. Crossed – tome 1 de Garth Ennis et Jacen Burrows | Fant'asie
Kameyoko 19/04/2011 5

Crossed - tome 1 de Garth Ennis et Jacen Burrows

Crossed – tome 1 de Garth Ennis et Jacen Burrows

!! Pour lecteurs très avertis !!

Eloignez les enfants et les personnes sensibles, aujourd’hui on va parler du comic Crossed. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne fait pas dans la dentelle.

Ce comic avec Garth Ennis au scénario et Jacen Burrows au dessin surfe sur la récente vague du post-apocalyptique type zombies. Sauf qu’ici c’est pas du zombie mais le principe est là. On va donc suivre un groupe de personnes essayant de survivre dans un monde infesté de gens marqués d’un croix. Ces derniers sont devenus hyper-violents, pervers et loin d’être bêtes.

Attention chérie, ça va couper ! J’espère que vous avez le cœur bien accroché parce que c’est une véritable boucherie ! (référence inside. Un point à celui qui la trouvera)

Crossed – tome 1 de Garth Ennis et Jacen Burrows est édité par Milady Graphics et est disponible à la vente depuis mars 2011.

Résumé de Crossed 1 chez Milady Graphics

Stan boit son café dans le petit restaurant où il a l’habitude de se rendre, lorsque, tout d’un coup, surgit un homme louche, marqué au visage. Il a du sang sur lui et tient dans ses mains une colonne vertébrale et semble être perturbé.

Ce qui se confirme lorsqu’il se jette sur le patron pour lui arracher le nez avec les dents.

Cindy, la serveuse, lui fracasse une cafetière sur la tête. Tout le monde est sous le choc. D’autant plus que dehors c’est l’anarchie. Une voiture de police vient d’avoir un accident de voiture. Les clients du bar sortent pour voir ce qu’il vient de se passer. Ils trouveront le prisonnier de la voiture, lui aussi marqué au visage (une croix qui semble se creuser sur le visage), entrain d’agresser le policier.

Puis en regardant aux alentours la folie semble s’être emparée de la ville. Partout des hommes en attaquent d’autres sauvagement. Ils ont tous pour point commun d’avoir une croix prenant tout le visage.

Toutes les personnes contaminées deviennent folles, hyper-violentes et sadiques. Petit à petit, elles vont se mettre à traquer les survivants et leur faire subir les pires sévices.

Stan et Cindy font partie de ces gens qui essaient de survivre. Ils ont rejoint un groupe fuyant ces créatures qui sont capables de se montrer terriblement perverses.

Ils veulent rejoindre l’Alaska en espérant que la situation soit meilleure là-bas.

De la perversité et de l’ultra-violence

J’ai toujours aimé les œuvres post-apocalyptiques avec soit une pandémie mondiale, une invasion zombie ou encore un conflit nucléaire. On retrouve ces thématiques partout en film (comme les films de zombies), en livre comme Zombie Island, La Route …, en manga avec High School of the Dead ou même Hokuto no Ken, en comic avec Walking Dead par exemple.

Crossed fait parti de ces œuvres jouant sur un monde en plein chaos, sujet à une menace grandissante et jouant sur le survival et la violence.

Crossed va encore plus loin dans le gore en choisissant une orientation résolument subversive. C’est un comic d’une violence inouïe et qui s’avère dérangeant.
Ici les « marqués » (ceux portant une croix sur le visage) sont très pervers, mais aussi intelligents.

Garth Ennis est connu pour son coté transgressif, et là il s’en donne à cœur joie. C’est trash, violent, choquant mais en même temps jouissif. On éprouve un plaisir coupable à la lecture, comme si on n’osait pas s’avouer qu’on aime ça !

Pour les survivants qui ont le malheur de se faire prendre par les « marqués » c’est l’assurance de passer un très mauvais moment. Rien ne leur est épargné : humiliation, barbarie, cannibalisme, viols, démembrages. Au-delà de cette violence, ce qui choque presque plus c’est l’extase des tortionnaires à le faire.

Contrairement aux zombies qui ne font que dévorer, arracher des tripes, ici, il y a en plus le plaisir sadique et le cumul sexe-violence.
Le scénariste va très loin dans la barbarie. Ainsi, on voit de temps en temps des « marqués » poignardé une victime pour ensuite y pénétrer leur sexe.

Ouais c’est bien trash !

La palme revient à une double page macabre, choquante où un père et une mère se font éventrer tout en se faisant en***** alors que leur fille est entrain d’être massacrer et déchiqueter. Et bon appétit bien sûr.

Donc clairement, Crossed est à réserver à un public très averti, parce qu’on va loin dans la perversité. Je ne parle même pas des propos orduriers tenus, ce n’est qu’une broutille.

Mais ces créatures savent se montrer intelligente et perverse. Elles peuvent utiliser des armes et faire preuve de stratagèmes perfides pour arriver à leur fin. Ils leur arrivent même se s’entre-dévorer dans l’allégresse, quand il n’y a pas d’humains sous la main.

Évidement on va dans le trash, et on va très loin. C’est choquant, provocateur et limite vomitif des fois (plus pour la barbarie et l’extase à le faire que par l’image en elle-même). Mais c’est voulu et assumé.

Mais toutes ces scènes chocs ne sont pas totalement gratuites, même si on sent la volonté de choquer.

Tout cela a pour but d’étayer son approche qui se veut focalisée plus sur la barbarie, la violence, la fuite et la survie à n’importe quel prix.

C’est pour cela qu’il instaure un climat de terreur absolue afin de plonger ses personnages dans un état où seule la survie est importante. On sent qu’il n’y a pas d’espoir et qu’ils ne peuvent se poser quelque part. C’est la fuite perpétuelle.
On sent vraiment que seule la survit importe. Cet aspect est renforcé par la coté impersonnel des personnages.

Le récit se focalise sur Stan, Cindy et son fils. On ne sait que peu de choses sur eux. Comme si le scénariste se moquait de qui ils étaient et que seule leur survie lui importe.

De fait, les autres personnages qui gravitent autour ne sont pas ou peu développés. Comme s’il n’était que des objets, que comme un moyen d’améliorer leur chance de survivre.

Instaurer ce climat d’horreur permet aux individus de se révéler dans cette situation et donc justifier certains de leurs actes.

Même si la comparaison avec Walking Dead saute aux yeux, le traitement est vraiment différent. Outre la violence exacerbée, ici on s’attarde plus sur les créatures et l’aspect brutal et primaire est plus mis en avant.

Pour caricaturer et simplifier Walking Dead garde un coté humain et intellectuel, là où Crossed est primaire, barbare et instinctif.

La narration est moins fluide, plus découpée. On alterne souvent entre présent et flashbacks sur les premiers jours de la catastrophe.

Heureusement, le scénariste insère un peu d’humour, forcément noir, mais ça fait du bien au cœur du récit.

Graphiquement, le trait de Jacen Burrows arrive à trouver le bon équilibre entre le gore et le sadisme gratuit. Il va loin dans la représentation du gore mais sans franchir la ligne du tolérable. Il ne suggère pas beaucoup, préférant montrer mais avec une certaine retenue. Ca pourrait être pire.
Pour le reste les dessins sont soignés, avec de jolies planches et une bonne mise en page. J’aurais préféré un trait plus réaliste.

Par contre on sent qu’il s’est amusé sur certaines doubles pages remplies de détails. On se croirait dans Où est Charlie. Notamment sur une double page représentant une autoroute, je me suis amusé à regardé tous les personnages et leurs actions. Et là, il a été créatif puisque les « marqués » se livrent à quelques scènes bien trash (même si on ne voit pas grand-chose).

Pour conclure, Crossed est ultra-violent, gore et subversif. On va les deux pieds joints dans la barbarie où se mélange perversité, horreur et sexe (les méchants ne se contentant pas simplement de tuer). Le scénariste Garth Ennis a choisi comme angle d’attaque de se focaliser sur la survie à tout prix et sur les vices des créatures. C’est moins cérébral que Walking Dead. De fait, il s’intéresse moins aux personnages et à leurs relations.

La lecture est dérangeante et choquante, même si on éprouve un certain plaisir coupable à poursuivre. Car il faut l’admettre, ça se lit bien, et c’est « fun » de voir autant de barbarie.
Pourtant, j’ai trouvé que ça manquait un peu de finesse. Le récit gagnerait a proposer quelque chose pour enrober cette violence. Pour moi, les personnages sont trop peu exploités et on ne ressent rien pour eux. Je trouve que le scénariste excelle sur les créatures et leur cruauté mais un peu moins pour le reste.

Une lecture trash, quio demeure sympathique mais qui est encore loin de rejoindre Walking Dead.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous été choqué ? Trouvez-vous aussi que cela manque parfois de profondeur ?

5 commentaires »

  1. Sacha 02/05/2011 at 16:54 -

    Moi qui aime bien les histoires de zombies, je vais peut-être faire l’impasse sur ce titre ; un peu trop violent pour moi d’après la critique.
    Sinon la référence à la boucherie vient de La Cité de la Peur, non ?

  2. Kameyoko 04/05/2011 at 15:20 -

    @Sacha : Crossed n’est pas tout à fait une histoire de zombies. Ca y ressemble quand même, mais c’est un poil différent.
    Violent oui et choquant, mais sans être 100% gore. Au final il n’y a pas de vrais gros plan gores. Mais ils marquent quand même. C’est à feuilleter pour voir si ça passe ou pas. Mais c’est plus trash que Walking Dead.

    Sinon, bien joué, la référence c’est bien la cité de la peur ! 😎

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