. Batman : Year One de Frank Miller et David Mazzuchelli | Fant'asie
Kameyoko 12/11/2010 5

Batman - Year One de Frank Miller et David Mazzucchelli

Batman : Year One de Frank Miller et David Mazzuchelli

Une réédition retraçant l’arrivée de Batman à Gotham

Panini Comics a eu la bonne idée de rééditer ce Batman : Year One qui date de 1988! Une première fois publié en France par Delcourt en 2004, ce titre ressort une nouvelle fois dans la collection DC Icons. L’occasion parfaite pour (re)découvrir ce classique du comic made in DC.
Après avoir écrit Batman the Dark Knight Returns mettant en scène un Batman vieillissant, Frank Miller s’attaque ici à la première année de Batman à Gotham. Il sera accompagné par David Mazzuchelli aux dessins.

Batman : Year One jouit d’une excellente réputation et c’est avec plaisir que je découvre ce titre. Il est édité par Panini et disponible à la vente depuis août 2010.

Résumé de Batman Year One chez Panini

Bruce Wayne, héritier de la famille Wayne, revient à Gotham après douze années d’exil. Le même jour le lieutenant James Gordon, arrive en ville par le train. Il est accueilli par l’inspecteur Flass qui l’emmène voir le commissaire Loeb. Ce dernier lui dit que dans une équipe rien ne vaut la solidarité.

Sur le chemin du retour Flass passe un tabac un jeune sans trop de raison. La police de Gotham est totalement corrompue et lui ne rentre pas dans le jeu. Il va vite s’attirer la méfiance et les foudres de ses collègues qui vont le passer à tabac pour lui donner une leçon.

De son coté Bruce Wayne continue de s’entrainer mais refuse de devenir le super-héros qu’il doit. Il part en mission de reconnaissance à East End et son quartier de prostitués. Il s’en prend à un mac qui sort une lame et cherche à le planter. Une bagarre éclate entre eux, puis des filles viennent se mêler à la bagarre. Alors que la police intervient, il se fait sérieusement blesser. Néanmoins, il parvient à rejoindre le manoir tant bien que mal.

Pour Wayne et Gordon cette ville corrompue, rongée par la délinquance est dans une situation insupportable. Ils se doivent d’agir. Gordon va lutter contre la corruption et Bruce Wayne va endosser un costume: Batman est né!

Des débuts difficiles

Panini a eu l’excellente idée de rééditer ce classique du chevalier noir. Oui parce que Batman : Year One est un classique, un incontournable et qui, malgré les années (plus de 20 ans), a très bien vieilli.

L’histoire suit deux personnages centraux de la mythologie Batman : Batman himself et le commissaire Gordon (là, il n’est que lieutenant).

On va donc assister au retour de Bruce Wayne à Gotham et sa première année en tant que Batman, mais aussi l’arrivée du Lieutenant Gordon, qui va essayer de lutter contre la corruption.

On se retrouve devant un comic assez noir, très orienté polar. Gotham est dépeinte comme la ville du vice : proxénétisme, corruption, drogue…

Frank Miller a concocté un scénario très fin, subtile et sans user d’un nombre trop important de grandes scènes d’action pour combler un manque de scénario. Non ici, l’ambiance polar est très bien rendue. On voit les deux protagonistes évoluer dans un univers sombre ou ils flirtent avec le mal. Cette approche est très intéressante. Les deux, pour faire le bien, n’hésitent pas à enfreindre un peu la loi, tout en essayant de rester droit dans leur basket, et respecter leur idéal.

Je dis bien les deux, car contrairement à ce à quoi je m’attendais, le lieutenant James Gordon prend une part importante dans le récit, au point de presque éclipser Bruce Wayne. Son histoire est passionnante, et on suit avec beaucoup d’intérêt sa lutte contre la corruption. Il force le respect car il n’a pas les mêmes armes que Batman et il risque plus gros. Le lecteur ne peut qu’éprouver de l’empathie pour ce personnage complexe, pétri de défauts, mais doté d’un humanisme touchant.

Ce personnage d’ordinaire secondaire n’est pas souvent mis sur le devant de la scène. Le mal est réparé et permet de bien se rendre compte à quel point il est lié de près ou de loin à Batman.

On sent que la volonté de Miller est le réalisme. A cet effet, Batman en tant que tel, n’apparait pas tellement. La volonté est de se concentrer sur l’homme, son rapport avec Gotham et son apprentissage de la vie super-héroique. Il est à noter que dans les scènes « d’action » on sent parfaitement le coté novice du justicier. On le sent plus hésitant, moins fort et surtout moins efficace. Il se cherche en tant qu’homme mais aussi sous le masque de Batman.

La relation entre Batman et Gordon fait aussi partie intégrante de l’histoire. On voit comment ils en viennent à collaborer ensemble, à se faire confiance et comment ils sont mutuellement liés.

La narration, bien qu’âgée de 20, est terriblement efficace. Miller maîtrise son scénario et son atmosphère. Ce Batman : Year One est un vrai plaisir de lecture. On en regretterait presque qu’il ne soit composé que de 4 épisodes.

Graphiquement, David Mazzucchelli rend parfaitement bien le coté polar en jouant beaucoup sur des contrastes, des ombres fortes et des aplats noirs. Son travail de mise en scène est très bon et ses cases sont bien fournies. Par contre il a un style résolument rétro. Le dessin a donc un peu vieillit mais a quand même une personnalité qui saute aux yeux. De même le choix des couleurs est aussi clairement rétro. Beaucoup de couleurs flashies, des choix de couleurs pour des parties ombrées bizarres et irréalistes font que ce style parait dépassé.

Même si ce coté vintage donne du charme à ce titre, personnellement, j’ai moyennement apprécié. Techniquement, il est difficile de critiquer le travail de Mazzucchelli, mais je n’ai pas aimé ce coté rétro. C’est peu tout much pour moi. Je préfère quand il y a plus de finesse, moins d’aplats et surtout des tons plus pastels.

Concernant l’édition, nous sommes devant un exemple flagrant du paradoxe Panini. L’édition est de bonne qualité, si on occulte certains choix de traduction discutable (par exemple l’utilisation du terme GIGN…). Le volume est bourré de suppléments de qualité. On y retrouve des planches supplémentaires, des croquis préparatoires, des crayonnés, des couvertures… Bref une flopée de bonus qui couvre une quarantaine de pages.

Ce qui assez paradoxal puisque ce titre appartenant à DC Icons est beaucoup plus fourni en bonus que leur Deluxe sensé en être bourré (alors que c’est plus souvent vides). Pour une fois que c’est dans ce sens on va pas se plaindre.

Pour conclure ce Batman : Year One mérite son statut de comic culte. L’histoire concoctée par Miller est efficace, passionnante, humaine et accessible. Son approche réaliste, sombre, typée polar, centrée sur l’homme est un régal. On ressent bien que c’est les débuts de ces 2 personnages avec leurs faiblesses mais aussi leur idéal.

Graphiquement, le style Mazzuchelli correspond bien à l’ambiance. Son coté rétro divisera car c’est assez prononcé (comparativement aux styles actuels).

Néanmoins, Batman : Year One est un indispensable que tout amateur de comic se doit de posséder dans sa bibliothèque.

Que pensez-vous de ce titre? Aimez-vous le dessin de Mazzucchelli?

5 commentaires »

  1. Memores 15/11/2010 at 23:06 -

    Un comic essentiel pour commencer Batman malgré des dessins ayant vielli. C’est les dessins qui m’avaient hésité à me l’acheter mais outre sa ce comic est bon.
    Un bon Batman 🙂

  2. One Eye Pied 19/11/2010 at 13:46 -

    Je ne suis pas sur qu’on puisse dire que le dessin est old-school.

    Il est plutôt « de son époque ». En clair ça a vieilli, mais on est bien dans un style 80’s

    Enfin je crois 🙂

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