. Batgirl – tome 1 de Cameron Stewart, Brenden Fletcher et Babs Tarr | Fant'asie
Kameyoko 06/01/2016 2
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  • Graphisme

Batgirl - tome 1

Batgirl – tome 1 de Cameron Stewart, Brenden Fletcher et Babs Tarr

Une Batgirl très girly

Batgirl est un peu devenu le porte-étendard des ambitions de DC de moderniser ses séries et son lectorat. Ce comic en est la principale illustration avec une Barbara Gordon résolument branchée et girly. En plus de manier les arts martiaux, l’informatique, elle est maintenant une experte des réseaux sociaux.

Mais que vaut cette nouvelle vision de Barbara Gordon ? Est-ce trop axé pour les lectrices ?

Batgirl – tome 1 : Bienvenue à Burnside de Cameron Stewart, Brenden Fletcher et Babs Tarr est édité par Urban Comics et est disponible à la vente depuis le 11 septembre 2015.

Résumé de Batgirl 1 chez Urban Comics

Résumé de l’éditeur :

Lorsque les ennuis pointent le bout de leur nez, Barbara Gordon n’est pas du genre à abandonner ses vieilles habitudes. Alors, quand un terrible incendie la prive de tout ce qu’elle possédait, la jeune femme saisie l’opportunité de repartir à zéro. Tout comme le reste de la jeunesse branchée de Gotham, elle s’installe dans le quartier chic de Burnside et profite de ce renouveau pour redéfinir le style et les méthodes utilisées par son alter ego Batgirl. Mais changer d’environnement ne réduit pas pour autant les menaces et dangers quotidiens de l’héroïne. Contient : Batgirl #35-40 + Secret Origins #10

Nouvelle vie à Burnside

Urban Comics s’est décidé à publier, en librairie, du Batgirl du New52. Mais ce tome 1 ne contient pas les tout premiers numéros de cette série. Non, ce tome se base sur une refonte éditoriale de ce titre. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ça change des titres du Bat-verse.

L’ambiance n’est plus au dark et glauque mais aux paillettes et au girly ! Avec ce Batgirl, DC Comics a voulu atteindre une cible bien spécifique : les jeunes filles. Et ça se ressent vraiment. Ainsi, la succulente rousse perd son côté geek badass pour devenir plus girly, façon comédie romantique, sur fond de réseaux sociaux.

Barbara Gordon est un personnage aimé de l’univers et qui a connu de multiples vies. Elle fût Batgirl acolyte de Batman et a eu une relation particulière avec Robin, puis elle se retrouva paralysée dans the Killing Joke, à cause du Joker. Handicapée, elle deviendra ainsi Oracle, experte information et pouvoyeuse d’informations. On la connait également pour avoir créé les Birds of Prey. Bref, une héroïne à la vie tourmentée.

Pour ce relaunch des New52, et cette nouvelle direction artistique, DC a décidé de conserver quelques éléments phares de son passé comme les événements de The Killing Joke. Ainsi, elle a un passé en chaise roulante. C’est d’ailleurs en rééducation qu’elle fait connaissance de sa colocataire : Frankie. Mais à part ça, l’équipe créative à l’oeuvre apporte une nouvelle vision bien différente de la belle rousse.

Déjà, elle habite désormais dans le quartier branché et hipster de Burnside. Mais en plus maintenant, elle est très girly, fashion et addict aux réseaux sociaux. Pour l’occasion, elle a même le droit à un redesign de son costume. Et pour le coup, c’est assez réussi et moderne. Pour le reste, je suis plus partagé.
Le fait de choisir une voie plus girly ne me dérange pas à la base. Cela peut-être une façon de toucher un nouveau lectorat, de moderniser le personnage et d’ajouter de nouveaux thèmes et enjeux. Les scénaristes ont probablement cherché à faire tout ça, pour un résultat pas toujours à la hauteur.

Pour ce qui du lectorat visé, on ne va pas revenir dessus, tant l’orientation pour un public plus féminin est évident. Mais pour autant, cela n’exclue pas le public masculin. Pour ce qui est de la modernisation, effectivement il y a un coup de jeune. Mais il se fait à base de grosses ficelles et de clichés cristallisés autour de l’omniprésence maladroite des réseaux sociaux. Entre des selfies, des méchants qui usent et abusent de hashtags, de Instagram-like, de relations amoureuses via un Tinder-like… Le tout fait très forcé. Et j’irai même plus loin, on frôle parfois même l’overdose et le ringard. Pour appuyer cette sensation de surenchère de « coolitude », le quartier branché de Burnside joue beaucoup. Tous les personnages semblent être sortis d’une série teenage, tendance hipster à barbe. Mais là aussi, ça manque de naturel.
On peut rajouter à ça, quelques histoires amoureuses dignes de toute bonne comédie romantique, mettant Barbara dans tous ses émois. A part rendre plus humaine Barbara, cela ne sert pas à grand chose, si ce n’est rendre « djeun’s » notre héroïne.

Si je n’ai été convaincu que modérément par ce surplus souvent inutile de modernité, j’ai quand même apprécié ce tome. Il a le mérite de proposer une ambiance bien différentes des titres de la Batfamily et c’est pas un mal. Surtout que Barbara/ Batgirl demeure attachante, même si elle perd son côté badass.

L’histoire se focalise surtout sur la nouvelle vie de Barbara essayant de jongler avec sa vie super-héroïque, ses études, ses sorties et sa vie sentimentale. Le tout avec beaucoup de dynamisme, des dialogues et références modernes et avec quelques vraies bonnes idées. L’action est peu présente mais est bien là, avec quelques méchants hauts en couleur. Alors certes, ils ne font pas peur, et frôlent le ridicule, mais ça apporte un vent de fraîcheur loin d’être désagréable.

Les auteurs explorent quelques thèmes intéressants comme la relation à la notoriété. Même si c’est survolé, l’intrigue qui en découle se lit sans déplaisir. Ils travaillent aussi les relations entre Barbara et Black Canary, que l’on voit aussi beaucoup. D’ailleurs Dinah se voit un peu modernisée également.

Graphiquement, le trait de Babs Tarr est à l’image du comic : assez girly. Il y a un côté simple et cartoon qui fleure bon l’aspect teenage. Elle assez douée pour donner un aspect paillette au tout, sans pour autant sacrifier sur le reste et notamment sur son découpage. La dessinatrice est à l’aise sur l’aspect vie quotidienne, problèmes de tous les jours, mais l’est un peu moins quand l’action pointe le bout de son nez.

Pour conclure, Batgirl – tome 1 : Bienvenue à Burnside de Cameron Stewart, Brenden Fletcher et Babs Tarr est une version clairement plus moderne et girl de l’héroïne. Mais cette volonté de coller plus au public féminin n’est pas une mauvaise idée en soi. Ici c’est juste trop central. En lisant ce tome 1, on ressent trop fortement ce choix éditorial. Du coup, beaucoup de points semblent forcés ou caricaturaux. Je pense notamment à la surutilisation des médias sociaux et de la hipster attitude à foison. Cette modernisation ne doit pas être le sujet central. Elle aurait du « enrober » un vrai récit, qui fait un peu défaut ici.
Pourtant, le tout se lit bien et on se plait à suivre les tracas de la vie quotidienne de Babs et ses frasques d’héroïne. Le ton apporte un vrai vent de fraîcheur, même si certains aficionados crieront à l’hérésie.
Ça se dévore aussi bien qu’une bonne comédie romantique mâtinée d’action. Batgirl devra moins forcer le trait de la modernité pour totalement convaincre, mais il y a un quelque chose à travailler.

Et oui, ce Batgirl peut même être apprécié par des hommes.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Les auteurs ont-ils été trop loin dans leur volonté de féminiser leur lectorat avec cette version plus moderne et girly ?

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