. [Cinema] Le Vent se lève de Hayao Miyazaki | Fant'asie
Kameyoko 08/01/2014 3

Le Vent se Lève d'Hayao Miyazaki - Affiche

Critique du film Le vent se lève d’Hayao Miyazaki

Le dernier film du maître ?

Le vent se lève (Kaze Tachinu en VO) est le prochain film du studio Ghibli à sortir en France. Il aura une saveur toute particulière puisqu’il pourrait bien être le dernier de Hayao Miyazaki.

Après tout un tas de films géniaux comme Nausicaä, Princesse Mononoke, Le Voyage de Chihiro et bien sûr Mon Voisin Totoro, ce nouveau film se hissera-t-il à ce niveau d’excellence ?

Le Vent se lève de Hayao Miyazaki  est distribué Par Walt Disney et sortira en salle le 22 janvier 2014.

Résumé de Le vent se lève

Synopsis :

Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde.
Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.

Le vent se lève, il faut tenter de vivre

Le vent se lève, avant même sa sortie dans nos salles obscures, fait figure de film incontournable. Il se pourrait fort bien que ce soit le onzième et dernier film réalisé par le maître incontesté et incontestable de l’animation japonaise : Hayao Miyazaki. Tout admirateur de ce génie aura un pincement au cœur en sachant cela.

Celui qui a débuté sa carrière par le Château de Cagliostro, seul film de sa filmographie ancré dans le réel, la terminera par ce Le Vent se lève, lui aussi très réel. La boucle est bouclée ! De plus, il se pourrait bien qu’il nous ait livré son film le plus personnel.

Mais ne sombrons pas dans la tristesse et la nostalgie. Même si Miyazaki a annoncé que c’était son dernier film, il se pourrait bien que ce ne soit pas tout à fait le cas. A voir.

Le Vent se lève est une sorte de biopic (mais à la façon Miyazaki) de Jiro Horikoshi, ingénieur aéronautique japonais, qui concevra le Mitsubishi A6M, surnommé le « Zéro ». Cet avion jouera un rôle prépondérant lors de la seconde guerre mondiale, notamment à Pearl Harbor. Au travers son histoire personnelle et sa quête de réalisation d’un avion, les petits événements croiseront les grands moments de l’histoire japonaise de cette période. Que ce soit la Grande Dépression des années 20, le terrible tremblement de terre du Kanto en 1923, les prémices de la 2nde guerre mondiale, ou encore l’épidémie de tuberculose, tous ces événements apparaîtront de façon plus ou moins directe ou suggérée.

Le Vent se lève est un film qui n’est pas à destination des enfants, mais à un public mâture, voir même amateur de Miyazaki. J’ai trouvé que c’était un film assez difficile d’accès. Il est très ancré dans la culture japonaise, son histoire, ses coutumes… Si on ne connait pas un minimum ces choses-là, on pourrait être un peu perdu. Surtout que le récit est loin d’être linéaire. Il est très elliptique avec une frontière ténue entre imaginaire et réalité. Hayao Miyazaki joue beaucoup avec cette limite et n’hésite pas à faire de grosses ellipses sans l’annoncer clairement. Il laisse le soin au spectateur de s’en rendre compte et combler les trous.

Ce film respire la touche Miyazaki. Evidemment graphiquement, on reconnait au premier coup d’oeil, le coup de crayon du maître, avec son charadesign identifiable entre mille. Mais surtout on retrouve énormément de l’homme dans ce film. Même s’il s’éloigne de certains faits qu’on pensait établi quand on parle de Miyazaki et plus globalement de Ghibli, notamment sur le fait que c’est très majoritairement une héroïne le personnage principal et que c’est toujours fantastique, on retrouve des grandes thématiques qui lui sont chères.
Ainsi le vol est central dans ce long-métrage. Encore plus que dans Nausicäa, Le Château dans le ciel ou même Porco Rosso, il nous fait partager son amour de l’aviation. Le vent est également présent tout au long du film, annonciateur d’événements plus ou moins gaies. Le vent a toujours été présent dans l’ensemble de ces films.
La part du rêve est essentiel dans ce film, et est matérialisée par un Caproni fantasmé. Ces séquences, seule touche fantastique, sont magnifiques, oniriques et enchanteresses.
L’amour et plus globalement les sentiments, et le tourbillon d’émotions suscitées sont la panache de ce réalisateur de génie. Mais ici, il y a quelque chose de plus profond, plus adulte, plus mélodramatique. Il y a toujours cette pointe de nostalgie, de contemplation et de bons sentiments sous-jacents, mais le contexte et le background sont emprunts de mortalité. Néanmoins, on ne bascule jamais dans le pathos, car Miyazaki est un génie pour nous emporter dans son sillage avec ces bons moments, ces petits plaisirs simples, ces sentiments touchants, tout en simplicité.

 

Le réalisateur nous livre une histoire d’amour entre Jiro et Nahoko d’une beauté renversante. Le spectateur est pris dans cette romance tout en finesse et doigtée. Malgré l’apparente simplicité de la relation, elle se montre hyper poignante et touchante jusqu’à nous livrer une conclusion bouleversante et intimiste, très japonaise, tout en retenue. D’autres réalisateurs se seraient pris les pieds dans le tapis avec cette relation, mais ici elle est magnifiée par le génie de Miyazaki.

Le vent se lève est un film magnifique, qui aurait pu être extraordinaire si tout le film s’était montré aussi dense, touchant et passionnant que la seconde moitié, d’une maestria rare. Malheureusement, la première partie est moins réussie.
Il ne s’y passe pas grand chose, et le rythme est très lent, contemplatif certes, mais longuet. Surtout qu’il n’y a pas la fantaisie enchanteresse de ses autres long-métrages. Hayao Miyazaki prend le temps de poser le contexte et son personnage principal mais en oubliant un peu le rythme.

 

« Le vent se lève, il faut tenter de vivre » est le ciment de film. Ces vers, issus du poème Le Cimetière marin de Paul Valery, dit en français dans le film, trouvent un formidable écho dans ce film. Face aux impondérables, aux difficultés, aux menacent qui pèsent, il faut continuer de vivre sa vie, réaliser ses rêves et profiter de chaque moment de la vie.

Pour conclure, Le Vent se lève d’Hayao Miyazaki est un magnifique chant du cygne pour ce maître de l’animation. Il nous livre peut-être son film le plus adulte et le plus personnel. Comme tous ses films, il est amené à être culte car on frise encore l’excellence.
Mais ce n’est pas le meilleur Miyazaki, et il n’est pas parfait non plus, pour deux raisons : il est exigeant et difficile d’accès et surtout parce que la première partie du film est lente, et peut paraître ennuyeuse.
Ce qui est dommage car la seconde moitié est excellente, prenante, touchante, magnifique et d’une subtilité comme seul Miyazaki peut le faire. C’est la quintessence de son génie.

J’espère que ça ne sera pas son dernier film, même si ça serait presque le meilleur choix pour finir. Hayao Miyazaki est un Dieu pour moi, et ce n’est pas ce Le Vent se lève qui me fera changer d’avis.

Je retourne pleurer dans mon coin en pensant que c’est son dernier film. Rarement un réalisateur aura autant réussi susciter autant d’émotion en moi, au cours de toute sa filmographie.

 

Un film à aller voir ! Et c’est un ordre !

3 commentaires »

  1. Blog jeu 08/01/2014 at 12:14 -

    Et nous allons obéir !
    Franchement, il n’y a que Ponyo qui m’a laissé parfois perplexe.

  2. Solwega 12/01/2014 at 12:12 -

    Les critiques sont allés jusqu’à dire qu’il s’agissait du meilleur film d’animation jamais fait ! J’ai hâte de le voir.

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