. Bilbo le Hobbit de J.R.R Tolkien | Fant'asie
Kameyoko 30/04/2009 16

Bilbo le Hobbit de J. R. R Tolkien

Bilbo le Hobbit de J. R. R Tolkien

L’introduction du Seigneur des Anneaux

Si on ne devait citer qu’un titre de fantasy la plupart des gens citerait le « Seigneur des Anneaux » de J. R. R Tolkien. Et ce choix là, ne serait pas illogique tant cette trilogie a façonné la fantasy. Pourtant, l’auteur avait d’abord commencé  avec Bilbo le Hobbit qui se situe dans le même univers que le Seigneur des Anneaux.

Bilbo le Hobbit est le premier roman publié par JRR Tolkien en 1937, sans que celui-ci ait déjà en tête le Seigneur des Anneaux. La légende raconte aussi que si on a pu avoir droit au Seigneur des anneaux c’est grâce au fils (Rayner Unwin) de l’éditeur de l’époque.

En effet l’éditeur de l’époque a demandé à son fils de faire une fiche de lecture du roman de Tolkien non encore publié. Ce dernier a adoré. C’est ainsi que son père a décidé de le publier. Devant le succès rencontré par ce premier livre et à la demande des fans Tolkien imaginera par la suite le Seigneur des Anneaux.

Ce Bilbo le Hobbit est présenté comme une oeuvre enfantine, mais penser cela serait bien réducteur.

Mais avant d’aller plus loin, un petit résumé :

Bilbo le Hobbit ou l’Histoire d’un aller et retour

Ce livre nous raconte l’histoire de Bilbo Baggins (qui deviendra Bilbon Sacquet ensuite) qui vit dans un trou dans la terre. Bilbo est un Hobbit et comme tous les hobbits il aime bien son petit chez-soi à Bag End, et ne cherche pas l’aventure.

Un jour il reçoit la visite du magicien Gandalf qui lui propose une aventure. Dès lors apparaîtront tour à tour des nains dont leur chef est Thorïn Oakenshield. Ils seront treize au final : Thorïn, Balïn, Bifur, Bofur, le gros Bombur, Dwalïn, Glóïn (père de Gimli), Óïn, Dori, Nori, Ori, Fíli et Kíli. Ils tinrent alors une réunion pour échafauder les premiers plans d’une mission. Cette dernière consiste à aller récupérer le trésor des aïeux de Thorïn perdu lors de l’attaque de Smaug le dragon. Depuis ce dernier veille jalousement ce trésor à la Montagne Solitaire.

Gandalf proposa Bilbo comme le Cambrioleur qui leur manque. En échange il touchera 1/14 du trésor. Mais voilà Bilbo n’est pas du tout un cambrioleur et ne s’est jamais aventuré hors de ces terres. Mais finalement, son coté aventureux (son coté Took) prendra le dessus.

Les 13 nains, Bilbo et Gandalf partirent donc en direction de la Montagne Solitaire pour un long et périlleux voyage.

Au cours de leur voyage qui, bien sûr, sera jalonné de difficultés, ils rencontreront des Trolls, puis des Elfes, ils seront capturés par les gobelins au fond d’une montagne, Bilbo rencontrera Gollum et son « précieux » au fond d’un tunnel, ils seront pourchassés par les Wargs, croiseront la route des Aigles et de Beorn. Ils seront aussi aux prises avec des araignées géantes, avec Smaug le Dragon. Ils feront des rencontres avec des humains, des elfes des bois… Ils participeront aussi à la bataille des cinq armées.

Un conte enfantin, oui! Mais plus aussi

On ne peut pas nier que ce livre est avant tout destiné aux enfants. Tout est fait pour eux. Néanmoins, je trouve que ce livre va beaucoup plus loin qu’un simple conte enfantin.

Il faut aussi avoir conscience qu’au moment de l’écriture de ce livre, Tolkien n’avait pas encore imaginé toute la profondeur de la Terre du Milieu. De ce fait, l’univers est beaucoup moins travaillé et profond que le Silmarillion et le Seigneur des Anneaux. C’est un livre qui se lit très facilement, les évènements s’enchainent bien, il y a beaucoup d’humour quand même mais avec une certaine portée philosophique et morale (et oui c’est un conte). Parmi les valeurs véhiculées et les portées philosophiques la première qui vient en tête est que même l’être le plus paisible et insignifiant qui puisse exister peut se révéler être doué de sagesse et de hardiesse. Après on retrouve aussi les notions d’entraide, de respect de ses serments, les méfaits de la cupidité, le respect de la nature et des créatures…

Leurs différentes aventures sont intéressantes à suivre, leurs dénouements étant souvent originaux mais attendus. On peut regretter, cependant, que ces aventures se finissent trop en « happy end » ainsi qu’un certain manque d’originalité. Bien que ces péripéties soient bien menées et permettent de garder constant un intérêt, leur fin est souvent trop attendu. On se doute que c’est Bilbo grâce à son anneau qui va remédier à cela ou bien une intervention de Gandalf, mais reste à savoir quoi et comment. On s’attend donc trop à une intervention d’une de ces deux personnes et souvent au dernier moment.

Mais pourtant, cela fonctionne, on est vraiment pris dans le récit.

J’ai aussi regretté le traitement réservé  aux nains. A part Thorïn, un peu Bombur, les autres ne sortent pas du récit. Ce sont juste 1 des 13 nains, il n’en ressort aucune personnalité propre ou du moins poussée. Je n’ai pas vu l’intérêt d’en mettre 13. En revanche Bilbo est assez plaisant à suivre puisqu’il évolue pas mal au cours de l’histoire passant du boulet qu’on se trimbale se demandant ce qu’il fait là et disant qu’il aimerait retrouver son trou à un Bilbo qui prend de l’assurance et se montre plein de sagesse et prouve que sa présence n’est pas usurpée. Ce personnage très anglais est vraiment attachant.

Concernant le style d’écriture, il ne faut pas s’attendre au style du Seigneur des anneaux. Comme je le disais préalablement, l’univers est moins développé, donc on part moins dans de grosses descriptions et on ne fait pas trop référence à des lieux, époques et personnages passés ou lointain. Déjà l’action se déroule dans un environnement déterminé. Ici on ne parcours pas le monde entier mais juste un petit bout.

Le style littéraire est donc aussi beaucoup plus digeste et facile à lire. Et ce d’autant plus que l’auteur utilise un style narratif particulier, très direct. En effet, il n’hésite pas à parler directement aux lecteurs à les interpeller et à commenter les faits. Cela permet d’exposer clairement les points importants dans l’histoire, de rappeler des évènements passés pour bien comprendre la suite, de compléter le récit d’une situation en racontant des évènements simultanés impactant pour la suite. Ceci dynamise pas mal le récit. On est donc très loin du style du Seigneur des Anneaux beaucoup plus descriptif, complexe, avec un narrateur plus effacé et avec un ton beaucoup plus grave et adulte.

Tolkien introduit aussi pas mal de créatures fantastiques comme des araignées Géantes, des Gobelins, des Wargs, des nains, des Elfes, des animaux doués de parole, … On est donc pleinement dans de la fantasy, certes enfantine, mais de la fantasy quand même.

Les prémices du Seigneur des Anneaux

Quand j’ai lu ce livre, je n’ai pas pu m’empêcher de repenser au Seigneur des Anneaux. J’avais donc un angle de lecture spécial puisque je me suis amusé à voir tous les éléments repris, développés, ou modifiés qu’on retrouve dans la trilogie.

A cette lecture on se rend vraiment compte que ce livre est bien la base de l’immense mythologie qu’il a construit autour de la Terre du Milieu et du Seigneur des Anneaux.

On retrouve bien évidement l’Anneau qui, ici, ne semble pas forcément maléfique; ainsi que son propriétaire le mythique Gollum. Ce dernier a bien les traits caractéristiques qu’on retrouve ensuite : « Mon précieux », le sifflement, la paranoïa, son discours à lui-même…

On retrouve également pas mal de personnages qu’on retrouvera dans le SDA comme l’inévitable Gandalf, les Wargs, Gobelins, Elfes, Elrond, Nains, Aigles, Araignées Géantes.

Les lieux aussi ont été gardé avec Bag End (qui deviendra Cul-de-Sac), Mirkwood qui ressemble beaucoup à la forêt de Fangorn, le lieux où les Trolls ont été pétrifié …

Ce livre est aussi l’occasion de comprendre certaines choses non expliquées ou juste abordées dans le Seigneur des Anneaux, comme par exemple, d’où Bilbo tient Dard, d’où lui vient sa cotte en Mitrill, pourquoi il est considéré comme spécial, qui sont les Sacquet de Besace, pourquoi Bilbo est l’ami des Elfes et des Nains…

En conclusion un livre très intéressant à lire pour deux raisons : le récit en lui-même qui est de qualité même si typé enfantin, et parce qu’il permet de mieux comprendre la genèse du Seigneur des Anneaux.

Il s’agit vraiment d’un incontournable qui se lit très facilement. On regrettera cependant un certain classicisme qui s’explique par le fait que c’est un classique donc du coup il a été beaucoup copié et beaucoup d’oeuvres s’en sont inspirées. Du coup, pas mal de choses ont été vues ailleurs.

Et vous comment avez-vous trouver ce livre? Vous a-t-il permis de mieux comprendre la genèse du Seigneur des Anneaux?

16 commentaires »

  1. JFK 01/05/2009 at 09:53 -

    Je l’ai lu il y a longtemps, avant le Seigneur des Anneaux et cette lecture reste un excellent souvenir (je l’ai d’ailleurs relu quelques années après et j’aimerais que mon petit cousin s’y mette aussi).

    Globalement je suis d’accord avec ta critique, en ajoutant que les références au futur Seigneur des anneaux sont encore plus nombreuses que ce que tu dis. En effet, il me semble que c’est dans ce livre que Gandalf retrouve Glamdring, son épée, qu’il est référence à Gondolin, son lieu de fabrication (référence au Silmarillion). Gandalf, absent un moment de l’histoire, est occupé par une lutte contre un certain « Nécromancien ». Nous saurons dans le SDA qu’il s’agit de la lutte contre Sauron à Dol Guldur. Et n’oublions pas que le roi des elfes de la forêt de Mirkwood est en fait le père de Legolas.

    Et petite précision, sa vision du monde était quand même bien avancée, les premières versions du Silmarillion sont bien antérieures à Bilbo.

    Finalement, je trouve cette oeuvre très bonne, un excellente introduction à Tolkien, même si le reste de ses écrits et bien plus compliqué. J’ai aimé le lire, je le relirai sûrement (mais avant je voudrais relire encore et encore le SDA et le Silmarillion, et poursuivre ma lecture des History of Middle Earth, que je recommande pour les mordus).

    Voilà, en tout cas j’aime bien tes chroniques, elles sont très agréables.

  2. anais 01/05/2009 at 11:02 -

    Je publie sur mon blog un roman-feuilleton:

    Ange Godiche à L’école de la Vie.

    Début le 1 mai

  3. Kameyoko 01/05/2009 at 13:00 -

    @JFK : C’est clair qu’il y a beaucoup plus d’éléments que je ne le dis (sinon il aurait fallu faire un article que sur ça). J’aurais pu mettre les exemples que tu cites qui sont importants mais que j’avais oublié 😕

    Pour le Silmarillion, il me semblait que les premières notes dataient de l’écriture de Bilbo mais surtout lors du Seigneur des Anneaux. Mais c’est bien possible que je me trompe.

    Merci pour le compliment.

    @Anais : Bon courage pour ton roman. En revanche, la prochaine fois, ca serait bien de faire plus finement ta pub ou de me contacter avant

  4. Entropik 01/05/2009 at 13:19 -

    J’avais beaucoup aimé ce livre cependant mes souvenirs sont lointains. Je l’ai lu avant le SdA et ne l’ai pas relu depuis. Mais je suis à 100% d’accord avec ton analyse: tous les ingrédients du SdA sont là, certes, de façon plus enfantine. On peut dire que c’est une véritable génèse simple et non simpliste! Puis le livre permet de comprendre ensuite les relations privilégiées entre Gandalf et Bilbo dans le SdA.
    Petites coquilles dans ton billet: Biblo (Bilbo) dans le titre, Compte enfantin à la place de conte et portée moral au lieu de morale. ^^

  5. Kameyoko 01/05/2009 at 13:40 -

    @Entropik : Merci pour les coquilles (dont la plupart sont des fautes et non des coquilles 😆 ), j’ai corrigé. Je suis sûr aussi qu’il y en a encore plein. J’ai quelques lacunes dans ce domaine, mais j’y travaille

  6. Seraf 01/05/2009 at 16:12 -

    Honte sur moi, car je ne l’ai jamais lu… J’ai toujours été rebutée par l’aspect conte pour enfants. Maiiis bon, on l’a a la maison, donc j’ai plus qu’a me botter les fesses =D

  7. Kameyoko 02/05/2009 at 08:40 -

    @Seraf : T’as aucune excuse pour ne pas découvrir ce livre culte. En plus, le coté enfantin ne signifie pas simpliste. Je prend l’exemple de la trilogie « A la croisée des mondes » de Pullman. A la base c’est un livre jeunesse mais pourtant c’est magnifique avec une profondeur adaptée aux adultes

  8. Zelphalya 02/05/2009 at 10:52 -

    Un bon billet que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire, merci !

    Un petit détail : le Seigneur des Anneaux n’est pas considéré ni souhaité par son auteur comme une trilogie.

    Une petite correction en fin de billet « avez-vous trouver » => « trouvé ».

    Un livre sympathique qui est à la fois semblable par son univers mais dissemblable par son style simple et efficace des autres livres de Tolkien portant sur sa Terre du Milieu. Je le recommande vivement !

  9. Céline C. 02/05/2009 at 11:56 -

    Ouah, un billet bien plus complet que le mien !! (oui j’ai fait un petit article y’a quelque temps sur Bilbo le Hobbit).
    Mais mais mais, tu triiiiiiches !! Tu prends de l’avance sur ton projet ou bien? ^^

  10. Kameyoko 02/05/2009 at 23:21 -

    @Zelphalya : Nouvelle faute corrigée (il doit en rester encore 😛 ) et merci pour la précision même si au final c’est quand même pas si mal d’avoir cette trilogie.

    @Céline C : Non je ne triche pas, j’avais besoin de me replonger un peu dedans. Mais chut chut….

  11. Zelphalya 02/05/2009 at 23:28 -

    Ben disons que c’est pratique de l’avoir petits volumes 😛 En fait c’est l’éditeur qui l’a forcé à découper, un pavé c’est cher à produire et ça se vend moins bien, surtout à l’époque.

  12. Kameyoko 03/05/2009 at 18:13 -

    @Zelphalya : Ces mêmes arguments sont encore utilisés actuellement (cf par exemple la Roue du Temps).

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