. Batwoman – tome 1 de W. Haden Blackman et J.H Williams | Fant'asie
Kameyoko 06/11/2012 2
Batwoman – tome 1 de W. Haden Blackman et J.H Williams
  • Scénario
  • Graphisme

Batwoman - tome 1 : Hydrologie de J.H Williams

Batwoman – tome 1 : Hydrologie de W. Haden Blackman et J.H Williams

Une claque graphique !

Batwoman est un cas un peu à part dans le relaunch DC. En effet, ce personnage, un peu méconnu, a bénéficié d’un vrai travail de refonte du personnage sur Batwoman Elégie, avant le New 52.
Il a donc fallu capitaliser sur ce précédent tome, tout en restant dans la volonté de faciliter l’accessibilité à de nouveaux lecteurs de ce relaunch total de DC Comics.

Un objectif compliqué à réaliser, mais qui peut s’avérer excellent si la mission est réussie. Mais est-ce le cas ? Ce Batwoman est-il intéressant à suivre ?

Batwoman – tome 1 : Hydrologie de W. Haden Blackman et J.H Williams est édité par Urban Comics et est disponible à la vente depuis le 24 août 2012

Résumé de Batwoman 1 chez Urban Comics

Résumé de l’éditeur :

Kate Kane, alias Batwoman, est rejointe dans sa lutte contre le crime à Gotham par sa propre cousine, désireuse de se faire un nom dans le monde des super-héros. Mais une nouvelle ennemie va mettre le tandem à l’épreuve. En parallèle, Kate entretient tant bien que mal sa romance avec l’officier de police Maggie Sawyer… (contient Batwoman # 0-5)

Un autre titre fort du relaunch

Ce premier tome du relaunch de Batwoman contient les épisodes de #1 à #5, mais également le prologue #0. S’agissant des premiers numéros du relaunch du New 52, il peut se lire seul. Néanmoins, il est plus que conseillé de lire avant le Batwoman Elégie, qu’Urban Comics a réédité récemment. Hydrologie est la suite d’Elégie. Donc pour bien tout comprendre à ce Batwoman – tome 1, il vaut mieux avoir lu Batwoman – Elégie.

Le prologue met en scène Batman étudiant Batwoman pour voir dans quelles mesures elle pourrait appartenir à son Batman Inc. Nous allons voir la demoiselle se défaire d’ennemis. Mais ce qui fait l’originalité de cette introduction est le traitement graphique spécifique. En effet J.H Willians s’occupe de toutes les parties concernant Batwoman quand Amy Reeder, elle, se charge des phases avec Kate Kane. Sachant que par la suite seul J.H Williams s’occupera de la partie graphique. Les deux artistes ont un style très différent et quand ils se retrouvent sur la même planche, ça donne un traitement très agréable et original. C’est brillant, même si Amy Reeder a du mal à soutenir la comparaison avec son homologue.

La suite du tome, l’essence même de cet opus, se focalise sur une enquête autour de disparitions d’enfants, le tout sur fond fantastique avec l’implication de la légende urbaine et l’esprit : La Llorona. Il s’agit du fil rouge, mais plein de choses et de sous-intrigues vont venir complexifier l’histoire. Entre autres, il y a la relation naissante entre Kate Kane et la détective Sawyer (Batwoman/ Kate Kane étant ouvertement homosexuelle), ou encore l’entrainement de sa cousine, connue sous le nom de Flamebird, l’organisation Medusa, sa soeur…
Un des gros points traités est le ralliement ou non de Batwoman à une bannière. Elle est assidûment convoitée par l’agent Chase du département des évènements ultra-spéciaux (D.E.U.S), mais aussi par Batman qui veut l’enrôler.

Bref, il y a beaucoup d’éléments qui sont introduits ou développés et d’autres assez prometteurs qui seront utilisés probablement plus tard. Nous avons donc un véritable background qui se construit sur Batwoman, personnage peu ou mal utilisé avant.
Grâce au scénario réalisé à 4 mains par J.H Williams et W. Haden Blackman, nous assistons à la naissance d’un personnage fort, intéressant et très prometteur. Sa filiation, mais en même temps, sa relative indépendance vis-à-vis de la Bat-Family, rendent cette Batwoman encore plus passionnante. On a hâte de voir de futurs crossovers plus ou moins de grandes envergures avec les autres membres de cette partie du DCverse.
L’histoire est très intéressante, même s’il y a quelques toutes petites longueurs. Le mélange entre ce coté urbain propre à Batman et du fantastique fonctionne très bien, car sublimé par le trait de J.H Williams.

Ce qui donne une personnalité propre à ce titre, qui n’est pas une version féminine de Batman. Le personnage de Kate Kane est travaillé avec son passé, ses douleurs, son caractère bien trempé et sa relation compliquée avec Sawyer.
On peut être déçu sur un point. Je veux parler d’un coté trop introductif du tome. Je veux dire par là qu’on sent qu’on en est qu’aux prémices de cette série. Sauf que du coup, cet arc narratif manque d’une vraie conclusion qui termine certaines intrigues ou sous-intrigues. Ce qui n’est pas assez le cas ici. On peut avoir l’impression de n’avoir qu’un pied dans cet univers. La curiosité est forte de découvrir la suite

Mais qu’importe puisque le plaisir de lecture est réellement là. C’est un ravissement que de lire ce comic qui captive et émerveille de bout en bout. Outre le scénario, le travail graphique de J.H Williams est exceptionnel. On touche de près à l’oeuvre d’art. Je sais, j’use de superlatifs qui peuvent sembler abusés. Mais feuilletez ce tome et vous comprendrez.
C’est d’une beauté et d’une créativité comme on en voit rarement. Ces dessins sont capables de raconter presque autant de choses que les phylactères. La narration est intimement liée au trait de ce génial dessinateur. La même histoire, mais avec un autre artiste n’aurait pas la même portée. Ce dernier a un sens de la composition d’une page et du découpage extraordinaire. C’est toujours inventif avec des cases qui allient beauté esthétique et efficacité narrative. Le problème, c’est qu’au cours de la lecture, on presque tenté de s’arrêter pour profiter et admirer le travail réalisé.
J.H Williams livre des doubles pages de toute beauté, avec un trait fin, élégant et très bien encré et mis en couleur. Son seul défaut serait dans son accessibilité à des nouveaux venus. On sort des comics classiques, avec une inventivité qui touche presque à de l’élitisme.

Vous l’aurez compris, je suis amoureux du talent de ce monsieur et de ses compositions de pages. Je n’ai rarement vu des graphismes si recherchés et qui sied si bien à la narration. C’est la preuve vivante que le dessin ne sert pas juste à mettre en image une histoire. Il y contribue, il la magnifie et la complète.

Pour conclure, ne connaissant pas ce personnage avant de lire Batwoman Elégie puis Batwoman Hydrologie, je dois dire que j’ai pris une claque monstrueuse. C’est simple, pour moi, Batwoman est un des meilleurs titres de ce relaunch. Il trône fièrement aux cotés des Justice League, Batman, Wonder Woman et autre Aquaman, Swamp Thing

Grâce au talent de J.H Williams, Batwoman est devenu un personnage que je vais suivre avec attention, tant son potentiel est grand.

Ce Batwoman – tome 1 est un vrai régal à lire. L’histoire, bien qu’introductive, se dévore, et le mélange urbain-fantastique fait des merveilles. Surtout que le tout est mis en valeur par le trait, qui confine presque au divin, de J.H Williams. C’est simple chaque page est une oeuvre, qu’il faudrait décortiquer pour saisir tout le travail fait et le génie étalé sur la composition et le découpage. J.H Williams est au dessin, ce qu’Alan Moore est au scénario ! Et oui, j’ose cette analogie !

Je ne suis probablement pas objectif, car j’ai eu un énorme coup de coeur pour cet artiste, mais Dieu que c’est beau !

Batwoman – tome 1 de W. Haden Blackman et J.H Williams est la plus belle des surprises de ce New 52. J’ai été envoûté par ce titre qui m’a subjugué dès les premières cases. Une claque monumentale visuellement ! J’en redemande ! Vivement la suite !

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Partagez-vous mon enthousiasme pour ce titre ? Partagez-vous ce nouveau culte que je voue à J.H Williams ?

2 commentaires »

  1. Torospatillo 06/11/2012 at 10:23 -

    Effectivement les planches qui illustrent l’article donnent vraiment envi !
    * Doit pas craquer… ne pas retomber dans les comics… Même si j’ai déjà craqué sur Before the Watchmen, mais ça compte pas *

  2. Yaneck 06/05/2013 at 09:35 -

    Je suis d’accord, on tient là un des meilleurs titres du relaunch. Dommage, Williams III passe le relais à un autre artiste dans le deuxième recueil, qui n’est pas à la hauteur de ce maître là.

    Je l’ai chroniqué il y a peu de temps, je me suis permis de te mettre en lien dans mon article.
    http://www.chroniquesdelinvisible.com/article-batwoman-tome-1-hydrologie-semaine-bd-americaine-la-bd-du-mercredi-116932133.html

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