. Demain les chiens de Clifford D. Simak. | Fant'asie
Torospatillo 19/05/2011 2

[Livre SF] Demain les chiens de Clifford D. Simak

Demain les chiens de Clifford D. Simak.

Un classique de la science-fiction.

Pour la critique du jour, je m’attaque à ce qui semble être un classique de la SF, même si personnellement je n’en avais jamais entendu parlé avant qu’on ne me l’offre…

Il s’agit en réalité d’un recueil de nouvelles, lesquelles ont été publiées initialement entre 1944 et 1951 dans un magazine américain « Astounding Science Fiction », avant d’être réunies sous le nom de « City » en Anglais et « Demain les Chiens » chez nous, titre bien plus vendeur à mon sens (« City » étant en réalité le nom de la première nouvelle publiée).

Toutefois dans sa version roman les nouvelles sont « liées » entre elles par les commentaires d’éminents philosophes de la race canine (oui vous avez bien lu), lesquels remettent en cause ou défendent la réalité et la portée des textes qui nous sont présentés.

Demain les chiens aurait reçu le prix de « l’International Fantasy Award » en 1953.

Enfin, il semble que cet ouvrage soit l’un des deux titres les plus vendus en France dans la catégorie SF (j’imagine qu’il faut remercier certains professeurs qui ont l’intelligence de faire lire de la SF à leurs élèves).

Hier les Hommes.

Le postulat de ce livre est que les hommes ont disparu de la terre et au surplus leur existence est contestée par les plus réputés des scientifiques et philosophes de la race canine.

Aussi, il nous sera présenté huit histoires qui sont depuis longtemps contés aux jeunes chiots le soir au bord du feu à travers desquelles l’histoire de l’homme nous sera contée.

Avant chacune de ces histoires, le point de vue des spécialistes canins nous est donné afin de nous aider à comprendre la portée de ces dernières.

Dès la fin des années 1980 les humains ont quitté les cités pour s’installer à la campagne, les moyens de transport (hélicoptère personnel atomique), les moyens de communication et la robotique ne justifiant plus aucunement que les humains s’entassent dans des villes sans âmes.

C’est ce qui nous est conté dans la première nouvelle intitulée « la Cité » où l’on rencontrera pour la première fois un Webster, John de son prénom.

Nous suivrons par la suite, sur une longue période (plusieurs milliers d’années) différents membres de cette famille Webster jusqu’à la disparition de l’humanité.

Alors que l’homme voyage à travers les étoiles, qu’il s’est installé sur Mars et s’est lié d’amitié avec les martiens, Thomas Webster, chirurgien réputé, décide de procéder à une opération permettant de donner la parole aux chiens, afin que ces derniers puissent apporter leur point de vue et réfléchir différemment sur le futur de l’humanité.

Un étrange personnage fait son apparition : Joe, qui s’avère être un mutant doué d’une intelligence supérieure ainsi que d’une espérance de vie formidable, mais qui semble peu enclin à aider les humains.

Plusieurs éléments viendront se mettre en place pour aboutir, à ce que l’on sait inéluctable depuis le début, la disparition de l’humanité….

Une compilation d’idées.

Je parle volontairement de roman et non plus de nouvelles, dès lors que finalement c’est une seule et même histoire qui nous est contée à travers les différents textes proposés, à savoir la disparition de l’humanité et la mise en place de la culture canine.

Ce roman regorge d’idées pertinentes quant à l’évolution de l’humanité, mais cette profusion d’idées se fait un peu au détriment de l’histoire ou plutôt des histoires.

Je m’explique, si l’Histoire, celle de la disparition de l’humanité est bien présente et repose sur des idées intéressantes, les sous intrigues propres à chacune des nouvelles sont peu développées et rapidement expédiées…

Si l’histoire est à première vu comparable à celle de « La Planète des Singes » de Pierre Boulle, elle est en réalité toute différente.

Ici pas de lutte entre les espèces, les humains ont disparu de leurs propres faits, laissant ainsi les chiens esseulés sur terre, alors que ces derniers considéraient les hommes comme des quasi-dieux leur ayant donné la parole et offert les robots leur permettant de palier à ce que leurs pattes les empêchent de réaliser.

Simak est semble t-il un profond humaniste mais doute fortement de l’homme et de son évolution, pour lui la violence est inhérente à la condition humaine.

Dans son ouvrage les chiens doivent s’écarter de la route tracée par l’homme pour ne pas être contaminés par cette violence et vivre leur propre existence (jusqu’à aboutir à une espèce de culture hippy canine… bon, j’exagère peut-être un peu, mais ça reste quand même des gros mollassons ces toutous).

Pour ce qui est des éléments de pure science-fiction présents dans ce roman, on y retrouve des voyages dans l’espace, l’installation sur d’autres planètes, le transfert de son esprit dans un corps étranger (d’ailleurs cet ouvrage me semble avoir beaucoup plus influencé James Cameron pour son Avatar que Pocahontas…), des robots, des dimensions parallèles, etc…

Mais, et comme il est fréquent dans les ouvrages de science fiction écrits à cette époque, tout semble vieillot et peu crédible aujourd’hui, et empêche quelque peu l’immersion du lecteur (par exemple le fait de parler de téléviseur à la place d’écran… ou encore l’idée des hélicoptères uni-personnel atomique).

Quant au style de l’auteur, je dirai qu’il est simple d’accès mais que par moment il manque un peu de dynamisme, notamment dans les phases de dialogues où j’ai eu l’impression qu’il répété sans arrêt le nom des personnages pour bien nous les encrer dans la tête ou par peur de perdre son lecteur…

Vous l’aurez certainement compris, je n’ai pas spécialement apprécié cette lecture, même si elle regorge de bonnes idées, le récit en lui même est peu être un peu trop simpliste et vite expédié.

Toutefois je conseille tout de même cet ouvrage, c’est une lecture rapide et simple d’accès, non dépourvue de bonnes idées, et il est toujours intéressant de lire des classiques de la SF écrits il y a plusieurs décennies… à ranger donc à coté du « Meilleur des Mondes » de Huxley dans ma bibliothèque.

Et vous qu’en avez pensez ? Me trouvez vous trop sévère avec cet ouvrage ?

2 commentaires »

  1. Kameyoko 20/05/2011 at 10:53 -

    Critique très sympa.

    C’est clair qu’à premières vues, on ne peut que penser à la Planète des Singes. Tout semble proche, à part le coté « nouvelle ».

    Mais même le discours sous-jacant semble être le même.

    Sauf que mettre des singes, parait plus crédibles que des chiens. Mais à priori, il y a une raison à cela.

    Autant j’aime le coté rétro et en même temps SF du titre, autant ça me fait peur quand même.

    Je ne suis pas sûr de me laisser tenter.

  2. Toros 21/05/2011 at 10:56 -

    La différence principale avec la planète des singes, c’est que pour le coup les humains ont disparus d’eux même et ont laissé la planète aux chiens !

    C’est pas inintéressant à lire, mais j’ai pas eux le coup de coeur….

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