. Batman Dark Knight III – tome 2 | Fant'asie
Kameyoko 07/12/2016 1
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  • Graphisme

Dark Knight III - tome 2

Batman Dark Knight III – tome 2 de Brian Azzarello, Frank Miller, Andy Kubert et Klaus Janson

L’attaque des kryptoniens

L’événement de DC est de retour en France, avec la suite du très attendu Dark Knight III. Et au programme, toujours cette interrogation pour savoir dans quelles mesures s’implique Frank Miller sur le scénario. Pour le dessin, on le verra prendre le crayon pour un résultat discutable.

Batman Dark Knight III – tome 2 est édité par Urban Comics et est disponible à la vente depuis le 02 septembre 2016.

Résumé de Batman Dark Knight III 2 chez Urban Comics

Résumé de l’éditeur :

Frank MILLER, assisté au scénario par Brian AZZARELLO, débute son troisième cycle des aventures du DARK KNIGHT. Dessinée principalement par Andy KUBERT et Klaus JANSON, cette nouvelle mini-série aborde à nouveau la place des surhommes dans un monde à la dérive qui les craint autant qu’il les vénère. Chaque chapitre est complété par une histoire de complément explorant cet Univers si singulier, dessinée à chaque numéro par un artiste de renom. La dernière charge du Batman est proche, et que tremblent tous ceux qui s’y opposeront…

Contient : Dark Knight The Master Race #3 + #4

Seul contre tous !

Après avoir posé les bases de l’intrigue de ce Batman Dark Knight, Brian Azzarello, accompagné plus ou moins de loin par Frank Miller, rentre de plein pied dans son histoire. Et il n’y va pas avec le dos de la cuillère.
Ainsi, Quar et ses kryptoniens passent en mode offensif et attaquent la Terre. Le tout sous le regard d’un Batman vieillissant, usé, amoindri et désabusé sur sa forme physique. La menace est réelle surtout qu’elle est appuyée par la présence de Lara, la fille de Superman et Wonder Woman.

Quar et les siens exigent d’être vénérés comme des Dieux et lancent un ultimatum. Batman y répondra à sa manière. Mais cette situation impose de faire revenir Superman aux affaires, lui qui est congelé dans sa Forteresse de Solitude.

Même si on regrettera le peu de pages que contient cet album (et encore des histoires complémentaires sont ajoutées !), avec seulement les numéros #3 et #4, la narration est nerveuse et incisive. Azzarello parvient à moderniser le style de Miller, mais tout en gardant une partie de son identité, en terme de rythme, de fureur et de critiques brutes voir parfois un peu réactionnaires.

Le rythme est soutenu, sans réels temps morts. Les scènes, révélations et rebondissements s’enchaînent bien. On regrettera juste quelques raccourcis ou facilités pas toujours bien amenés. J’ai par exemple du mal avec les réactions de Lara. Mais l’histoire n’est pas juste un condensé d’action, où les kryptonniens tapent sur tout ce qui bouge. Non, il y a également quelques réflexions intéressantes, des thématiques fortes et des passages forts. Parmi ces passages, on retiendra la réponse de Batman à l’ultimatum de Quar tout en finesse et délicatesse (c’est ironique bien sûr) ! Et cette petite réponse est assez savoureuse.

Mais j’ai bien aimé l’introspection de Batman sur sa condition physique en net déclin mais son envie de rester un justicier toujours intacte. C’est intelligemment fait, même si bref. Surtout que le tout est couplé à son rôle auprès de Carrie. Malgré son statut de mentor, voir d’homme « mythique », n’est-il finalement pas un boulet pour elle ? Ce qui est un bel opposé de certaines réflexions du Chevalier Noir sur ses différents Robin quand il était plus fringuant. On retrouve un peu du Dark Knight Returns que j’apprécie. Le duo Bruce/ Carrie est bien mis en avant avec une passation de pouvoir tout en couleur et en symbolisme.

Azzarello et Miller s’attaquent également avec véhémence aux médias, réseaux sociaux et mentalité de la « masse ». On peut aussi voir certaines analogies avec la vague terroriste mondiale de nos jours. Les deux scénaristes incorporent un message virulent, pas toujours très fin, mais qui donne plus de consistance à cette histoire.

Néanmoins, le tout va un peu trop vite parfois et laisse de côté certains personnages. Là, la plupart sont à peine abordés. Que ce soit Superman, Wonder Woman, Flash, Atom… on les voit finalement peu. Par exemple, Superman apparaît finalement sur pas mal de planches mais souffre d’un rôle trop mineur. Les autres sont plus de l’ordre du clin d’oeil qu’autre chose. Notamment la belle Amazone qui, étrangement, parait assez lointaine du problème, qui concerne pourtant, entre autres, sa fille. Mais il est vrai qu’en seulement deux épisodes difficiles de tout développer.

Au-delà de l’intrigue principale, ce tome contient aussi des histoires de complément dont une sur Green Lantern complètement dispensable.

 

Graphiquement, le travail de Andy Kubert est toujours aussi impressionnant. Dans le sens où il applique des techniques Millériennes à son style, pour calquer au plus près à l’ambiance graphique du Frank Miller de Dark Knight Returns. Surtout qu’il les modernise et les bonifie (enfin c’est mon avis). Et ce choix de rester fidèle à l’essence de Frank Miller mais de façon plus moderne donne une vraie personnalité à ce Dark Knight III, tout en jouant un peu sur la fibre nostalgique.

Par contre sur les histoires qui viennent compléter la trame principale, je suis nettement moins enthousiasmé (enfin surtout une). Je pense notamment à l’épisode centré sur Green Lantern dessiné par John Romita Jr et Frank Miller. Et là, c’est juste dégueulasse. Ca ne ressemble à rien, c’est pauvre, mal dessiné, mal colorisé avec des proportions improbables. Je n’aime pas à la base Romita Jr et ne suis pas un fervent admirateur des oeuvres « récentes » de Miller, mais là on atteint un niveau de médiocrité assez rare. A oublier !

 

Pour conclure, ce Batman Dark Knight III – tome 2 est encore trop court et un peu cher pour le contenu. Surtout que les contenus additionnels ne sont pas tous indispensables (enfin c’est surtout la partie Green Lantern qui est très quelconque. Celle sur Carrie est beaucoup plus intéressante). Néanmoins ces deux numéros s’avèrent prenant, denses et renouent avec l’ambiance du Dark Knight Returns. J’ai apprécié certains thèmes abordés et la rage qui se dégage des planches. D’ailleurs, Andy Kubert livre un travail assez remarquable, s’inspirant du style Frank Miller mais en le modernisant et en gommant certains légers défauts.

Un comic qui souffre essentiellement de son format d’édition. Car le lecteur y gagnerait à avoir plus de numéro par tome. Car l’histoire le mérite, même s’il n’atteint pas (encore !?) le statut d’histoire culte du Chevalier Noir comme son illustre aîné de Dark Kngiht Returns.

 

Et vous qu’en avez-vous pensé ?

Un commentaire »

  1. Stéphanie 16/12/2016 at 23:06 -

    Je viens de le terminer …une tuerie !!

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