. [Cinéma] Monsters de Gareth Edwards | Fant'asie
Kameyoko 07/12/2010 2

Affiche Monsters de Gareth Edwards

[Cinéma] Monsters de Gareth Edwards

Un road movie sur fond d’aliens

Monsters réalisé par Gareth Edwards est le dernier film mettant en scène des créatures aliens débarquées sur Terre. Ici l’action se passe entre le Mexique et les Etats-Unis.

Ce film a été vendu en le comparant à des District 9, Cloverfield… Si le coté petit budget avec des aliens qui viennent s’établir sur Terre y fait, de loin, penser, on verra plus tard que c’est faux. Cette comparaison sert juste d’argument marketing servant à attirer le chaland, mais en le trompant sur la marchandise.

On parle effectivement bien d’extra-terrestres qui sont sur Terre, mais dans une approche différente des films précédemment cités.

Monsters avec Withney Able, Scoot McNairy et réalisé par Gareth Edwards est sorti dans les salles depuis le 01 décembre 2010.

Résumé de Monsters distribué par SND

Synopsis made in Allociné :

Une sonde de la NASA s’écrase dans la jungle mexicaine, libérant sur terre des particules d’une forme de vie extra-terrestre. Six ans plus tard, le Mexique et le Costa-Rica sont devenus des zones de guerre désertées par les populations locales, mises en quarantaine et peuplées de créatures monstrueuses. Un photographe est chargé d’escorter une jeune femme à travers cette zone dévastée. Seuls sur la route, ils vont tenter de rejoindre la frontière américaine…

Monsters, pas le film que l’on pense

Monsters, au travers de teasers, d’une affiche et d’une bande-annonce trompeuse, est un film qu’on nous vend en le comparant à District 9 ou à Cloverfield. La communication induit le spectateur en erreur en le laissant imaginer un film angoissant, très orienté action et dans une atmosphère oppressante. Donc non ce n’est pas un film de monstres, non l’intérêt principal ne réside pas dans la lutte contre les aliens !

Le film est une sorte de road movie, contemplatif, presque métaphorique avec une forme d’ode écologiste.

Savoir ce qu’on va voir dans ce genre de cas est primordial. J’y ai été en ne sachant pas trop ce que je verrais et surtout en m’attendant à voir des monstres, à frissonner et à ressentir de la tension en me demandant quand les aliens allaient attaquer.

Forcément, quand je constate que le film n’a rien strictement rien à voir avec ce que m’attendais à trouver, j’ai été surpris et un peu déçu.

A cause de cette idée que le spectateur peut se faire avant, ce film ne fera pas l’unanimité. Je reste persuadé que pour apprécier ce genre de film, il faut savoir ce qu’on va voir.

Donc mon cas, j’ai trouvé le tout lent, peu rythmé, peu d’action, peu d’angoisse… En même temps c’est logique, ce n’est pas le but de Gareth Edwards.

En sortant de la séance, c’est ces premiers sentiments que j’ai ressenti, tout en ayant conscience que le film, vu différemment aurait pu être très bon.

Ce film doit être vu comme une expérience, et ce d’autant plus que le budget du film est ridicule (on annonce 15000 $, mais j’ai des gros doutes), et que ça ne se voit pas du tout à l’écran.

Tout débute avec une introduction assez courte, qui plante le décor. On voit notamment ces fameux monstres, les raisons de leur présence sur Terre, les incidences que leur apparition a eu et donc une présentation de cette zone à risque entre le Mexique et les Etats-Unis.

Ensuite on bascule dans le « récit pur » avec une scène de nuit, filmée caméra à l’épaule, suivant des militaires qui arrosent copieusement un poulpe (enfin un extraterrestre qui ressemble à nos céphalopodes mais en plus gros). C’est une des rares scènes qui fait penser aux films dans la mouvance d’un Cloverfield ou District 9.

Après cette scène, on revient quelques jours en arrière (procédé narratif assez classique), et là le film perd son affiliation aux films cités précédemment.

On suit deux jeunes personnes, amenés à s’aimer, dans leur périple pour rejoindre les Etats-Unis et donc traverser la zone dévastée.

Et là, on est loin d’être dans un film de monstres, où la tension est permanente, avec des apparitions fugaces de créatures et des scènes de fuite. Non, là c’est plus du ressort du road movie contemplatif, avec de superbes plans, et un focus particulier sur le nouvel éco-système.

Il y aussi un petit coté initiatique avec ce garçon et cette fille qui vont apprendre à s’apprécier puis développer des liens plus forts, tout en en apprenant plus sur eux-même. Il ne s’agit pas d’une romance à proprement parlé mais d’une relation poétique qui évolue.

L’intrigue est assez faible. On sent que la volonté est de jouer sur l’ambiance et sur certains plans, en jouant notamment sur une certaine lenteur envoûtante.

Pendant la majorité du film, l’aspect « science-fiction » est relégué au second plan, voir parfois quasiment inexistant. Seule la fin nous rappelle que nous sommes dans un territoire infesté de poulpes géants.
Sauf que cette manifestation diffère de ce qu’on s’attend et matérialise à elle seule l’esprit du film.

Pour conclure Monsters n’est pas le film que je m’attendais à voir. On est très très loin d’un film de monstres classique. Je suis ressorti de la séance un peu déçu car ça manque d’action, de rythme et il y a des longueurs. Mais ce sentiment vient du fait que je me suis totalement trompé sur ce film.

Pourtant Monsters regorge de qualité. Ce road movie initiatique se veut contemplatif, une sorte de fable sur fond d’invasion d’aliens. La réalisation use parfois d’un style caméra à l’épaule, tantôt des plans plus fixes, mais toujours avec la volonté de proposer des plans posés, magnifiques. On peut regretter, néanmoins, un scénario assez simple et des personnages parfois touchants, sensibles et parfois pas crédibles.

Un film à part, une expérience intéressante mais qui nécessite de le savoir avant d’aller le voir.

Monsters est un film trompeur, mais qui cache une beauté envoutante.

Et vous qu’en avez-vous pensé? Pensiez-vous qu’il s’agissait d’un film dans la veine d’un District 9?

2 commentaires »

  1. Corti 07/12/2010 at 19:32 -

    Ben déjà, mettre Cloverfield et District 9 sur un même plan, ça me paraît totalement absurde à mes yeux.

    Enfin bon, tu m’as donné envie de le voir, c’est déjà ça 🙂

  2. Kameyoko 13/12/2010 at 10:25 -

    @Corti : Effectivement Cloverfield et District 9 sont bien différent. Donc oui les citer en même temps et les mettre un peu dans le même sac est un peu absurde. Mais je cite ces deux films car au final dans leur approche il y a des similitudes avec Monsters (petit budget, parfois caméra à l’épaule, aliens sur Terre, évènements vu par des personnages communs…).

    Et si tu regardes ce qui est dit sur ce film ces films sont systématiquement cité. Je voulais mettre en garde sur le fait que Monsters est à des kilomètres de ces deux films.

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