. Bride Stories – tome 2 de Kaoru Mori | Fant'asie
Kameyoko 21/10/2011 0
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Bride Stories – tome 2 de Kaoru Mori

Toujours un coup de coeur

Bride Stories fait parti de ces mangas, qu’on n’attend pas forcément, qui ne sont pas très connus mais qui pourtant sont un réel enchantement.
Le premier tome avait été un excellente surprise comme j’aimerais en avoir plus. Je m’attendais à un bon titre, mais pas à ce niveau de qualité. J’ai trouvé cela tout simplement génial !
Ce seinen de tranches de vie d’un peuple des plaines d’Asie Centrale au 19ème siècle est un véritable enchantement. Le graphisme était à tomber par terre, fourmillant de détails.
Bref, j’ai adoré et c’est avec entrain et impatience que je me suis rué sur la suite.

Résumé de Bride Stories 2 chez Ki-oon

Résumé de l’éditeur :

Amir, qui ignore encore que son père a pour projet de la marier à un autre homme, s’habitue peu à peu à sa nouvelle vie aux côtés de Karluk et de sa famille.
Hélas, après avoir vu ses émissaires renvoyés sans ménagement, le clan de la jeune femme n’a pas l’intention d’en rester là : cette fois-ci, c’est toute une troupe de cavaliers qui font irruption dans le village, et ils comptent bien ramener Amir avec eux… quitte à employer la force !

Une fresque humaine et humble

Si je lis autant de manga et si j’y prend autant de plaisir c’est parce qu’il arrive, parfois, de tomber sur de vrais petits bijoux, qu’on attendait pas. Bride Stories fait parti de ces agréables surprises qui vous font penser que le manga est un art et un réel plaisir.

Oui, je suis tombé sous le charme de ce seinen et ce n’est pas prêt de finir vu que le tome 2 vient confirmer l’excellente impression laissée par le premier.
Pourtant, j’attendais au tournant ce deuxième volume. Il est toujours plus difficile de confirmer.
Mais le talent de Kaori Mori parvient à nous enchanter une fois de plus en proposant de l’action (chose rare), de la tension, de nouveaux personnages et des scènes de la vie quotidienne. Le tout magnifié par un dessin d’une exceptionnelle beauté.

Dans ce tome, Amir va faire la connaissance d’une jeune femme : Pariya, un peu caractérielle, avec son franc parler et qui a du mal à se fiancer. Sous ses airs extravertis, elle est en fait quelqu’un de très touchant mais qui agit maladroitement.Elle est très différente d’Amir, mais pourtant, très rapidement elle devient attachante. Surtout qu’elle bénéficie d’un bon charadesign, ce qui permet de la repérer au premier coup d’oeil (ce qui n’est pas forcément le cas de toutes les femmes). C’est intéressant de voir comment au contact d’Amir, elle va s’épanouir et s’ouvrir plus. Son développement parait logique et réaliste.

Mais très vite, l’atmosphère si paisible et zen, va laisser place à une certaine tension. Même si c’est loin d’être une surprise, le clan d’Amir vient la chercher pour la marier à un autre, réputé violent. Donc bien loin du jeune Karluk.

Et là pour la première fois, on va réellement avoir de l’action, puisque la famille d’Amir est bien décidée à la reprendre, même s’il faut utiliser la force. Mais cette scène qui dure plusieurs pages est une scène d’action de Kaoru Mori, donc loin d’un shônen. Il y a toujours cette volonté d’être crédible et toujours humain.
Ainsi, on est surpris par la réaction de la nouvelle famille d’Amir, mais plus globalement du village qui n’hésite pas à prendre la défense de la jeune mariée. La mangaka utilise habillement son univers pour cette bataille. Ainsi les villageois ne sont pas représentés comme des guerriers. Ils sont juste débrouillards et malins. Ce qui renforce la crédibilité et l’immersion.

Pour cette phase portée sur l’action, la mangaka s’en sort très bien. C’est fluide, dynamique, bien dessiné et bien construit. Elle parvient même à conserver cette qualité graphique et ce soucis du détail pour livrer des planches magnifiques.
Elle mène bien son récit avec des rebondissements, des personnages qui sont en même temps développés, on ne tombe dans le manichéen, une relation particulière a lieu entre Karluk et Amir, et pour finir par une dernière scène impactante et forte en émotion.

Après ce passage, on reprend un rythme plus posé, presque poétique et contemplatif. Ainsi, on voit Smith, l’étranger du clan, être au devant de la scène via une succession de lettres. Ce passage permet également de densifier un peu la géopolitique et le monde autour.

On assiste également à de jolies scènes qui permettent de développer la relation entre Amir et Karluk. Les deux sont terriblement attachants, malgré leurs différences. C’est très agréable de suivre l’évolution de leur relation, de voir comment ils se rapprochent, apprennent à se connaitre et à s’apprécier et apprennent à remplir leurs obligations envers l’autre.

On a également tout un passage sur la broderie. Oui, dit comme ça, ça a l’air chiant. Mais pourtant tout le talent de Kaoru Mori, grâce à ses personnages, la justesse de ses dialogues et toute la sympathie qu’elle parvient à dégager, fait que c’est un plaisir à lire.
On y voit ainsi, en quelques pages tout un pan de la culture de cette tribu et de leurs héritages; et l’importance de la transmission du savoir. C’est aussi l’occasion de mettre en avant le fantastique travail de précision et de finesse de la mangaka avec tous ces motifs, finement représentés.

 

Graphiquement, Bride Stories est toujours autant une claque visuelle. Je persiste et signe en disant que je n’ai rarement vu un tel graphisme.Tout est fin, précis, détaillé et d’une minutie impressionnante. Kaoru Mori démontre encore une fois tout son talent, déjà aperçu dans le tome 1. Mais ce que j’aime c’est cette certaine humilité. C’est très beau avec un grand soin apporté à tous les détails mais sans faire dans l’esbroufe. On ressent plus l’amour du sujet et des motifs représentés qu’une volonté d’étaler son talent.

Tout est travaillé et magnifiquement mis en oeuvre. Que ce soit les décors, les costumes, les objets, les ornements c’est d’une beauté à couper le souffle. Mais la mangaka rajoute une corde à son arc, avec un vraie maîtrise des scènes d’action, avec notamment un bon découpage.

Je ferais juste une critique sur la trop grande ressemblance de certaines femmes. Mais c’est pour chercher la petite bête.

 

Pour conclure, Bride Stories confirme le coup de coeur que j’ai eu pour ce titre. C’est un seinen est pétri de qualité graphiques mais aussi narratives. Dans ce tome, on a le droit à de l’action maitrisée, des scènes de vie où l’on se projette aisément, des personnages qui s’épaississent… Graphiquement, c’et toujours au top !

Bref, je suis en admiration devant ce manga que je recommande chaudement. C’e’st pour des titres comme cela que je lis des mangas. C’est pour partager de tels coups de coeur que j’écris sur Fant’Asie !

Assurément l’une des meilleures nouveautés de 2011 !

Qu’avez-vous pensé de ce tome ? Partagez-vous mon enthousiasme ?

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