. Delivery – tome 1 de Shiori Teshirogi | Fant'asie
Bagooor 05/04/2010 11

Delivery tome 1 par Shiori Teshirogi et Tohko Ohta

Un manga frais et surprenant

Delivery est un manga de Shiori Teshirogi, d’après une idée originale de Tohko Ohta. L’oeuvre ne fait que 2 tomes, qui sont édités en France chez Tonkam Edition.
Les plus experts d’entre vous reconnaitront les dessins de Shiori Teshirogi, qui est depuis peu très connue dans nos contrées : c’est en effet elle qui illustre Saint Seiya Lost Canvas. Ainsi, les fans de Saint Seiya connaissent donc le style léger de la dessinatrice, et pourront ici la voir évoluer dans un domaine très éloigné du shonen. Car dans Delivery, on découvre au travers d’histoires indépendantes la détresse que peuvent rencontrer certaines personnes, dans le cadre d’un travail peu commun.

Attention, ce manga n’est pas à mettre entre toutes les mains, car il contient quelques scènes plutôt explicites (plus d’explication dans les paragraphes qui suivent)

Résumé du tome 1

Ce premier volume est composé de 3 histoires.

Risa travaille dans un Delivery Health : son travail consiste à assouvir les envies des hommes qui font appel à ses services, en échange d’argent. Elle y travaille avec Karen et Mikan.
Chacune d’entre elles a une raison pour faire ce travail : Risa souhaite avoir de l’argent pour se payer des habits et du maquillage, tandis que Karen et Mikan, plus âgées, le font pour rembourser leurs dettes.
Risa est heureuse de pouvoir se payer tout ce dont elle souhaite, mais elle sort avec Yuki, le chauffeur du Delivery Health, qui n’apprécie pas de la voir se faire payer les faveurs des hommes. Et comme le dit si bien Karen : « un jour ou l’autre, quelqu’un va pleurer parce que je fais ce travail… moi ou un proche… »

Les parents de Miharu sont divorcés, et Miharu se retrouve donc le plus souvent seule. Elle se demande si un jour elle connaitra le vrai amour, sans véritable conviction. Elle commence donc à travailler dans un Delivery Health, mais fait également la rencontre de Tatsuya, un jeune garçon de son âge, qui travaille sur un chantier pour pouvoir prendre son indépendance rapidement.
Miharu réussira-t-elle à concilier son amour pour Tatsuya avec son travail ?

La dernière histoire est une création de Shiori Teshirogi, et n’aborde donc pas le thème des Delivery Health des 2 précédentes histoires.
Miyu et Katsuki sortent ensemble, et sont très souvent avec Natsumi et un ami à elle. Miyu tente de tout faire pour atteindre le niveau de Katsuki, qui est un très bon élève et qui compte aller dans une université à Tokyo. Mais Miyu va se rendre compte que Katsuki se rapproche de Natsumi, qui se fait battre par son père.

Une oeuvre sérieuse et osée

Le point important de ce manga concerne les thématiques abordées par les différentes histoires. Il est clairement difficile de parler et d’illustrer ce que peuvent ressentir des filles qui utilisent leurs corps pour se faire de l’argent.
Il faut noter que l’idée original des 2 premières histoires est de Tohko Ohta, alors que la dernière histoire est de Shiori Teshirogi, d’où une thématique différente.


Les dessins de Shiori Teshirogi sont très plaisants. Ils sont frais, simples, sans surcharges.
Son trait permet de bien faire passer les sentiments et la détresse.
On sent tout de même que Shiori Teshirogi a pris plus de plaisir à réaliser la dernière histoire, car le trait semble plus fin et plus maitrisé, et les décors sont plus chargés que dans les 2 précédentes histoires. Cela fait ainsi penser que l’histoire est plus finalisée, et qu’elle lui tenait plus à coeur.
Il faut cependant noter que les dessins illustrent le thème du manga, et il y a donc certaines scènes qui ne conviennent pas à tous les publics. Ce n’est rien de très explicite, mais l’on devine aisément ce qu’il s’y passe. Ce n’est donc pas le manga qu’il faut conseiller ou prêter à votre petite cousine de 9 ans.

Au niveau du déroulement des histoires, Shiori Teshirogi arrive avec facilité à nous représenter des personnages forts, qui peuvent être réels, et ce malgré quelques représentations simplistes : entre Miharu qui travaille dans un Delivery pour symboliser son désaccord avec sa mère, et Risa qui fait ce travail pour s’acheter du maquillage, on a l’impression qu’un effort aurait pu être fait pour approfondir les personnages. Mais vu qu’il s’agit d’histoires courtes et indépendantes, ce n’est pas simple d’ériger un background conséquent.

Je ne saurais comment l’expliquer, mais bien que l’auteure nous fasse ressentir les émotions de ses personnages, il se dégage une impression bizarre des 2 premières histoires. J’ai un peu l’impression que cela va trop vite. Cela commence en montrant les « bons cotés » du Delivery Health, si l’on peut dire, pour terminer sur un des dangers, que ce soit pour la fille ou son entourage.
Cela manque d’après moi d’un peu plus de profondeur.
Et au contraire, la 3ème histoire me semble plus aboutie ! La longueur du chapitre me semble plus adaptée que pour les 2 premières histoires, et tout semble cohérent, sans décalage. C’est assez difficile à expliquer, mais on ressent quelque chose de différent, et la lecture de la 3ème histoire a ainsi plus d’impact que les 2 précédentes.

Je trouve que Delivery est un manga intéressant à lire, car il se différencie des autres mangas que j’ai l’habitude de lire. Sans doute est-ce parce que je lis habituellement des shonens et des seinens, mais il me semble que les mangas ne traitent pas souvent de sujets tel que celui ci (ou je possède encore une vision trop fermé des mangas). Nous ne sommes pas dans un récit d’amour impossible ou de relation triangulaire, mais l’auteure sait capter l’attention du lecteur pour faire passer les sentiments qu’elle souhaite.
Delivery est donc une lecture pleine de fraicheur dans l’océan de testostérone et de sueur dans lequel je navigue habituellement.

Je ne peux que vous conseiller la lecture de ce manga, qui est une série courte et qui sait se distinguer de la masse en proposant un scénario original accompagné de dessins adaptés.
Pour les curieux, il est possible d’avoir un aperçu des premières pages du manga sur le site de l’éditeur.

Connaissiez-vous cette oeuvre de Shiori Teshirogi ? Et quel type d’oeuvre dans ce style me conseilleriez-vous ?

11 commentaires »

  1. Seraf 05/04/2010 at 16:17 -

    Non, ce n’est pas si rare, surtout dans les pmangas de type Josei (ce qui est la case dans laquelle je rangerais Delivery personnelement) qui sont en effet plus mature que le banal shojo.
    Apres, j’avoue avoir un peu de mal avec le traitement de la prostitution dans ce manga, c’est un peu trop edulcoré pour etre réaliste et bon, c’est un peu trop leger.

    Si tu aimes le genre, tu peux zieuter les Mari Okazaki

  2. Bagooor 06/04/2010 at 08:55 -

    Je t’avoue que je suis assez étranger à ce style de manga, vu que je lis habituellement des shonens et seinens. Mais je vais tenter ma chance dans le Josei 🙂
    Si tu as des titres à me conseiller, je suis preneur.

    Concernant la prostitution, c’est vrai que l’effet recherché dans le manga tombe un peu à plat du fait de l’aspect que lui donne la dessinatrice : c’est traité comme un emploi classique, avec ses « bons cotés », alors que la réalité est tout autre (j’imagine).
    Cela doit aussi expliquer pourquoi j’ai préféré la dernière histoire aux 2 précédentes.

  3. Kameyoko 06/04/2010 at 10:37 -

    Je ne pense pas lire ce titre pour plusieurs raisons. La première c’est que le format « recueil d’histoires » ne me plait guère. Je trouve, à chaque fois, que c’est trop rapide et que ça manque de finesse.

    Ensuite le style, pour l’instant Josei ou shojo m’attire peu (mais j’ai quand même envie d’aller contre mes préjugés).

    Mais surtout le thème de la prostitution. Même si ça a l’air édulcoré, je me méfie de tout ce qui touche au sexe avec les japonais (du moins dans leur oeuvre). Ils ont une vision un peu dérangeante pour moi : viol, SM, très jeune fille, androgénie….

    Le dessin de Teshirogi a l’air moins fouilli que pour Lost Canvas

  4. Seraf 06/04/2010 at 20:35 -

    @Bagooor je suppose que tu as déja lu Nana, mais on ne sait jamais. Je te conseille évidemment aussi les autres Ai Yazawa avec une mention spéciale a Parakiss ^^.
    Sinon, Complément affectif de Okazaki m’a bien plus aussi (et c’est une vraie histoire pas un receuil, mais Okazaki a fait aussi beaucoup de receuils)

    @Kameyoko, dis toi que tu as échappé a BexBoys XD.
    Non plus serieusement, les japs sont un peu tordus niveau relations amoureuses/sexuelles… Mais les Ai yazawa sont assez « softs », apres, le pb c’est que c’est la roulette russe… Et vla que tu tombe du yaoi sans etre prévenu, berk.

  5. gojy 06/04/2010 at 23:36 -

    Manga plus que chelou dans son rythme narratif comme pour les dessins.
    Pour moi plus fait pour choquer plus qu’être apprécié.
    Trop lourdes et sans saveur, se recueil n’a jamais retenu mon attention.

    Si on parle de Josei, je citerai peut être pas Nana qui malheureusement s’enlise lamentablement et souffre du rythme ou de Paradis kiss qui pour moi souffre d’une fin bâclé je conseillerai plutôt Kimi wa pet très léger dans sa lecture avec un sujet plutôt abordable c’est pour moi un incontournable.
    Sinon Complément affectif moi je suis fan mais de par le graphisme ou la trame faut quand même s’accrocher pour suivre a mon sens mais je trouve sérieusement se manga superbe.

  6. Kameyoko 07/04/2010 at 10:14 -

    @Seraf : Je vais noter Yazama pour le jour où je tenterais de faire du vrai shojo (parce que Otaku girl, c’est un faux 🙂 ).

    Figures-toi que je suis déjà tombé sur un Yaoi explicite : Housekeeper of Business Unit. J’ai essayé de lire la première histoire, mais je n’ai pas réussi. J’ai trouvé ça nul, et les scènes de cul m’ont déplus.

  7. Bagooor 07/04/2010 at 10:22 -

    Merci Seraf et gojy pour vos conseils.
    Pour répondre à vos propositions, je connaissais Nana de nom et de notoriété, mais je n’ai jamais vraiment été tenté…
    Pour Paradise Kiss, j’avais faillit craquer pour l’intégral il y a quelques mois. Je jetterais un oeil dessus, mais la fin semble avoir déçu beaucoup de monde…
    Pour Complément affectif, je ne connaissais pas du tout !

    Sinon j’ai déjà lu Kimi Wa Pet, et j’ai vraiment adoré. J’avais aussi lu Baby Pop du même auteur.

    Je pense donc que je vais me laisser tenter par Paradise Kiss (19€ l’intégrale pour l’équivalent de 5 tomes, ça se tente).

  8. gojy 07/04/2010 at 15:41 -

    Vraiment Pradis kiss si on oublie la fin (qui est certes bonne mais qui me frustre un peu) le manga est superbe et dans un format parfaitement adapté surtout pour le trait si particulier du mangaka et à ce prix la c’est donné.
    Par contre NANA c’est plus spéciale on entrevoit enfin la fin, le rythme a changé on a toujours la voix off mais sa traine en longueur et a on mon gout, a moins d’une super offre attend de tout t’acheter en même temps sinon t’es partit pour des année de patience ou alors un nouvelle fin bâclée allez savoir.
    @kameyoko: Oui Otaku girl c’est vraiment pas un shojo je pensais aussi ais non c’est vraiment spéciale à définir

  9. Seraf 08/04/2010 at 22:50 -

    JE pense qu l’enlisement de Nana est beaucoup influencé par le rythme de parution extremement lent. dabYo a lu les 3-4 derniers tomes en un coup et lui n’a pas eu cette impression d’enlisement que j’ai aussi. Ceci dit, malgré tout, c’est quand meme un manga a lire.
    J’aime aussi Kimi wa pet meme si je l’ai trouvé moins « profond » quelque part sans mauvais jdm.

    @Kameyoko je ne connais pas ce titre, mais je t’avoue que depuis Viewfinder, j’ai décidé de ne jamais reouvrir de Yaoi XD

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