. Batman & the Justice League – tome 1 | Fant'asie
Kameyoko 19/03/2018 3
  • Scénario
  • Graphisme

batman and the justice league - tome 1Batman & the Justice League – tome 1 de Shiori Teshirogi

Les héros DC à la sauce Manga

Informations générales sur Batmand and the Justice League 1 :
Date de sortie : 03 novembre 2017
Scénariste : Shiori Teshirogi
Dessinateur : Shiori Teshirogi
Type : Seinen
Editeur : Kana
Résumé du tome 1 :

Gotham City est la ville avec le plus haut taux de criminalité du pays. Cela n’empêche pas Rui, un jeune japonais, de s’y rendre dans l’espoir de retrouver ses parents disparus. Mais à peine arrivé, il est attaqué par un policier devenu complètement fou. Malgré son talent pour le combat, Rui ne s’en serait pas sorti sans l’intervention de Batman.

Le Chevalier Noir le met en garde… La ville est trop dangereuse pour lui… Sans compter que celui qui tire les fi celles n’est autre que le Joker ! Batman devra se faire aider pour faire revenir la paix sur Gotham City…

 

Un mash-up intriguant sur le papier

DC a lancé, depuis quelques temps, une politique d’ouverture pour que de nouveaux lecteurs viennent à lire du Batman, Superman et autres séries de l’éditeur. Outre les reboots assez récurrents, la Distinguée Concurrence louche du côté des autres pans du neuvième art. Le comic étant très ancré dans la culture anglo-saxonne, il y a un vrai potentiel du côté des lecteurs de BD et de manga.

Une première initiative a été faite avec Dargaud avec un Batman sous la houlette de Enrico Marini. En parallèle, l’éditeur aux deux lettres a aussi collaboré avec un éditeur Japonais, en l’occurrence Akito Shoten pour faire un manga.

Et c’est la talentueuse Shiori Teshirogi, qui a su redonner un nouvel élan à la licence Saint Seiya avec son Saint Seiya the Lost Canvas. Le choix de l’auteure semble plutôt pertinent puisqu’elle a déjà démontré sa capacité à s’approprier un univers déjà fort et à le transcender, tout en apportant sa touche. J’espérais qu’elle en fasse de même avec ce DC Universe.

Pour commencer sa série et introduire son univers à son lectorat japonais, elle présente un personnage nippon dans la ville de Gotham. Ce personnage est Rui Araya qui recherche ses parents disparus. Pour bien mettre en lumière l’aspect criminel et dur de Gotham le jeune homme se fait attaquer par des policiers corrompus, mais se voit sauvé par Batman. Plus tard, il rencontrera aussi quelques méchants plus significatifs. Utiliser un personnage japonais pour l’introduire dans un monde plus « comic » est un procédé qui aurait pu être intéressant, mais ici, c’est fait avec des forceps. Notamment, quand ce Rui se révèle être une sorte de ninja des temps modernes, déjà très doués. Cela fait tellement cliché et maladroit que ça saborde un peu l’introduction.
Mais en parallèle de ça, Teshirogi permet facilement à des néophytes d’entrer dans le monde des comics, le tout avec un certain amour pour cet univers.

Car ce Batman and the Justice League reprend certains éléments iconiques et fondateurs de l’univers DC. Batman est bien sombre, déterminé, rongé par le drame du meurtre de ses parents, Lex Luthor calculateur au possible, Superman toujours ce modèle, Wonder Woman une fière guerrière… On retrouve également une composition de la Justice League proche de celle du New 52. On sent quand même un certain travail sur ça. Mais dans le même temps, il y a aussi quelques loupés comme le Joker et surtout un problème de timeline, avec la mort de Jason Todd qui semble récente mais avec un Batman post New 52. Au final, ce n’est pas très grave car la cible n’est pas le lecteur chevronné du petit Batou.

En fait, j’ai plus été gêné par l’écriture hyper poussive et lourde de Shiori Teshirogi. Déjà l’intrigue se base sur des lignes énergétique les « Ley lines » qui sortent un peu de nulle part et semblent être puissantes. Sauf qu’elle intéresse trop un Joker qui, d’ordinaire, a des motivations plus « criminelles » que des délires de destruction du monde ou autre enjeu mondial. Et pour ne pas aider, la mangaka est très lourde dans sa narration. Tout est expliqué en long, en large et en travers, rendant les dialogues fastidieux, empêchant toute fluidité. On sent la volonté de vulgarisation mais là c’est vraiment trop appuyé. Du coup, la lecture est parfois longuette. Et puis l’ajout de Rui et son histoire vient encore alourdir le tout.

Graphiquement, autant j’ai trouvé que Teshirogi avait magnifié le design des chevaliers et surtout leur armure dans Saint Seiya Lost Canvas, autant là je trouve qu’elle s’est plantée dans les grandes lignes. Premièrement, Superman/ Clark et Batman/ Bruce font jeunes éphèbes, bien trop jeunes pour être crédible. Ensuite le charadesign du Joker est raté. On dirait un mauvais Yaoi. Son trait manque aussi de différenciation pour représenter les différents héros (surtout en civil). On peine à les différencier (si on fait fi du costume).
De même, pour un habitué des comics, que ce soit dans le découpage, les angles, les poses, on sent la touche manga, mais appliqué à des super-héros. C’est parfois très bizarre et déstabilisant. Ce n’est ni mieux, ni pire que ce que peux produire l’industrie comic, c’est juste différent et il faut s’y habituer.

Pour conclure, Batman & the Justice League – tome 1 est d’abord une excellente initiative. Je trouve que laisser des artistes aux influences différentes s’occuper d’héros iconiques est alléchant sur le papier. Shiori Teshirogi essaie de s’approprier l’univers, la personnalité des héros DC, de les digérer et de les proposer à un lectorat différent, le tout à la sauce manga.
Le résultat est finalement une porte d’entrée pour un nouvelle frange de lecteurs, avec de bonnes choses, une volonté visible de proposer quelque chose, un mélange, qui à défaut d’être enthousiasmant est intriguant. Mais je n’ai pas réussi à rentrer totalement dans ce mélange, trouvant que tout ne se mariait pas bien. Que ce soit graphiquement ou dans la narration. En premier lieu, c’est une tendance à alourdir le récit avec des dialogues qui expliquent ce qui est dit ou fait. Lourd ! Et puis, Teshirogi s’est fourvoyé dans son charadesign. Il y a un côté « jeunes éphèbes », un poil efféminés, qui m’a dérangé. Il y avait moyen de respecter un peu plus leur apparence, tout en apportant une touche manga. Je ne parlerai pas non plus d’une sorte d’ethnocentrisme avec des éléments japonais amenés à la truelle.

Clairement une version destinée à toucher un public complètement débutant. Mais même ainsi, la déception l’emporte un peu, malgré des choses attirantes et réussies. Pour moi les aspects « manga » et « comic » coexistent mais ne se fondent pas pour donner une vraie personnalité. Du moins pas encore. Car je veux encore croire à ce titre.

 

Qu’en avez-vous pensé ?

3 commentaires »

  1. Dionysos 21/03/2018 at 17:52 -

    Compliquée la sauce manga. J’imagine très bien le côté ‘jeunes éphèbes » ^^

  2. Jean 03/04/2018 at 12:06 -

    Si on aime Batman, on peut commencer par lire ce livre ?

  3. Mel 16/04/2018 at 17:15 -

    Assez déçue par le tome 1, mais ça n’empêche que je dévorerai aussi le tome 2, le moment venu 🙂

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