fausse image de ce Devil’s Line.

devils-line-tome-2L’histoire est celle d’Anzai, un vampire (enfin à moitié vampire) qui officie dans une unité anti-vampire. Un jour il sauve la jeune fille Tsukasa des mains d’un de ces êtres assoiffés de sang. Petit à petit une étrange relation, presque romance, va se nouer entre les deux. Mais difficile d’avoir une histoire sentimentale quand on est un vampire, et quand la moindre goutte de sang peut lui faire perdre la raison.

Cette thématique de la romance vampire-humaine est assez classique. Mais ici, il y a un certain travail de développement des personnages, notamment d’Anzai. On sent un personnage tourmenté, presque dégouté par sa nature mais qui ressent une irrésistible attirance pour Tsukasa. Mais au-delà de ça, le personnage a un passé fort, qu’on entrevoit via des flashback, et qui explique beaucoup de choses sur lui.

J’ai trouvé leur relation intéressante, notamment car elle s’articule beaucoup autour de l’attirance presque incontrolable, mâtinée de danger. Mais j’ai trouvé que le mangaka la construisait un peu rapidement avec quelques maladresses, malgré des bonnes idées.

Mais heureusement, l’auteur ne fait pas de cette relation l’unique atout de son titre. Devil’s Line a plusieurs cordes à son arc. Ainsi, il y a toute une dimension d’enquête, avec le département d’Anzai traquant les vampires. On y découvre d’ailleurs quelques collègues à la personnalité forte. Et on sent que Hanada place discrètement les bases du futur de son titre. Il y a aussi de l’action, où les vampires pourront faire étalage de leur « pouvoirs ». Cela sera surtout visible dans le tome 2 où un groupe sème le chaos dans la ville pour des raisons obscures qui seront dévoilées au fur et à mesure.

Si le premier tome prenait le temps de poser son intrigue et surtout de construire la relation entre Anzai et Tsukasa, la suite est plus rythmée et moins centrée sur ça. Ainsi, un nouveau protagoniste, au fort charisme, fait son irruption : Hans. De suite, on sent que ce personnage va être central pour les deux personnages. D’une part parce qu’il va permettre à Anzai de mieux appréhender sa condition de vampire et pour Tsukasa parce qu’il se rapproche d’elle. Est-ce qu’on va avoir le droit à un triangle amoureux ? Ou alors va-t-il permettre au couple de vivre leur idylle ?

Bref, on sent qu’il sera important et les évènements à venir vont le confirmer. En plus, son côté marginal, son charadesign et ses connaissances en font un personnage attrayant et charismatique. Presque plus qu’Anzai.

La deuxième partie du 2ème volet est plus axée sur l’action et fait déjà intervenir une organisation aux desseins mystérieux, capable de mener une opération d’envergure et de provoquer un bain de sang. Mais là aussi, le tout arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, même si ce nouvel arc semble prometteur. Mais cette partie a l’énorme avantage de nuancer le propos et de sortir du simple schéma ; vampire = méchant, humains = gentille victime. C’est moins manichéen et ça n’en est que plus intéressant.

Graphiquement, le trait de Ryô Hanada est plutôt correct mais trop inégal. S’il réalise parfois des planches bien découpées, avec cette fausse impression de brouillon, pour d’autres c’est moins le cas. Notamment il y a quelques souci de proportions dans les corps et de finesse sur certains points. D’autant plus que certains cases font un peu vides. En revanche, les personnages sont bien expressif et le découpage colle bien à l’esprit du manga. Ce qui donne l’impression d’être parfois dans du shôjô/ josei.

Pour conclure, Devil’s Line – tomes 1 et 2 de Ryo Hanada aborde plusieurs thèmes, plusieurs orientations de récit pour finalement proposer quelque chose d’intriguant et facile à lire. La relation entre Anzai et Tsukasa n’est pas inintéressante, surtout qu’elle se fait dans une ambiance un peu noire, mais elle se fortifie un peu trop rapidement. De plus, Tsukasa a parfois des comportements et réactions un peu faciles et naïves.

Mais ce seinen a un certain potentiel qui s’entrevoit, surtout dans la dernière partie du tome 2. Il ne propose rien de révolutionnaire au style vampirique, mais l’histoire accroche bien néanmoins, et on a envie de donner sa chance à ce manga.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Accrochez-vous à la relation semi-vampire/ humaine décrite ici ?

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