. Captain Swing et les Pirates de Cindery Island | Fant'asie
Kameyoko 10/04/2012 2
Captain Swing et les Pirates de Cindery Island
  • Scénario
  • Graphisme

Captain Swing et les Pirates de Cindery Island de Warren Ellis et Raulo Caceres

Warren Ellis est l’un des scénaristes les plus talentueux u moment. En plus, il se montre assez prolifique, avec à son actif beaucoup d’excellents comics (Transmetropolitan, The Authority, Planetary, FreakAngels, Anna Mercury, Ignition City…). Son nom justifie presque à lui seul l’achat de comic.

C’est le cas avec ce Captain Swing et les Pirates de Cindery Island. Mais au-delà du nom du scénariste, le synopsis, la superbe édition de Milady Gaphics… tout porte à croire que ça sera un bon petit titre. Est-ce le cas ?
Captain Swing et les Pirates de Cindery Island de Warren Ellis et Raulo Caceres est édité pa Milady Graphics et est disponible à la vente depuis le 17 février 2012

Steampunk et électricité

Résumé de Captain Swing et les Pirates de Cindery Island chez Milady Graphcis

Résumé de Captain Swing et les Pirates de Cindery Island par l’éditeur :

Londres, 1830. Le jeune flic Charlie Gravel ne cesse d’être témoin de choses qu’il ne devrait pas voir : un navire volant, des pirates armés d’étranges artefacts électrique… et un capitaine qui nargue la police. Un révolutionnaire qui défie le la loi pour remettre au peuple la science et ses miracles et les libérer du joug des puissants. Dans les rues, on murmure le nom de Spring-Heeled Jack…
Mais il préfère qu’on l’appelle Captain Swing.
Voici son histoire.

Dans un Londres alternatif de 1830

L’idylle continue entre Milady Graphics et Warren Ellis. Après nous proposé l’excellent triptyque: No Hero, Black Summer et Supergod, mais aussi le plus discutable Wolfskin; l’éditeur français revient avec un Warren Ellis s’attaquant au steampunk. Ces deux éléments se suffisent à eux-mêmes pour que l’on s’intéresse à ce comic.
Le premier intérêt de ce titre réside dans le contexte et le monde imaginé par le scénariste prolifique. Même si techniquement ce n’est pas du steampunk, puisqu’il n’y a pas de vapeur, il est difficile de lui donner le qualificatif d’électropunk. L’histoire se déroule dans un Londres des années 1830 imaginé. Nous suivons les pas du policier Charlie Gravel sur les traces de Spring Heeled Jack, connu sous le surnom de Captain Spring, pirate voguant sur un vaisseau volant grâce à l’électricité. Ce dernier est soupçonné de plusieurs meurtres de policiers. Mais au fur et à mesure, les certitudes de Gravel vont s’estomper et il va comprendre dans quel monde il vit.

L’électricité est au coeur du récit. Dans un monde où elle n’est pas répandue, seul Captain Swing et son équipage s’en servent, notamment pour faire voler leur vaisseau. Cela permet de donne lieu à des éléments étonnants. Outre l’utilisation faite par les pirates, c’est aussi ce qui est coeur de l’enjeu scénaristique. Ce Captain Swing veut apporter cette énergie au peuple, mettant en exergue la lutte entre classe dirigeante et police corrompues contre le peuple, qui n’a pas accès à la science et à l’innovation, pour des raisons obscures.

Warren Ellis, avec ce Captain Swing et les Pirates de Cindery Island souffle un vent contestataire, avec l’opposition sociale et la confrontation de deux idéologies. Il y a, dedans, un petit coté V pour Vendetta mais en moins profond et moins engagé.

Néanmoins, Ellis arrive, en l’espace de seulement 4 chapitre, à créer un univers extrêmement intéressant, au potentiel évident et avec un univers qui pourrait être riche. Ce qui est presque le cas. Car malheureusement ce comic aurait mérité plus d’un tome. Car quand on finit la lecture, on ne peut s’empêcher d’éprouver un certain sentiment d’inachevé et de précipitation.

Le scénariste a de très bonnes idées, il en exploite certaines, mais en laisse d’autres de coté. De plus, on a l’impression que tout va trop vite. Il ne prend pas le temps de développer certains aspects notamment sociaux, contestataires et scientifiques. De même, les personnages manquent cruellement de background et de développement. Seul Spring Heeled Jack s’en sort bien. Charlie Gravel ne parvient pas à convaincre, car il s’embarque trop facilement dans cette aventure. Quant aux seconds du Captain Swing, ils on droit au strict minimum de développement. Ce qui fait qu’on peine à s’y attacher. La faute à ces 4 chapitres, beaucoup trop courts. On aurait aimé en voir plus sur ces pirates de Cindery Island, sur ce Londres imaginé…

Pourtant, même avec ce sentiment de manque de développement, le talent de Warren Ellis est visible. En 4 chapitres, il donne une profondeur à son récit assez étonnante. Son univers semble vaste et envoûtant. Il ne va, simplement, pas au bout de son idée. Mais ce qu’il met en place est assez épatant.
Sa construction narrative surprend aussi. En insérant des pages de plein texte, il densifie l’univers et apporte beaucoup d’informations sur le contexte, qui ne peuvent être apportées par la partie « dessinée ». Mais Warren Ellis s’y prend un peu maladroitement, car je trouve que ça hache le récit et alourdit la lecture.
Mais Captain Swing et les Pirates de Cindery Island est un comic bien divertissant, même s’il est frustrant.

Au dessin, Raulo Caceres offre des planches moyennes, avec parfois des problèmes de finition, appuyé par un trait « lourd » qui fait perdre en lisibilité. Mais heureusement, les passages mettant en scène l’électricité sont plutôt réussis et aident à faire oublier la banalité des dessins. Il n’est pas non plus aidé par une colorisation, elle aussi, médiocre, sombre et qui ne parvient pas à sublimer cet univers élecropunk.

Pour conclure, il est indéniable que Warren Ellis est un scénariste de talent, prolifique et intelligent. Ce Captain Swing et les Pirates de Cindery Island le prouve encore, car le monde imaginé est prenant, vaste et plein de personnalité. Mais ce n’est pas un Ellis au top de sa forme. Ce comic a un goût de trop peu, et se montre parfois maladroit dans son développement (notamment des personnages), et dans sa narration parfois un peu lourde.
Mais au final, même si j’aurais préféré que l’histoire soit plus développée, nous avons un comic de qualité, divertissant, envoûtant.
Malheureusement, le dessin de Raulo Caceres n’est pas forcément à la hauteur. Il est assez quelconque et ne parvient pas à sublimer ce Londres de 1830.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Est-ce un bon comic signé Warren Ellis ? Avez-vous eu ce goût de trop peu ?

2 commentaires »

  1. Torospatillo 10/04/2012 at 16:19 -

    Je suis tout à fait d’accord avec toi…
    Cette histoire avait un certain potentiel, mais le format est trop court pour vraiment convaincre, dommage!
    Par contre, tu ne parles pas du fait que l’histoire semble se baser sur des faits réels, ce qui est relativement original.

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