. Crimson Hero – tomes 1 et 2 de Mitsuba Takanashi | Fant'asie
Kameyoko 07/10/2011 0
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Crimson Hero - tome 1 de Mitsuba Takanashi

Crimson Hero – tomes 1 et 2 de Mitsuba Takanashi

Un shôjô sur le volley

Crimson Hero est une des derniers shôjô de chez Tonkam. Comme vous commencez à le savoir, je ne suis pas un grand amateur de ce style. Mais celui-là m’a quand même interpellé pour la simple et bonne raison que ça parle de volleyball. Comme c’est un sport que j’aime et que je pratique, forcément j’ai été le lire.

Et ce d’autant plus que j’étais curieux de voir comme Mitsuba Takanashi allait réussir à faire cohabiter shôjô et volleyball.

Crimson Hero – tomes 1 et 2 sont édités par Tonkam et disponible à la vente depuis le 17 août 2011.

Résumé de Crimson Hero 1 et 2 chez Tonkam

Nobara Sumiyoshi est destinée à succéder à ses parents à la tête d’un restaurant traditionnel renommé et distingué. Pour cela elle doit s’y consacrer pleinement. Or, contrairement à sa soeur, Nobara est un vrai garçon manqué, qui a pour passion le volley. Elle s’est d’ailleurs inscrit dans un lycée qui a la réputation d’avoir un bon club. Sauf que cette réputation est vrai pour les garçons. Le club féminin n’existe plus.

Mais ses parents refusent qu’elle s’adonne à cette passion. Pour échapper à cette pression familiale elle fugue. Grâce à sa tante, infirmière au lycée, elle parvient à trouver un endroit où travailler et loger : le dortoir des joueurs de volleyball. Pour rester, elle devra leur servir de concierge, on les réveillant, en préparant leur repas et en faisant leur lessive. Mais entre les tâches ménagères, le caractère des garçons et son envie de jouer au volley, les débuts seront difficiles. Et ce d’autant plus qu’elle doit reformer le club de volley et donc trouver des partenaires.

Un shôjô sportif

Si vous lisez fréquemment ce blog, vous devez savoir que je ne suis pas un grand lecteur de shôjô. Je dirai même que je suis un gros gros noob. J’ai quelques à priori sur ce genre, mais que je veux dépasser. Je suis persuadé qu’il existe des shôjôs excellents et qui ne rentrent pas dans le cliché de la romance cucul la praline.

Je pensais que Crimson Hero pourrait être de cela, en intégrant un peu de sport. Et à titre personnel, c’est ce point là qui m’a intéressé.
Mais à la lecture des deux premiers tomes, j’avoue être déçu par cet aspect. Je savais que ce ne serait pas central mais j’espérais qu’on parlerait plus de volley. Dans le premier tome, c’est à peine si on en fait mention ou si on y voit un ballon. En revanche, le second volume est plus chargé en volley avec un match (un 3×3) opposant des garçons et des filles. Mais malheureusement, bien qu’étant l’objet d’un enjeu fondamental, il ne captive pas énormément. Les phases de jeu sont quasiment inexistantes, on n’apprend rien sur ce sport, ni sur sa spécificité. C’est dommageable mais pas condamnable pour le moment.

En effet, des filles jouant contre des garçons, l’impact physique fait que la différence de niveau est flagrante et un peu logique. Surtout que les garçons évoluent à haut niveau et se connaissent alors que les filles, non.

Mais je reste quand même inquiet pour la suite. Je pense cela notamment à cause d’un petit texte de la mangaka qui nous dit qu’elle ne connait pas trop ce sport, qu’on lui a demandé de faire un manga dessus. Elle a accepté car elle aimait bien le regarder. Ouch !!! En gros, elle n’y connait pas grand chose. Ça me fait peur. J’ai peur que les spécificités de ce sport, ses tactiques et  son jeu soient très édulcorés ou exagérés. Verra-t-on des combinaisons, des courtes, des « pipes », des accélérés, des pointus, libéros…?

Cet état de fait est à prévoir puisque ce n’est pas un shônen. Le volley sert ici de cadre pour un shôjô. Et là, pas de doutes, on sent bien qu’on est dans un shôjô. On voit des relations se tisser en Nobara et 2-3 garçons du club.
Pour le moment, il n’est pas question d’histoire d’amour car Nobara s’en moque, mais des liens se construisent petit à petit. On voit des comportements évolués, passant de l’indifférence, à de l’amitié, puis vers une sorte d’attirance. Cet aspect est assez agréable et ne tombe pas dans l’overdose et la romance guimauve.

La faute, ou plutôt grâce, au personnage de Nobara. Ce garçon manqué est une fille pétillante de vie, de motivation et a un sacré caractère. Elle sort un peu des sentiers battus et se montre attachante. On a envie de la voir réussir dans sa quête de monter une équipe.
Un autre intérêt réside dans sa famille et ce qu’elle attend d’elle. Alors qu’elle est résolument moderne, pas du tout coquette, sa famille veut lui confier la succession d’un restaurant très traditionnel où elle devra se montrer très féminine tout le temps. Ce contraste est forcément source d’ennuis et donc d’intérêt pour le lecteur.
Par contre, avec ce personnage, la mangaka, flirte dangereusement, avec un coté énervante et tête à claque.

Concernant les autres personnages, ils sont aussi caricaturaux que l’héroïne est originale. Entre une famille traditionaliste, une tante infirmière un poil nympho, des garçon bien stéréotypés, on est pas forcément gâté. Du coté des garçons, il y a deux profils : le pseudo-dur, de prime abord égoïste et froid mais qui cache un cœur et le taciturne amoureux depuis des années. On sent qu’il se dessine un triangle amoureux, même si on en est qu’aux prémices.

Graphiquement, c’est du shôjô avec ce découpage si particulier, ses effets de texte, des tramages, qui sentent bon les fleurs, les feux d’artifice et l’amour; bref si caractéristique du shôjô.
Les charadesigns sont assez soignés, mais toujours très marqué shôjô, avec une certaine androgénie. Quand on feuillette, on a pas de doute sur le type de manga.
Par contre, les dessins sont parfois inégaux. Certains personnages d’une case à l’autre ne sont plus exactement pareils. Il y a aussi des approximations anatomiques et de proportion.
De même, lors des phases de jeu, on sent la mangaka hésitante. Ça manque de dynamisme.

Pour conclure, je suis un peu déçu par ce Crimson Hero. Le volley n’a pas, pour le moment, la place que j’espérais le voir prendre. Je sais bien qu’il sert de contexte et d’alibi à ce shôjô, que c’est une introduction, mais j’espérais en voir plus et mieux fait. Pour le reste, on retrouve bien les différents éléments d’un shôjô, que ce soit graphiquement, ou au niveau du scénario. On sent la naissance de liens plus ou moins affectifs entre l’héroîne et les volleyeurs. Mais pour le moment, nous ne sommes pas dans de la romance pure. Et heureusement.
Mais ce titre se lit relativement bien, malgré quelques longueurs, grâce à une héroïne originale, pétillante et attachante.

Je ne suis pas fan de shôjô, mais ce Crimson Hero reprend trop, à mon avis, certains « clichés » du genre, pour me passionner. Mais ce n’est pas pour autant que je me suis ennuyé. Je tenterais quand même la suite, voir si le volley prend plus d’importance.

Et vous qu’en avez-vous pensé? Le volley est-il trop peu exploité ? Est-il vraiment typé shôjô ?

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