. Danger Girl : Trinity de Andy Hartnell, John Royle, Harvey Tolibao et Stephen Molnar | Fant'asie
Del Poyo 02/06/2014 1
  • Scénario
  • Graphisme

Danger Girl : Trinity de Andy Hartnell, John Royle, Harvey Tolibao et Stephen Molnar

Un mauvais choix

Voici que le troisième tome de la série Danger Girl chez Glénat Comics vient de sortir. Les deux premiers n’étaient déjà pas folichons, et vous pourrez en juger sur les précédentes chroniques. Ce troisième opus apporte-il quelque chose de frais et de nouveau concernant le trio d’élite ? Malheureusement, je pense que Glénat ne fait clairement pas le bon choix éditorial pour se lancer dans le comics. Ca se voit, puisque le catalogue comics de l’éditeur est quasiment au point mort, et Danger Girl ne semble pas permettre à celui-ci de s’imposer dans les bacs. Pourtant Glénat fait son maximum, une couverture qui vend (les trois héroïnes sexy dessiné par Campbell lui-même, ça marche toujours), et le nom de Campbell en couverture, en premier sur la liste d’auteur, alors que celui-ci ne signe que les couvertures US (et il faut le dire, on s’en fout royalement lors de la lecture). Non, franchement, mettre Campbell en avant uniquement pour attirer le lecteur, ce n’est pas très honnête.

Danger Girl : Tinity de Andy Hartnell, John Royle, Harvey Tolibao et Stephen Molnar, édité par Glénat, est disponible en librairie depuis le 12 Février 2014.

Résumé de Danger girl : Trinity chez glénat

Retrouvez dans ce volume Abbey, Sydney et Sonya embarquée chacune sur un continent différent, aux prises avec un complot international qui pourrait leur être fatal… de Londres au Congo en passant par le désert égyptien, trois intrigues, trois dessinateurs, mais un festival unique d’action, d’humour et d’aventures à couper le souffle !

Une série sur la pente descendante

Les deux premiers tomes, à savoir Destination Danger et Danger Girl : Revolver, étaient déjà des déceptions, et le dernier volume en date, Danger Girl : Trinity ne relève pas le bilan, pire que ça, il le ternit. On a clairement l’impression de se faire arnaquer. Campbell qui prend la place du premier nom sur la tranche et en couverture, il ne signera rien de plus que quelques dessins. Les Danger Girls au cœur d’un complot international ? Attendez que je vous dresse le tableau de l’intrigue. Des aventures à couper le souffle ? Sérieusement, il faut ouvrir les yeux, ce récit est bâclé, prévisible, creux.

Danger Girl : Trinity part pourtant d’un postulat intéressant. Trois héroïnes, trois régions du monde, trois aventures, trois dessinateurs. Le concept pousse à ouvrir le livre. Les dessins sont plutôt sympa, rien de bien novateur, mais vivant, efficace, il y a de quoi plaire, et les artistes nous donnent envie de se plonger dans l’histoire. Il y a de la couleur, il y a des filles sexy, il y a des combats et des explosions. Franchement, ça séduit au premier coup d’œil. Malheureusement, c’est lorsque l’on attaque les premiers dialogues que la déception frappe à nouveau !

Andy Hartnell n’est vraiment pas doué. Il faut le dire, il n’y a aucune originalité, aucune ambition de surprendre le lecteur. Aucune recherche dans le scénario. On a l’impression que ce nouveau volet a été pondu en quinze jours pour vendre le nom de Campbell et des Danger Girl. C’est triste à dire. Je l’avais déjà mentionné pour les précédents tomes parus chez Glénat, mais la scène d’accroche est outrageusement du Indiana Jones plagié (cf. La dernière croisade). Ensuite, tout s’enchaîne. Il y a tellement d’action dans ce récit, que l’auteur ne peut pas poser les bases de son histoire. Pardon, je rectifie : il ne prend pas le temps de poser des bases solides à son récit. On vend des scènes d’action à répétition.

Je vous présente le tableau tout de même. Abbey Chase, la chasseuse de trésor (Indiana Jones version agent secret femme), est enlevée par un mystérieux prince égyptien. Au même moment, Sydney Savage et sa sœur Sonya Savage (respectivement à Londres et au Congo) sont attaqués par des groupes armés. Soi-disant pour les empêcher d’aller sauver Abbey. En tout cas c’est ce que supposent les héros de l’histoire… Ainsi donc, les héroïnes vont mener leur combat chacune de leur côté avant de se retrouver toutes ensemble à la fin pour la mission de sauvetage qui ne prend, à tout casser, qu’une petite dizaine de pages. On ne fait que passer de scène d’action en scène d’action, et on aboutit à une conclusion aussi bâclée que le reste. Quant à la raison de l’enlèvement d’Abbey, je ne me prononcerai pas là-dessus. C’est tellement vu, ça manque tellement d’imagination et d’originalité.

Que pourrait-on en tirer de bien ? C’est divertissant, ça se lit vite (trop vite ?), je dirais qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer, mais ça serait vous mentir. On s’ennuie, mais comme la lecture se fait en vitesse accélérée (vu le niveau des dialogues), ça limite la casse. Le graphisme, c’est peut être le vrai point positif. C’est joli, surtout le boulot que fait Harvey Tolibao, qui, à mon goût, fournis le plus beau dessin des trois. L’éditeur français se moque de nous, le scénariste, Hartnell, se moque de nous, seuls les dessinateurs sont honnêtes et proposent un vrai joli travail. Et sur un comics aussi médiocre que celui-là, on peut au moins souligner leur effort. Je constate que lorsqu’une œuvre est graphiquement ratée, mais présente un scénario béton, rien n’est complètement gâché. Par contre, un dessin joliment exécuté ne rattrapera jamais un scénario bidon ! Dommage pour Glénat.

En conclusion, Glénat s’est trompée, et pas qu’un peu. Hartnell a écrit sûrement un des plus mauvais scénario qu’il pouvait pondre. Si le dessin n’est pas à jeter, il ne rattrape pas la catastrophe qu’on nous propose ! Le graphisme est bien, certes, mais c’est pas non plus à s’en taper les fesses par terre. Il n’y a aucune originalité, aucune surprise, aucune passion dans ce livre. Il faut passer son chemin, il y a tellement d’autres bons comics à découvrir, et des éditeurs, touts petits (je pense à Délirium ou Akileos) qui proposent des choses tellement mieux que ça ! Je ne comprends pas Glénat. S’ils ne veulent pas faire du comics, il suffit de ne pas en faire, c’est tout.

Et vous ? Qu’avez vous pensé de ce dernier opus des Danger Girl ? Partagez-vous mon opinion concernant le choix de Glénat ?

Un commentaire »

  1. CHristine 06/06/2014 at 10:54 -

    Ca a l’air pas mal du tout ce manga de « filles », ça va me changer de Though et Berserk! :mrgreen:

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