. Delivery – tome 2 par Shiori Teshirogi | Fant'asie
Bagooor 22/05/2010 0

Delivery – tome 2 par Shiori Teshirogi et Tohko Ohta

Une suite sans surprise

Ce second volume aborde toujours le thème de la prostitution, et notamment par des jeunes filles.
Shiori Teshirogi tente de montrer la détresse des femmes travaillant dans ce genre de service, mais le rendu, comme pour le premier volume, est plutôt mitigé.

Le premier tome avait laissé une impression de malaise lors de la lecture des histoires liées au Delivery Health. Shiori Teshirogi y présentait une vision simplifiée de la prostitution au Japon, sans réellement convaincre les lecteurs.

Quand est-il de ce second volume ? Parviendra-t-il à s’imposer auprès des lecteurs ?

Résumé du tome 2

Ce second tome est composé de 3 histoires indépendantes :
Yuiko sors avec Motoki. Ils vivent tous les 2 à Tokyo, après s’être mis leurs parents à dos. En effet, ils étaient contre le fait qu’ils fassent leur vie tous les deux, si jeune. Et c’est difficile pour eux de joindre les 2 bouts pour rembourser les dettes contractées pour le déménagement. Motoki doit chercher un emploi, mais ne montre pas beaucoup de motivation.
Yuiko se tournera donc vers le Delivery Health pour gagner rapidement de grosses sommes d’argents, pour rembourser la dette.
Mais un soir, elle croisera son copain en sortant de chez un client. Il prendra mal le fait que Yuiko se serve de son corps pour gagner de l’argent, et le prendra comme une tromperie de sa part.
Les mauvaises nouvelles n’arrivant jamais seules, elle apprendra par la suite qu’elle est enceinte, mais perdra rapidement son enfant.

Yuu souhaite avoir beaucoup d’argent, pour pouvoir se payer tout ce dont elle rêve, malgré le faible salaire de son père. Elle justifie cette entrée d’argent par un petit job dans une boutique de téléphone. Mais ses parents, et même un de ses clients, souhaitent qu’elle cherche un vrai travail. Car elle ne pourra pas vivre éternellement de l’argent du Delivery.
Mais un jour, elle se retrouvera à l’hôtel avec son père, qui a trouvé une carte du Delivery Health dans ses affaires. Celui ci tentera de lui faire prendre conscience que ce n’est pas avec de l’argent que l’on achète le bonheur, et que les sacs, habits et maquillages ne feront pas son bonheur éternellement.

Toono et Saki sont les meilleures amies. Mais Saki doit déménager lors de son entrée au lycée. Elles garderont cependant le contact grâce au téléphone et aux e-mails, mais Toono commencera à recevoir des messages étranges de son amie, où elle y parle d’insectes dans sa tête, ou de médicaments qu’elle doit prendre.
Inquiète, Toono ira la rejoindre mais découvrira sa meilleure amie changée, suite aux effets de la drogue. Elle fera tout ce qu’elle peut pour lui venir en aide.

Une impression de malaise

Basé sur la même construction que le premier tome, ce second volume de Delivery propose 2 histoires sur une idée de Tohko Ohta, dessinées par Shiori Teshirogi et une histoire imaginée et réalisée par elle même.

C’était déjà le cas sur le premier volume, mais ici aussi, la troisième histoire semble bénéficier d’une meilleure mise en images. A croire que le thème des Delivery et de la prostitution ne semble pas enchanter Shiori Teshirogi.
Et là encore, la qualité ressentie lors de la lecture de ce volume nous démontre que c’est lorsqu’elle laisse libre court à son imagination qu’elle réalise les meilleurs histoires.
La dernière histoire, traitant du thème de la drogue, est plus cohérente que les 2 précédentes. Ce n’est pas simple à expliquer, mais le récit semble avoir une évolution naturelle, les éléments ne tombant pas comme un cheveu sur la soupe.

Les deux chapitres consacrés au Delivery sont vraiment très mal menés. Le pire exemple étant la première histoire, lorsque Yuiko tombe enceinte et perd son enfant en l’espace de 3 pages. En allant si vite, il n’est pas possible pour le lecteur d’être pris de pitié et/ou de compassion pour elle, et l’auteur n’obtient pas l’impact qu’elle souhaitait : l’effet tombe à l’eau.
Je pense même que ce passage sur l’enfant (et sa mort) n’était pas nécessaire pour illustrer la détérioration que subit le corps de la femme à travailler dans le Delivery. L’auteure semble vouloir choquer, mais cela fait perdre tout intérêt à l’histoire. Sur ce point là, je trouve qu’il s’agit d’un échec.

La seconde histoire permet d’introduire la relation que peuvent avoir les parents face à ce que leur fille fait, sans pour autant réussir à rendre cela très naturel. Certes aucun parent ne souhaite voir sa fille travailler dans la prostitution, mais la façon dont le père prend cela est assez surprenante. Ce n’est pas réaliste.
Cependant, après la lecture de la première histoire, celle ci semble mieux réussit. Peut être est-ce parce que l’auteure ne tente pas de choquer à tous les coups.

Lorsque l’auteure réalise le scénario et le dessin d’après ses idées, cela donne des histoires avec plus d’impacts. Elles arrivent à intéresser le lecteur et à le tenir en haleine (pas très longtemps certes). Ainsi, la dernière histoire du premier volume et de celui ci m’ont plu, en comparaison de celle sur le Delivery.
Malgré une critique féroce de ma part, Delivery reste une lecture fraiche parmi mes habituels shonens et seinens, et m’a permis de m’intéresser à d’autres types de mangas. Malgré certaines histoires très vite oubliées, d’autres sont plus sympathiques à lire.

Les dessins de Shiori Teshirogi sont toujours aussi simples et réussis. Cependant, certains décors sont des fois très primaires, voir inexistants, et cela donne l’impression d’avoir des planches vides. Autant des fois cela peut être un effet recherché par l’auteur, pour accentuer autre chose sur la planche, mais ici ce n’est pas l’impression qui s’en dégage.

Heureusement que la série ne fait pas plus de 2 tomes, car sinon je n’aurais pas tenté de la poursuivre. Les quelques histoires sur les Delivery sont trop anecdotiques pour rester à l’esprit des lecteurs, et au final, rend ses 2 volumes rapidement oubliables.
A la lecture du premier tome, j’étais beaucoup sous le coup de la surprise et de la découverte de ce type de lecture. Ce second volume, avec un peu de recul, est donc plutôt une déception, car là où le premier volume pouvait sembler hésitant voir malhabile, celui ci s’enfonce vraiment dans des clichés et des histoires qui manquent de développement. C’est bien dommage, car on aurait pu penser que l’auteure réussirait à s’améliorer, mais elle réalise des histoires mal structurées.
La lecture de ces deux volumes m’aura permis de découvrir la dessinatrice de Saint Seiya Lost Canvas dans une autre oeuvre, et de découvrir un style de lecture auquel je n’étais jusqu’à présent pas habitué. Delivery aura donc eu ce mérite, bien que la série m’ait globalement déçue.
Shiori Teshirogi restera, pour ma part, associé à Saint Seiya Lost Canvas, qui propose certes du shonen classique, mais qui me plait bien plus que Delivery.

Ce second volume vous a-t-il également déçu ? Qu’avez-vous pensé de la série ?

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