. Batman Eternal – tome 1 | Fant'asie
Kameyoko 18/06/2015 3
  • Scénario
  • Graphisme

Batman Eternal - tome 1

Batman Eternal – tome 1 de Scott Snyder, James Tynion IV, Ray Fawkes, Jay Fabok…

Le retour de Carmine Falcone

Ce Batman Eternal est présenté comme un gros événement, regroupant la crème des artistes de DC Comics, et au rythme de publication hebdomadaire.
L’occasion de revoir un peu tout le Batverse concentré en un titre.

Urban Comics continue donc de nous abreuver de titres estampillés Batman, parfois au détriment d’autres héros. Mais celui-ci s’annonce très prometteur. Mais qu’en est-il ?

Batman Eternal – tome 1 de Scott Snyder, James Tynion IV, Ray Fawkes, Jay Fabok… est édité par Urban Comics et est disponible à la vente depuis le 06 mars 2015.

Résumé de Batman Eternal 1 chez Urban Comics

Résumé de l’éditeur :

Après une arrestation spectaculaire, l’impensable se produit lorsque l’incorruptible James Gordon se retrouve condamné pour bavure ! Le plus ancien allié de Batman se retrouve derrière les barreaux, alors que le mafieux Carmine Falcone réapparaît, bien décidé à débarrasser Gotham des « monstres » justiciers ou criminels. Tous ces événements convergent vers une machination tentaculaire…
(BATMAN ETERNAL #1-13)

James Gordon emprisonné !

L’univers de la Bat-Family est peut être ce qu’il y a de plus vaste chez DC Comics. On ne compte plus le nombre de séries qui en sont issues. Et pour complexifier encore le tout, la Distinguée Concurrence a lancé un nouveau titre : Batman Eternal. Et cette dernière se veut très ambitieuse dans son format (puisque elle est hebdomadaire), mais aussi dans son casting faisant intervenir presque l’ensemble de la BatFamily.

Ce Batman Eternal – tome 1 regroupe les épisodes de #1 à #13. Pour tenir le rythme de publication en retrouve une flopée d’artistes, qu’ils soient scénaristes ou dessinateurs, le tout chapoté par Scott Snyder et James Tynion IV. On retrouve, entre autres, Tim Seeley, John Layman, Ray Fawkes, Jay Fabok, Guillem March, Dustin NGuyen, Riccardo Burchielli….

Tout débute avec un incident grave ayant entraîné la mort d’une centaine de personne et dont James Gordon serait à l’origine. Ce dernier va être jugé et passer quelques jours en prison. Le précieux allié de Batman écarté, les gangs et les flics corrompus vont revenir. Dans ce premier tome on s’intéresse surtout au retour d’un ennemi important de Batman qui va chambouler tout Gotham et entraîner une guerre des gangs, notamment en s’en prenant au Pingouin.

Ce comic commence avec un flashforward montrant une Gotham en bien mauvaise situation. D’entrée Scott Snyder et James Tynion IV semblent annoncer la couleur. Ce Batman Eternal sera ambitieux et pourrait même avec de vraies répercussions.
Et dans les faits c’est vrai qu’il y a de l’ambition. De l’ambition dans le casting, puisqu’on retrouve énormément de personnages de l’univers du chevalier noir comme Red Hood, Red Robin, Batwing, Catwoman, Batgirl, James Gordon, Le Pingouin, différents éléments de la Batman Inc (El Gaucho, Dark Ranger…).

Mais de l’ambition également dans le scénario. On sent que les scénaristes cherchent à faire bouger les lignes, à faire voler en éclat certains acquis. Le premier et le plus évident est de retirer de l’échiquier James Gordon. Un moyen intéressant de montre à quel point ce personnage est indissociable de la croisade du Chevalier Noir. Mais plus on avance, plus les rebondissements se font nombreux et plus l’intrigue se développe et se complexifie. Les ramifications deviennent énormes au point qu’on a du mal à y voir clair dans la machination qu’on sent ourdir en filigrane.

C’est d’ailleurs un des reproches que l’on peut faire. A force de multiplier les intrigues, sous-intrigues, personnages secondaires et pistes de développement, on a l’impression de s’éparpiller un peu. De fait, le fil rouge de l’histoire, à savoir l’incarcération et le procès de Gordon, ainsi que la découverte d’une potentiel machination, traîne un peu. Même si les passages avec Red Hood et Batgirl, avec Red Robin apportent quelque chose, ça casse un peu le rythme. De plus, certains points et personnages présentés n’ont pour le moment pas ou peu de justification sur le pourquoi de leur présence. Je pense notamment à tout ce qui touche Stephanie Brown. On se doute quelle va être importante par la suite. Mais pour le moment, tous ces passages manquent de liant avec l’histoire principale, diluant encore un peu l’intrigue. Pourtant, on sent bien que tous ces ajouts servent un but et ne sont pas là pour ne faire que du fanservice. Il y a une utilisation intelligente des personnages secondaires de l’univers

Le tout est quand même bien rythmé, avec une volonté affichée de proposer quelque chose de grandiose, d’énorme et de probablement impactant. Les scénaristes utilisent tous les éléments de la mythologie de Batman à bon escient. Que se soit ses capacité d’enquêteur, de combattant, de leader, toutes les facettes de Batman sont exploitées. On retrouve également énormément des méchants et alliés. J’ai aimé également l’impact de l’arrestation et de la bavure de l’incorruptible James Gordon. Cela permet de bien mettre en avant l’impact de ce policier sur Batman. Être justicier ne suffit pas. Il a besoin de la police et de la justice pour mener à bien son combat.

Il y a un côté pop-corn comic, sorte de blockbuster du neuvième art mais pas déplaisant pour autant. L’intrigue mise en place est assez dense et complexe pour nous promettre de bons moments de lecture à venir. Surtout que l’on attend la révélation du grand méchant de cette histoire. Qui peut-il bien être ? Quel sont ses desseins ?

 

Graphiquement, bon nombre de dessinateurs se succèdent. Il est donc difficile de ressortir un aspect en particulier tant certains styles sont différents. Mais globalement la qualité est au rendez-vous. Mais c’est vrai que cette disparité gêne un peu la lecture. Mais vu le rythme effréné de publication, il ne pouvait en être autrement. Si j’ai bien apprécié le travail de Jay Fabok, j’ai, par contre, pas du tout aimé la prestation de Ian Bertram. Son style peu abouti, je trouve, tranchait trop avec les autres. Ce côté cartoony hésitant jurait trop avec le côté réaliste et sombre des autres.

 

Pour conclure, Batman Eternal – tome 1 de Scott Snyder, James Tynion IV, Ray Fawkes, Jay Fabok est un blockbuster dans le bon sens du terme. Il est spectaculaire, ambitieux, dense, riche et rythmé. Il y a un vrai ambition dans les enjeux et les personnages utilisés, mais sans que ça fasse étalage de personnages pour faire joli. L’intrigue est complexe avec de nombreuses ramifications, ce qui est passionnant à lire. En revanche, les nombreuses directions prises cassent un peu l’histoire et ralentissent un peu le rythme.

Mais ce comic est vraiment une très bonne lecture, qui se dévore avec plaisir et envie. J’ai hâte de lire la suite et voir ce que nous ont réservé les auteurs et quels pourraient les impacts futurs. La fin de ce run sera primordial pour le classer ou non dans les grands moments du Batman. Mais pour le moment, il peut en prendre le chemin !

Et vous qu’en avez-vous pensé ?

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