. Batman – The Killing Joke d'Alan Moore et Brian Bolland | Fant'asie
Kameyoko 29/03/2011 4

Batman - The Killing Joke d'Alan Moore et Brian Bolland

Batman – The Killing Joke d’Alan Moore et Brian Bolland

Un comic qui a construit la légende du Joker

The Killing Joke fait partie des œuvres majeures de Batman. Souvent on l’inclue dans une « sainte trinité » que tout admirateur du Chevalier Noir doit avoir lu : Batman The Killing Joke, Batman The Dark Knight Returns et Batman Year One.

On comprend mieux que ce titre soit souvent cité comme référence quand on sait que c’est Alan Moore au scénario, et le non moins talentueux Brian Bolland aux dessins.

Ce comic se focalise sur l’un des méchants les plus intéressants des comics : le Joker.
Un classique qui a été maintes et maintes fois édité. Là, je m’attarde sur la dernière réédition de Panini Bolland a retouché aux couleurs.

Batman – The Killing Joke est édité par Panini et disponible à la vente depuis août 2009.

Résumé de Batman The Killing Joke

En une nuit lugubre et sombre, Batman se rend à l’asile Arkham. Après avoir croisé le commissaire Gordon, il se dirige vers la cellule de son principal ennemi : le Joker.
Il discute avec lui pour essayer de trouver un moyen de mettre fin à leur éternelle confrontation, pour éviter qu’ils ne s’entretuent.

Mais le Joker ne semble pas attentif. Et pour cause, Batman se rend compte que c’est un imposteur et non pas le vrai Joker.

Le Joker s’est évadé d’Arkham et se promène libre dans les rues de Gotham.

Il en a profité pour racheter un parc d’attractions laissé à l’abandon.

Peu après, il se rend dans l’appartement de Gordon afin de l’enlever. Chose qu’il va réussir. Mais avant cela, il tire sur sa fille Barbara, la paralysant. Ses hommes la mettent nue et prennent des photos.

Le commissaire, allié de la Chauve-Souris reprend ses esprit dans le parc d’attraction du Joker, à sa merci. Il s’apprête à subir les tortures du Joker, qui veut lui prouver qu’on tombe vite dans la folie.

Batman doit agir et le sauver avant que ce dernier ne succombe à la folie et donne raison au Joker.

Voyage au coeur de la folie

Ce comic made in DC Comics n’est pas une nouveauté et commence à dater. En effet, il est paru chez DC à la fin des années 80 (1988). En France, il a connu plusieurs éditions chez Comic USA, même Delcourt et maintenant Panini.

A la différence que cette version-ci, bénéficie des dernières retouches du dessinateur Brian Bolland. Ce dernier s’est occupé de refaire la colorisation, faite initialement par John Higgis. Il a aussi corrigé quelques détails sur certaines planches.
N’ayant pas lu les premières versions, je ne peux pas vous dire si ça apporte vraiment quelque chose.
Cette version est le produit fini tel que le voulait Brian Bolland.

Batman – The Killing Joke est souvent cité comme œuvre clé et indispensable pour tout amateur de Batman et plus globalement de comic.

On associe souvent ce titre à deux gros autres mastodontes de la mythologie du Chevalier Noir : Batman Year One et Batman the Dark Knight Returns.

Et je comprend pourquoi. Bien que ces œuvres n’aient rien à voir entre elles (à part que c’est du Batman), elles offrent un vision, non exhaustive, pertinente et de qualité de Batman. On y voit ses débuts, sa fin de carrière et toute la folie entourant cet univers.

Ce récit du scénariste culte Alan Moore (V pour Vendetta, Watchmen, From Hell…) se focalise sur l’ennemi le plus intime de Batman : le Joker et sur sa folie.

Tout ce comic est construit autour de cette thématique de la folie qui oppose le Joker et Batman mais qui pourtant, d’une certaine manière les rapproche.

Ainsi, Batman se pose la question de voir en quoi il est différent de son pire ennemi.

Le Joker a une théorie sur la folie disant que ce qui sépare un fou d’un homme sain c’est simplement une mauvaise journée. Et c’est sur ce principe que le Joker va faire endurer les pires tortures au Commissaire Gordon et à sa fille Barbara.

Cette dernière se fera tirer dessus et deviendra paralysée par la suite (puis deviendra l’Oracle). Elle se fera aussi prendre en photo nue, avec un sous-entendu de viol sur elle. Le commissaire Gordon se fera enlevé et sera retenu dans un parc d’attraction où le Joker fera tout pour le rendre fou, pour prouver sa théorie.

C’est dans ces scènes là que l’on voit toute la folie du Joker, le rendant froid et effrayant. Une vraie plongée dans la folie !

Pourtant le récit est saupoudré flashbacks géniaux qui permettent de retracer la genèse du Joker. On voit ainsi quel traumatisme l’a fait sombrer dans la folie, tout en faisant le rapprochement avec Red Hood. Mais on émet des doutes sur la véracité de ces faits. Le Joker se plait à dire que quitte à avoir un passé autant en avoir plusieurs versions.

Ces passages rendent le Joker presque humain. On en vient presque à éprouver de la compassion pour lui et comprendre son état psychologique. Il en ressort comme plus complexe qu’un simple fou, se jouant du malheur des autres. On comprend mieux ainsi, pourquoi ce personnage fascine tant et pourquoi il est considéré par beaucoup comme l’un des méchants les plus emblématiques de l’univers DC et plus généralement des comics.

Le génie de Moore se matérialise dans cette volonté de faire le parallèle entre Batman et sa nemésis. Leurs rapports sont très ambigus, il y a beaucoup de choses qui les séparent mais tant d’autres qui les rapprochent. On voit toute la fragilité de Batman qui ne semble pas être à l’opposé du Joker. On s’imagine la frontière tenue le gardant sain d’esprit, là où le Joker a basculé.

De même leurs jeux du chat et de la souris montrent à quel point ils existent au travers de l’autre.

Le scénario de Moore est vraiment excellent. Avec un format très court, digne de la BD franco_belge (46 pages), le scénariste va à l’essentiel et arrive à proposer un récit d’un densité et d’une profondeur incroyables.

C’est donc un excellent comic qui se dévore à vitesse grand V. La maitrise narrative d’Alan Moore est impressionnante.

Mais il faut reconnaitre qu’il est bien secondé par Brian Bolland. Son style, bien que vieux, passe encore très bien maintenant. Il ne fait pas trop démodé (un tout petit peu quand même). Son coup de crayon va parfaitement bien avec l’ambiance et le scénario de Moore.

Il exprime tout son talent dans le découpage des scènes et la mise en page. On sent une vraie recherche du bon angle et d’une belle mise en scène.

Son trait est aussi très bon, avec juste ce qu’il faut de rétro. La colorisation aussi est de très bonne facture. Les couleurs sont un peu flashy mais ça va. En revanche, quand c’est sur les flashbakcs c’est juste superbe! En effet, Bolland utilise des couleurs très pales façon sépia, à la limite du noir et blanc avec juste un détail d’une couleur vive (du rouge principalement). Cela donne un impact visuel très fort. C’est vraiment beau.

Pour conclure ce Batman – The Killing Joke est un must have ! Un classique de Batman ! Alors que le format est très court, Alan Moore arrive à proposer une histoire percutante et complexe en jouant sur le thème de la folie. On y redécouvre un Joker à la fois effrayant mais aussi presque humain. Du Moore comme on aime. De plus, le tout est servi par un dessin de qualité de Brian Bolland, qui a très bien vieilli. La colorisation de ce monsieur rend très bien, surtout sur pour les flashbacks.

Un comic qui est passionnant et se lit très vite. Il trônera fièrement aux coté de Batman Year One et Batman the Dark Knight Returns (j’essaierai d’en faire la critique un jour). Un chef d’œuvre incontournable.
Et vous qu’en avez-vous pensé? Peut-on le qualifier d’incontournable?

4 commentaires »

  1. illman 29/03/2011 at 10:52 -

    Excellent comics. Te reste plus qu’à mettre la main sur l’excellent : L’asile d’Arkham pour compléter ta collec 😛

  2. Bagooor 29/03/2011 at 11:10 -

    Depuis le temps que je dois me le procurer, ta critique me donne très envie.
    En tant que fan de Batman c’est une honte que je n’ai pas eu l’occasion de le lire 😳

  3. Kiwi Kid 29/03/2011 at 19:20 -

    J’en garde un bon souvenir (les flashbacks m’avaient assez marqué, et le sous entendu du viol est frappant). Mais ce n’était pas une lecture inoubliable non plus. En revanche Year One, ça, c’était énorme…

  4. Kameyoko 30/03/2011 at 13:32 -

    @Illman : Je n’ai pas lu l’Asile d’Arkham. Mais merci pour le conseil, je suis toujours preneur 🙂

    @Bagooor : C’est un classique, il faut essayer de le lire. Surtout que c’est pas très long.

    @Kiwi Kid : Year One était très bon aussi. Mais j’ai beaucoup aimé ce Killing Joke. Cette approche de la folie du Joker m’a plu. Et puis, je trouve que l’histoire est vraiment « puissante » alors qu’il n’y a qu’une quarantaine de pages. C’est assez fort, je trouve

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