. Daredevil : End of Days – tomes 1 et 2 | Fant'asie
Kameyoko 21/03/2014 1
Daredevil : End of Days – tomes 1 et 2
  • Scénario
  • Graphisme

Daredevil : End of Days – tomes 1 et 2 de Brian Michael Bendis, David Mack, Alex Maleev, Bill Sienkiewicz et Klaus Janson

Daredevil est mort !

Pour parler de la mort de Daredevil, Marvel a fait appel à un des scénaristes qui a le plus marqué l’histoire du protecteur de Hell’s Kitchen : Brian Michael Bendis. Et plutôt que de choisir de se focaliser sur Matt Murdock et ses derniers instants, Bendis va choisir Ben Urich comme personnage principal. Ce journaliste va ainsi devoir découvrir ce qui signifie « Mapone« , dernières paroles de Daredevil. L’occasion de retracer les dernières années de sa vie.

Daredevil : End of Days – tomes 1 et 2 de Brian Michael Bendis, David Mack, Alex Maleev, Bill Sienkiewicz et Klaus Janson sont édités par Panini Comics et sont disponibles à la vente, respectivement, depuis les 11 septembre 2013 et 27 novembre 2013.

Résumé de Daredevil : End of Days – tomes 1 et 2 chez Panini

Résumé de l’éditeur :

La fin de l’Homme sans Peur ? Dans un futur proche, le Caïd et Daredevil sont assassinés. Le journaliste d’investigation Ben Urich doit écrire un dernier article abordant… le secret de Matt Murdock ! Par Brian M. Bendis, Klaus Janson, David Mack et Bill Sienkiewicz.

Que signifie « Mapone ! »

Nombreux sont les super-héros à avoir connu une mort (et accessoirement ressuscité dans la plupart des cas). Que se soit chez DC : Superman, Batman, Flash, Green Lantern ou chez Marvel : Captain America, Thor, Spider-Man… La plupart du temps, ces morts sont liées à des events et répondent, le plus souvent, à des impératifs commerciaux.

Dans ce Daredevil End of Days, il est aussi question de mort, celle de Matt Murdock alias Daredevil. Mais ici, on sent que la volonté est beaucoup plus artistique et n’est pas une finalité en soit, mais un point de départ. C’est à partir de cet évènement et des derniers mots de ce dernier que commence l’histoire. Que signifie « Mapone » ?

 

Dans ce monde,  à priori hors-continuité, Ben Urich, journaliste au Daily Bugle va mener l’enquête. Il va chercher à comprendre le sens de ces dernières paroles et comment Matt Murdock a pu en arriver là. Pour cela, il va devoir fouiller dans le passé du protecteur de Hell’s Kitchen, et rencontrer les anciens amis, ennemis de Daredevil.

Clairement, pour mieux apprécier le titre, il vaut mieux connaître Daredevil pour bien comprendre toutes les références, savoir en quoi tel personnage a joué un rôle si important dans la vie du héros… Pourtant, paradoxalement, même pour un néophyte, le récit est accessible.

Par exemple, je ne suis pas un grand habitué de Daredevil, je ne connais que le strict minimum, pourtant j’ai pu aisément me plonger dans ce récit et dans cette enquête de Ben Urich. J’ai juste senti que je passais à côté de certaines choses, mais ça ne gêne pas outre-mesure.

 

Dès le début, le lecteur est happé grâce à la « mise à mort » de Daredevil par une de ses Némésis : Bullseye. Ce combat sanglant est bien mis en scène et est renforcé par l’étrange atmosphère se dégageant. Il y a un petit coté Batman The Dark Knight Returns, mélangé à du Watchmen dans ce titre. En effet, on y retrouve un personnage vieillissant, rongé par des épreuves passées, plus aussi agile qu’avant, le tout dans un monde qu’on sent en déperdition et avec une certaine lassitude, voir méfiance, envers les super-héros. Les super-héros n’y ont plus leur place, et sont mal considérés malgré leurs faits passés. On sent que le monde est entrain de sombrer. On le voit notamment bien par les commentaires des badauds, assistant à la mort de cet homme qui protégea, durant de longues années, leur quartier.

On sent que les scénaristes ont eu la volonté de décrire un monde en crise, plein de pessimiste. Cela se retrouve notamment dans la narration, via les pensées tout en cynisme du narrateur, qu’on sent désabusé. On y retrouve un peu du Rorschach, le côté violent et sans concession en moins.

Ce qui marque avec ce récit c’est l’amour qui est porté au personnage de Daredevil, avec cette succession d’amis et d’ennemis importants pour le super-héros aveugle. Ils ont construit le personnage, que se soit Elektra, Punisher, Echo

 

La narration est parfaitement maîtrisée, et les éléments et mystères planent tout au long du récit. Brian Michael Bendis excelle dans ses dialogues et parvient à maintenir un suspense autour du mot Mapone. Pour être honnête j’ai été un peu déçu par la fin. La révélation autour du mot Mapone ne se montre pas à la hauteur de la qualité du récit. C’est un peu l’effet « soufflé qui retombe ». De plus, il y a un rebondissement important qui est révélé à la fin, mais que l’on voit malheureusement venir un petit peu avant.
C’est dommage car tout le reste du récit est vraiment de qualité, même si j’ai trouvé la première moitié légèrement supérieure. C’est rythmé, avec une vrai connaissance du personnage, et le principe de l’enquête autour d’un mot étrange est une excellente idée, et est, ici, bien utilisée.

 

Brian Michael Bendis, David Mack, Alex Maleev, Bill Sienkiewicz et Klaus Janson ont tous déjà travaillé sur Daredevil et ça se voit. Leur attachement à cet héros transparait sur toutes les pages. Que se soit d’un point de vue écriture ou du point de vue graphique.

 

Graphiquement, même si nous avons plusieurs dessinateurs, en l’occurrence Alex Maleev, David Mack, Bill Sienkiewicz et Klaus Janson, avec des styles différents, les planches sont superbes. Les 4 artistes arrivent bien à retranscrire l’ambiance très polar noir, ainsi que cette enquête journalistique, qui fouillera dans le passé de Matt Murdock. Il se dégage de ces pages une puissance visuelle qui ravira le lecteur.

 

Pour conclure, Daredevil : End of Days de Brian Michael Bendis, David Mack, Alex Maleev, Bill Sienkiewicz et Klaus Janson est une réussite, qui ravira les amateurs de Daredevil, mais aussi les moins connaisseurs. Brian Michael Bendis maîtrise son sujet sur le bout de doigt et nous propose une récit, en forme d’enquête, palpitant, avec une vraie science des dialogues et une plongée dans les dernières années de Matt Murdock. La narration est excellente, il y a un bon rythme, des bonnes interventions d’ennemis ou d’amis, une bonne gestion des rebondissements. Je suis juste un peu resté sur ma faim, à la fin. En tout cas,il s’agit d’un vrai projet artistique, une déclaration d’amour pour ce personnage, de la part de gens qui l’ont fait grandir.

 

A découvrir d’urgence !

 

Un commentaire »

  1. Del Poyo 22/03/2014 at 21:38 -

    End of Days faisait partie de mon Top5 2013, et tu as fais la critique comme j’aurai aimé l’écrire, bravo mec 🙂
    La fin est effectivement un peu pauvre par rapport à la puissance du récit. En grand fan de Daredevil que je suis, j’y ai retrouvé le héros qui m’a fait plongé dans les comics avec une certaine émotion. Ce End of Days est un véritable hommage aux grandes années du héros (je pense notamment aux années Miller et Bendis ^^). Et tu l’as très bien dis, tout ceci grâce à l’amour que les auteurs portent à ce héros, un véritable amour, un amour de fan, et forcément, ils y mettent tout ce qu’ils ont. Résultat, une puissance artistique, et une fidélité absolue à l’esprit Daredevil. Ne réfléchissez pas, plongez vous dans ces pages !!! 🙂

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