. Dead Tube – tome 1 de Mikoto Yamaguchi et Touta Kitakawza | Fant'asie
Kameyoko 16/09/2016 0
  • Scénario
  • Graphisme

Dead Tube - tome 1

Dead Tube – tome 1 de Mikoto Yamaguchi et Touta Kitakawza

Souriez, vous êtes tués !

Voilà un titre qui m’intrigue : Dead Tube. Avec un tel nom, on s’attend à quelque chose de sanglant en rapport avec des vidéos sur internet. Le parallèle avec Youtube étant peu discret.

Mais que vaut ce titre ?

Dead Tube – tome 1 de Mikoto Yamaguchi et Touta Kitakawza est édité par Delcourt/ tonkam et est disponible à la vente depuis le 15 juin 2016.

Résumé de Dead Tube 1 chez Delcourt/ Tonkam

Résumé de l’éditeur :

Deadtube. Les jeunes gens n’ont plus que ce nom de site de partage de vidéos à la bouche. En fonction du nombre de vues, il peut rendre n’importe qui incroyablement riche. Mais seuls les vidéos les plus trash, les plus humiliantes ou dangereuses intéressent les gens. Accepter d’y participer, c’est prendre le risque de finir dernier et d’endosser tous les crimes réalisés par les autres prétendants. C’est à ce jeu morbide que vont jouer Mai et Tomohiro…

Vidéo et jeux sadiques

Le titre Dead Tube est assez explicite sur ce que l’on risque de retrouver dans ce manga. Nous sommes encore devant un survival game ou un jeu de massacre tellement à la mode en ce moment. D’ailleurs, on pourrait légitimement se poser la question sur l’abus de ce type de manga. Parce qu’il y a vraiment de tout dedans : du bon et du très moyen ! Surtout qu’il devient difficile de sortir de la masse et proposer quelque chose de nouveau pour le lecteur. Dead Tube se situe dans la moyenne haute de ce type de série. Voyons voir en quoi.

Tout commence avec Mai, une jolie nageuse qui demande à Tomohiro de la filmer non-stop durant deux jours. Mais ce que le jeune homme ignore c’est qu’il a mit le pied dans un jeu macabre dont on ne ressort pas indemne. Et il va très vite comprendre pourquoi, puisqu’il va assister à un meurtre prémédité, accessoirement réalisé lors d’ébats sexuels et bien sûr filmé par le pauvre jeune homme. Tout cela laisse présager de quelque chose d’assez trash et pervers.

Et dans les faits, c’est exactement ça. Sexe, violence, perversité et manipulations sont de la partie. Si le départ m’a laissé perplexe avec des grosses facilités et clichés, la suite se révèle plus surprenante.
En effet, les mangakas introduisent Tomohiro qui est le cliché du héros qui n’a rien pour lui, qui ne dégage pas une once de charisme et qui s’avère totalement anonyme. Puis vient la « bonnasse » à forte poitrine qui s’intéresse à lui. Mais on comprend qu’elle cherche ses talents de cameraman. Vient ensuite cette demande étrange de la filmer 48 heures non-stop. Si on s’interroge sur le pourquoi cette demande étrange, quelques pages plus tard on comprendra mieux cette requête et le rapport à Dead Tube.
Bien évidemment cette phase place le lecteur dans un climat un peu malsain, sujet à la perversité. Parce que forcément qui dit filmer une personne non stop, dit la suivre sous la douche, aux toilettes, quand elle dort…Et puis le récit bascule avec un premier meurtre aussi inattendu que dérangeant.

Et ce rebondissement va placer Tomohiro dans une situation délicate, un peu sous le joug de Mai. Mais cette dernière n’en a pas fini avec Dead Tube.
Au-delà de Maid’autres personnages vont faire leur apparition et se retrouver mêlé de près ou de loin à ce « jeu ». Malheureusement, ces personnages secondaires issus du cercle des cinéastes sont assez archétypaux et peu intéressants dans un premier temps. Mais à force de rebondissements, Mikoto Yamaguchi arrive à leur donner un intérêt.

Mais le gros souci de ce Dead Tube, excepté un côté convenu dans les codes du survival game et des personnages soit un peu fades soit manquant de développement, réside dans l’explication de ce qu’est réellement Dead Tube. Là où d’autres manga nous expliquent en long, en large et en travers le jeu morbide, ici il n’est jamais réellement explicité. On se doute qu’il s’agit d’une plateforme pour déposer les vidéos les plus « surprenantes » où sexe et violence se côtoient. Mais à part ça, pas énormément de chose, à part qu’il y a de l’argent à la clé et qu’il est facile de ne pas être accusé des atrocités commises. Mais le mystère est encore entier sur les tenants et aboutissants. Ce qui laisse plein de possibilités pour la suite et donne donc envie de feuilleter le tome 2.
Un autre point qui me dérange un peu et le côté sexuel. Le dessinateur étant un ancien du hentai, on n’a un peu trop de scène de fanservice, tendances perverses parfois. Et surtout les filles sont assez promptes à se déshabiller devant la caméra.

Pourtant, ce seinen a un potentiel certain. La fin du tome et son cliffhanger donnent vraiment envie de lire la suite et nous prouve que ce manga peut être plus surprenant que prévu. Surtout qu’il y a un côté malsain, pas déplaisant, mais surtout pas gratuit. On sent une critique sous-jacente de la recherche du buzz, d’une certaine perversion dans le voyeurisme et des usages extrêmes que les nouvelles technologies peuvent créer. Si les personnages manquent un peu de charisme et de fond, l’auteur de Scumbag Loser parvient pourtant à les rendre intéressant. Ils ont tous un côté intriguant et cachent des secrets. Tous semblent être plus ou moins torturés. Ce qui rend le tout plus savoureux.

Graphiquement, on sent la filiation de l’artiste avec le hentai sur certains plans, mais son travail est agréable. Certes le charadesign est assez classique, mais le découpage, la qualité de son trait, et sa capacité à rendre expressif les personnages contrebalancent ça.

Pour conclure, Dead Tube – tome 1 de Mikoto Yamaguchi et Touta Kitakawza part sur des bases classiques, en recourant à certains clichés du genre et se veut peut-être un peu trop introductif. Surtout que le Dead Tube et son jeu macabre n’est jamais réellement expliqué. Mais la fin du tome nous permet d’entrevoir le potentiel du titre qui est plus surprenant que ce que le départ peut nous laisser penser. Surtout que les mangakas arrivent à créer une ambiance malsaine à base de violence et de nudité. Il est question de perversité, manipulations et de recherche du « buzz ». On se doute que la suite promet d’aller encore plus loin dans le dérangeant et ça pas pour nous déplaire. Car c’est ce qui fait la singularité du titre qui se montre ingénieux là-dedans. Ce n’est pas juste un jeu de massacre, c’est un peu plus subtil avec un fond de critique sociale. Ce seinen n’est pas parfait et met du temps à se montrer totalement, mais il a un potentiel certain qui ne demande qu’à exploser.
La suite va donc être primordiale.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Ce démarque-t-il de ces confrères ?

Laisser un commentaire »