. Critique : Gagner la Guerre de Jean-Philippe Jaworski. | Fant'asie
Torospatillo 29/03/2012 2
Critique : Gagner la Guerre de Jean-Philippe Jaworski.

Gagner la guerre de Jaworski

Gagner la Guerre de Jean-Philippe Jaworski.

De retour dans le Vieux Royaume.

J’avais déjà parlé de Janua Vera, recueil de nouvelles proposées par Jean-Philippe Jaworski. Si j’avais trouvé ce premier ouvrage quelque peu inégal, je m’étais promis de retourner dans le Vieux Royaume, et c’est aujourd’hui chose faite après ma lecture de Gagner la Guerre.
Il s’agit cette fois d’un volumineux roman, prenant la suite de l’emblématique nouvelle  Mauvaise donne, proposée dans Janua Vera. Ce roman a remporté le prix du roman français de fantasy aux Imaginales en 2009, et il le mérite indéniablement.
Avant d’essayer de développer tout le bien que je pense de cette ouvrage je tenais toutefois à poser un léger coup de gueule.
Ma version de cet ouvrage est la version poche éditée chez Folio SF. Je respecte beaucoup cette maison d’édition dont j’apprécie la ligne éditoriale et leur travail en général. Mais pour ce roman, je dois dire qu’en premier lieu j’ai trouvé la couverture peu convaincante (même si elle illustre parfaitement une des scènes du roman) par rapport à celle proposée dans la version grand format disponible chez les Moutons électriques. Au surplus, ma version est constellée de problèmes d’impressions: mots coupés, mots effacés… Bref, pas très agréable tout ça, et je trouve cela bien dommage.

Résumé de Gagner la Guerre chez Folio SF.

 » Gagner une guerre, c’est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d’orgueil et d’ambition, le coup de grâce infligé à l’ennemi n’est qu’un amuse-gueule. C’est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l’art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c’est au sein de la famille qu’on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c’est plutôt mon rayon… « .
Gagner la guerre est le premier roman de Jean-Philippe Jaworski. On y retrouve avec plaisir l’écriture inimitable de l’auteur des nouvelles de Janua vera et don Benvenuto, personnage aussi truculent que détestable. Le livre a obtenu en 2009 le prix du Premier Roman de la région Rhône-Alpes et le prix Imaginales du meilleur roman français de fantasy.

Un récit magistral!

Gagner la Guerre commence là où s’arrêtait la nouvelle Mauvaise Donne. Don Benvenuto, Maître assassin de la Guilde des Chuchoteurs, est devenu l’homme de main du Podestats Leonide Ducatore, et sa vie risque de basculer à la suite de ses nouvelles fonctions.
Catalogué sous l’étique fantasy, les éléments propres à ce style de littérature bien que présents (magie, elfes, nains….) ne sont finalement que secondaires, et Jean-Philippe Jaworski nous livre un quasi roman historique basé sur monde imaginaire.
Volontairement je ne rentrai pas dans les détails de son intrigue pour ne pas vous gâcher certaines surprises. Il sera principalement question de la conquête par le Podestat Ducatore des fonctions suprêmes au sein de la République de Ciudalia. La politique ayant des faces cachées peu avouables, Don Benvenuto aura sa part de travail à accomplir dans ces zones d’ombres.
L’intrigue est riche, passionnante, pleine de rebondissements, et permet de croiser le chemin d’un grand nombre de personnages secondaires, tous réellement marquants. Jean-Philippe Jaworski maîtrise son intrigue de bout en bout, et insuffle la vie à chacun de ses personnages, leur donnant une consistance rare des plus appréciable. Cette attention des détails si particulière est également appliquée dans la description des lieux visités par Don Benvenuto, faisant ainsi de la ville de Ciudalia un personnage à part entière des plus envoûtant.
Gagner la Guerre est en réalité le journal de Don Benvenuto, narrateur bavard à la plume aussi acérée que son épée. Il nous livre ainsi son épopée, ses voyages, ses affrontements, ses réflections sur le pouvoir, et sur ce qu’il peut cerner des aspirations de son patron. Il se permet également quelques apartés avec son lecteur allant même jusqu’à confesser enjoliver quelque peu ses écrits.
Évidemment la phrasé de Don Benvenuto n’est pas commun, ancien militaire, assassin de métier, son langage fleuri est très imagé, et son cynisme, sa mauvaise foi, sa fourberie et son mordant ne laisseront personne indifférent.
Derrière la plume de Don Benvenuto se cache évidemment celle de Jaworski qui nous livre avec passion une multitude de détails sur le monde qu’il a crée. Le récit n’est jamais indigeste et jouie un rythme frénétique gardant ainsi son lecteur toujours en haleine.
Quelques zones d’ombres demeurent toutefois dans le récit, Don Benvenuto nous précisant qu’il préfère, pour l’instant je l’espère, les passer sous silence pour ne pas allonger inutilement son récit.
Pour conclure, Gagner la Guerre fait parti de ces trop rares romans que l’on dévore avec avidité tout en savourant tous les mots, et dont on redoute d’atteindre la fin, et ainsi achevez un si magnifique voyage. Ce nouveau voyage dans le Vieux Royaume que nous propose Jean-Philippe Jaworski est tout simplement captivant et d’une richesse flamboyante. Je ne peux que conseiller vivement cette lecture qui rentre directement dans mon Panthéon personnel. Mon seul regret, ne pas l’avoir lu plus tôt!
Avez-vous ce roman? L’avez-vous appréciez?

2 commentaires »

  1. Xav 29/03/2012 at 11:11 -

    J’ai lu ce roman il y a quelques années déjà dans son édition massive (je savais même pas qu’il avait été édité en poche, vu sa taille).
    En tout cas je suis tout à fait d’accord avec toi, un des meilleurs dans le genre et en plus l’auteur est français et ça se ressent énormément dans son écriture qui est bien meilleure qu’une traduction d’un auteur étranger (anglais ….).
    Un must have.

  2. Torospatillo 29/03/2012 at 11:15 -

    Merci pour ton commentaire Xav.
    La version poche est sortie y a environ un an je pense, c’est un joli pavé de 1000 pages.

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