. Black Science – tome 2 | Fant'asie
Kameyoko 08/09/2015 0
  • Scénario
  • Graphisme

Black Science - tome 2

Black Science – tome 2 : La boîte de Pandore de Rick Remender et Matteo Scalera

L’infinivers et ses mystères

Après un premier volume très accrocheur, bourré d’inspirations de la SF classique, Black Science nous revient avec un tome 2 que j’attendais impatiemment.

J’avais hâte de voir ce que Rick Remender allait nous concocter et voir toute son imagination à l’oeuvre. Mais qu’en est-il ?

Black Science – tome 2 : La boîte de Pandore de Rick Remender et Matteo Scalera est édité par Urban Comics et est disponible à la vente depuis le 07 mai 2015.

Résumé de Black Science 2 chez Urban Comics

Résumé de l’éditeur :

La Ligue Scientifique Anarchiste a perdu son créateur, dernière victime en date des sauts chaotiques du Pilier à travers l’Infinivers… mais sont-ils si chaotiques que cela ? Alors que les survivants de l’équipe tentent de survivre dans un monde où magie et science forment un tout indissociable, les terribles secrets de leur odyssée interdimensionnelle leur sont progressivement révélés !

Focus sur Nate et Pia

Le tome 2 repart de suite après les aventures du premier opus. Un début in media res (oui j’aime utiliser des termes latin^^) qui plonge directement le lecteur dans le feu de l’action. Nous découvrons ainsi nos personnages principaux dans une mauvaise posture au sein d’un nouveau monde étrange. Il est d’ailleurs à noter que les sauts dans les univers sont moins légions, puisqu’une immense partie du récit se contente d’un seul et unique monde. Et cet environnement est foisonnant de créativité avec des « résidents » insectoïdes ou des trolls, des poissons-chevaux…
On sent que Remender et Scalera s’éclatent à donner vie à cet univers, et à créer ces races et décors.

 

Même si l’action est de mise, avec un rythme élevé, on perçoit la volonté de poser plus ses personnages. Dans une première partie, le scénariste s’attarde sur Kadir. Si on le considérait comme un ordure égoïste, Remender le nuance plus. Sa parole donné à McKay le fait devenir une sorte de « héros ». Il apparait comme quelqu’un qui a finalement un sens moral, qui tient beaucoup à sa parole, même si certains de ses actes sont purement égoïstes.

Dans une seconde partie, nous allons plus nous intéresser aux enfants de Grant McKay : Nate et Pia. On s’attarde notamment sur leur perception de leur père et la façon dont il gère leur deuil. Entre un Nate qui, finalement, admire son père et une Pia qui lui en veut, il y aura quelques réflexions et développements intéressants. Les autres personnages sont un peu laissés de côté, malgré quelques rebondissements prometteurs.  Le shaman-robot ne se voit pas développé, mais gagne en charisme en étant extrêmement badass.
On verra aussi quelques versions alternatives de McKay, qui permettent d’apporter de nouveaux thèmes et réflexions à ce récit de science-fiction déjà assez dense.

 

Rick Remender fait aussi avancer son récit, avec plusieurs révélations et rebondissements bien sentis qui nous garantissent la profondeur de cette histoire. On sent que Black Science a un potentiel énorme, et que cet infinitivers est encore plein de ressources et de mystères. Surtout que le scénariste américain ponctue ses avancées avec de vrais réfléxions et thèmes forts comme le sens de la moralité, l’impact du Pilier, la paternité, l’héroïsme…

 

Par  contre, même s’il y a de multiples bonnes idées, des univers très graphiques avec des habitants originaux, j’ai quand même l’impression que le concept n’est pas totalement exploité. Les mondes se cantonnent souvent à un paysages et des créatures bizarres. Il manque tout une dimension plus anthropologique et culturelle. On ne sait finalement rien sur les spécificités du monde exploré, les coutumes et cultures… ou du moins pas assez. Limite le monde qui s’inspire de l’Egypte des pharaons, mais transposé dans un univers proches des années 1930-1950, est plus travaillé que l’univers où les membres de la Ligue Scientifique Anarchiste sont. Elle a plus d’âme.
C’est ma seule critique, car on aimerait en savoir plus sur ces mondes, les différences avec notre réalité… Surtout que c’est souvent un moyen facile d’aborder plein de thèmes et des « what if » qui stimulerait notre imagination.

Mais ça ne gâche pas du tout la qualité et le potentiel de Black Science qui demeure un excellent récit de SF !

 

Si le travail de Remender est digne de louange, la prestation de Matteo Scalera n’est pas à oublier non plus. Son trait dynamique, qui rappelle toujours un peu Sean Murphy, est au diapason du récit. Il offre un dynamisme incroyable et lui aussi foisonne de bonnes idées. Que ce soit dans la représentation des mondes ou de la composition et la mise en page, on sent que l’italien s’éclate ! Et ce, pour notre plus grand plaisir !!

Pour conclure, Black Science – tome 2 : La boîte de Pandore de Rick Remender et Matteo Scalera nous démontre bien que nous avons un excellent titre SF, bien mené, palpitant et rythmé. Tout n’est pas parfait, car il y a quelques légers défauts, mais difficile de ne pas tomber sous le charme de ce comic. Surtout que l’intrigue et les personnages prennent encore en épaisseur et que l’aspect graphique est de toute beauté !

Rick Remender parvient à maintenir constant l’intérêt de son titre par des rebondissements qui relancent l’intrigue. Le lecteur dévore donc cet opus, tout en voulant en lire plus. Vivement la suite, vivement d’en savoir plus sur cet Infinitivers !

Et vous qu’avez-vous pensé de ce volume ? Confirme-t-il que Black Science est un vrai bon titre ?

 

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