. Detroit Metal City – tome 1 par Kiminori Wakasugi | Fant'asie
Bagooor 19/04/2010 2

Detroit Metal City – tome 1 par Kiminori Wakasugi

Un manga parodique complètement déjanté

Edité au Japon depuis 2005, Detroit Metal City est réalisé par Kiminori Wakasagi, pour le magasine de prépublication Hakusensha.
La série compte actuellement 9 volumes et devrait se conclure en 10 volumes.
En France, la série est éditée par le tout jeune éditeur 12Bis, qui propose là une série tordante et résolument pas comme les autres.

Un humour noir, une grande dose de quiproquo, arrosé de Death Metal, et vous avez entre les mains une série avec un grand potentiel, qui gagnerai à être connu de tous.
Le traitement des gags est très particulier, ce n’est pas très fin, mais cela passe toujours très bien.

Résumé du tome 1

Soichi Negishi est âgé de 23 ans et va à la fac. Originaire de la campagne, il a souhaité venir vivre à Tokyo pour aller à la fac et y réaliser son plus grand rêve : monter son propre groupe de musique Pop !
Timide et grand rêveur, il est passionné de pop suédoise, et plus particulièrement de Kahimi Karie, son idole (dont il possède tous les albums). Plutôt doué à la guitare, il joue certains soirs dans un parc de Tokyo des textes de son invention. L’amour et le gout des fruits sont des thèmes qui reviennent souvent dans ses textes, d’une profondeur et d’une niaiserie sans égale…

Mais malheureusement, Soichi ne trouve pas le succès. Mais il va pouvoir jouer de la guitare dans ce groupe de Metal qu’il a pu rejoindre : Detroit Metal City (DMC).
Quand il joue pour DMC, Soichi se transforme complètement et devient Johannes Krauser II, le démon de l’enfer, fils de Satan, auteur du meurtre et du viol de ses propres parents et de nombreuses autres victimes (pur fiction bien évidemment) ! Un personnage aux antipodes du caractère de Soichi.
Mais il se laissera prendre au jeu, développant une certaine schizophrénie lorsqu’il porte le costume de Krauser.

Le groupe de DMC, composé de Krauser à la guitare, Jagi à la basse et Camus à la batterie, possède un bon groupe de fan, adulant Krauser comme un Dieu, et propageant d’extravagantes rumeurs à son sujet.

Au travers de ses différentes histoires, on découvrira l’extraordinaire vie de Soichi, véritable aimant à quiproquo et dérives en tout genre. Beaucoup d’interactions auront lieux avec la mère de Soichi, franche campagnarde, et Yuri Aikawa, une amie de Soichi (dont celui ci est secrètement amoureux), rédactrice pour un magasine de musique.

Un humour gras rarement vu dans un manga

Ce premier volume de DMC se compose de 12 chapitres, plus ou moins indépendants les uns des autres. La trame générale est la même tout le long du manga, mais chaque chapitre aborde une situation différente.

Le manga commence très fort, avec dès la première page, l’interprétation par le groupe du titre « Homicide« , racontant le meurtre et le viol des parents de Krauser II. Une entrée en matière qui pose les bases de ce qui caractérisera le manga : un vocabulaire cru, des scènes insolites, des gags et des quiproquos en pagailles, et beaucoup de culpabilisations de Soichi, lorsqu’il se rend compte de ce qu’il fait sous le costume de Krauser.
L’ambiance très décalée et complètement barrée du manga en font une lecture très rafraichissante. Les gags et les situations marrantes pleuvent sur notre héros, qui se retrouvent toujours dans des situations improbables. Lorsqu’il se sent menacé, dans l’incapacité de s’en sortir, il laisse ressurgir la fureur de Krauser II, dans des scènes anthologiques.

Chaque histoire arrive à nous tirer, au minimum, un sourire, en proposant toujours des situations plus coquasses les unes que les autres. Soichi nous surprend toujours lorsqu’il porte le costume de Krauser, et se laisse emporter par les rumeurs des fans, et de la présidente de Death Record, le label de DMC. Cela va dans l’extrême, et c’est toujours marrant de constater l’improbable croyance qui nait autour du guitariste, allant jusqu’à faire croire aux fans qu’un crachat du démon de l’enfer porte bonheur (et ça doit bien être le plus soft) !!!

Le dessin, il faut l’avouer, est très spécial… Au premier abord, on pourrait même le caractériser de moche. Mais on s’y habitue, et je trouve qu’au final, cela donne tout son charme au manga. Les costumes ridicules, les maquillages ainsi que les visages très particuliers immergent complètement le lecteur dans cet environnement de Death Metal. Le style graphique de Kiminori Wakasagi, très enfantin, voir débutant, facilite la lisibilité et la perception des moindres détails. Car l’oeuvre fourmille de petits clins d’oeil et de remarques en second plan.

A la fin de chaque chapitre, nous avons droit à une définition du « Dictionnaire DMC« . Cela permet d’en savoir plus sur une expression issue du chapitre précédent, et la définition est accompagnée d’un exemple d’utilisation. On apprend ainsi que l’expression « No thank you ! » est utilisé pour refuser poliment une sodomie, sans froisser son interlocuteur… Tout en finesse.

L’édition est très classique, sans être extraordinaire, mais le travail réalisé sur les textes est vraiment énorme. Car les éditions 12Bis ont conservé le ton provocateur et hors limite de la série, en proposant ainsi un manga ne se cachant pas derrière une censure. Après, je n’ai pas fait de comparaison avec l’édition japonaise, donc c’est difficile de juger, mais ça me parait audacieux de proposer un manga avec un tel vocabulaire et autant de provocation (du moins dans ce style là).
Le langage utilisé ne conviendra pas à tout le monde, comme les plus jeunes. Les références au sexe et à la mort ne sont pas à la portée de tous.

A noter qu’une bonne idée de la part de l’éditeur était de vendre le premier volume de DMC avec un badge à l’effigie du groupe de Métal. Mais je pense que cette opération aurait du être réalisée plus tard (lors de la sortie du second tome par exemple), car cette opération s’est accompagnée d’une mise sous plastique des tomes : il devient donc difficile pour les nouveaux lecteurs de se faire une idée sur le manga, car celui ci ne peut pas être feuilleté (limitant l’achat impulsif). Avec la sortie des tomes suivants c’est devenu moins vrai, mais il s’agissait tout de même d’un pari de la part de l’éditeur, surtout au niveau des dessins.

En conclusion, DMC est une vraie surprise, un O.V.N.I parmi le flot de mangas formatés des grosses productions. L’ambiance particulière du manga fait sa force, et l’humour spécial ne conviendra certes pas à tout le monde, mais saura se trouver un public.

L’humour très primaire de ce manga fonctionne pour le moment très bien sur moi, en espérant que l’auteur arrive très rapidement à se renouveller, car cela peut très vite devenir lourd.
Si vous souhaitez vous faire une idée sur les dessins et le type d’humour de ce manga, voici un aperçu.

Partagez-vous mon enthousiasme pour cette série ? Qu’en avez-vous pensez ?

2 commentaires »

  1. Serafina 19/04/2010 at 11:35 -

    GO TO DMC GO TO DMC <3.

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