. All You Need Is Kill – tomes 1 et 2 de Takeshi Obata et Ryôsuke Takeuchi | Fant'asie
Kameyoko 17/10/2014 1
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  • Graphisme

All You Need Is Kill – tomes 1 et 2 de Takeshi Obata, Hiroshi Sakurazawa et Ryôsuke Takeuchi

Boucles temporelles et invasion de « Mimics »

All You Need is Kill est l’adaptation du light novel éponyme de Hiroshi Sakurazaka. Ce manga, qui ne compte que deux tomes, a la particularité d’être sorti à peu près au même moment que le film Edge of tomorrow, qui n’est pas l’adaptation du manga, mais une adaptation du roman. Les deux partent bien de la même oeuvre, mais présentent de très nombreuses différences.

 

All you need is kill – tomes 1 et 2 de Takeshi Obata, Hiroshi Sakurazawa et Ryôsuke Takeuchi sont édités par Kazé Manga et sont disponibles à la vente depuis, respectivement, les 14 juin et 16 juillet 2014.

Résumé de All You Need Is Kill 1 et 2 chez Kazé Manga

Résumé du tome 1 :

Keiji KIRIYA est une nouvelle recrue dans l’armée de la Défense des États qui se bat contre les « Mimics », de mystérieux envahisseurs qui assiègent la Terre. Keiji est tué lors de sa première bataille, mais par un phénomène inexplicable il se réveille à la veille de celle-ci, en pleine forme, comme s’il ne s’était rien passé. Il est maintenant embarqué dans une boucle temporelle où sa mort et sa résurrection se répètent maintes et maintes fois. Keiji devient un soldat surentrainé comme il passe à travers chaque boucle du temps dans une tentative désespérée de changer son destin.

Résumé du tome 2 :

Les affrontements contre les Mimics continuent de faire rage sur l’île de Kotoiushi. Au cœur de la bataille, deux guerriers hors du commun : Keiji Kiriya et Rita Vrataski. Maintenant que le soldat japonais sait qu’il n’est pas le seul prisonnier des boucles, il va combattre aux côtés de la Full Metal Bitch pour tirer profit de son expérience… Arriveront-ils à sortir indemnes de ce piège temporel et sauver l’espèce humaine de l’extinction ?

All You Need Is Kill et Edge of Tomorrow, une même base, deux approches

Pour être honnête, je n’ai pas lu le roman SF de Hiroshi Sakurazaka et j’ai vu le film Edge of Tomorrow avant de lire ce manga. Et même, que j’ai bien apprécié le film avec Tom Cruise malgré quelques ratés.

Je ne vais pas m’amuser à dresser la liste des différences entre les deux oeuvres. Ça n’aurait que peu de sens, et ce n’est pas le but de l’exercice.
Mais ce que je peux dire, c’est que malgré une base assez commune, à savoir, des boucles temporelles permettant au héros de devenir une véritable machine de guerre, aux côtés d’une soldat chevronnée, pour contrer l’invasion Mimics, il y a beaucoup de différences et pas que des mineurs.
On peut donc sans problème voir Edge of Tomorrow si on lu le manga, et lire All You Need Is Kill si l’on a déjà vu le film.

Pour en revenir au manga, celui-ci nous narre l’histoire du jeune soldat Keiji Kiriya, militaire dans un des derniers bastions stratégiques de la race humaine face à la menace des Mimics, des aliens hostiles ayant ravagé notre bonne vieille terre. Pour lutter contre ces terribles créatures, les humains misent beaucoup sur leurs armures de combats.
Mais Keiji na jamais mis les pieds sur un champ de bataille, et malgré la présence de la redoutable et respectée Rita Vrataski, il va mourir au cours de sa première mission.
Sauf qu’il revient à lui, la veille de la bataille et est condamné à revivre, encore et encore, la même journée. Il va en profiter pour s’aguerrir et devenir une véritable menace pour les Mimics.

Sur ce pitch hyper alléchant, le manga veut clairement s’imposer comme une des références SF. Et pour cela, il s’appuie, avec intelligence, sur le concept de boucles temporelles, que l’on connait surtout pour l’excellente comédie le Jour sans fin avec Bill Murray. Mais ça, à la sauce Science-Fiction, avec des armures de combat, des grosses haches et des Aliens, on va dans une toute autre catégorie.

Surtout que ce All You Need Is Kill ne fait que deux tomes et va donc droit au but, pour nous livrer un récit dense, spectaculaire et qui ne se perd pas en vaines palabres ou sujets pseudo-philosophiques. On pourrait lui reprocher, un peu, de ne pas se poser plus sur l’aspect psychologique des ces boucles et sur diverses réflexions philosophiques mais le récit est focalisé sur un objectif : défaire les Mimics et proposer du divertissement.

Ce parti pris s’accompagne forcément par une multiplication des boucles, des répétitions d’événements qui varient légèrement de boucles en boucles, mais surtout par d’importantes ellipses. Mais Ryôsuke Takeuchi arrive très facilement à éviter le piège de la répétition et de la lourdeur. Le récit est très fluide, très condensé et très rythmé. Vraiment on ne s’ennuie pas pendant la lecture surtout qu’il y a pas mal de rebondissements et de phases distinctes.
On passe par la phase de découverte du principe des boucles, puis celle qui consiste à y voir une malédiction pour ensuite prendre conscience de l’opportunité de revivre la journée. Après cela, on va enchaîner les phases d’entraînement, de combats et de découverte de l’histoire de Rita Vrataski.
En effet, même si le héros est bien Keiji, son histoire est indissociable de celle de Rita. Ces deux personnages sont bien caractérisés et leur association apporte un vrai plus au background. D’une part parce qu’il réoriente un peu le récit, parce qu’il fait évoluer et Keiji et l’intrigue mais surtout parce qu’il offre une vraie crédibilité aux événements et à la conclusion. Par exemple, j’ai trouvé que ce duo, et l’impact qu’il peut avoir dans la conclusion du manga, est nettement mieux gérée que dans le film. Il y a une vraie connexion entre eux, influant directement les événements. Il y a donc tout un développement émotionnel autour d’eux, permettant à All You Need Is Kill d’aller un peu plus loin qu’un titre SF réussi et bourré d’action. On alterne ainsi avec le côté presque froid de l’acquisition de compétences pour lutter contre une menace, avec des moments plus intime, avec un certain développement autour de leur condition ainsi que le fait de trouver quelqu’un qui connait bien ses difficultés.

La conclusion de ce manga est très réussi à mon sens. Elle offre évidemment son lot d’action, avec des affrontements intenses, épiques et intégrant tous les développements de l’histoire, tout en n’oubliant pas de travailler la relation du duo. L’alternance de passages ultra-dynamiques avec des moments plus intimistes fonctionne bien et donne plus d’envergure au combat de ces deux êtres presque seuls au monde.

 

Graphiquement, le travail de Takeshi Obata est évidemment superbe, avec des planches magnifiques, pleines de détails et des personnages expressifs. Il est toujours talentueux dans son découpage et dans ses choix de cadrage. Le tout est très vivant et fin. Mais tout n’est pas parfait, je n’ai pas été du tout convaincu par le design de Mimics que je trouve assez moches. J’ai également trouvé que certaines scènes étaient un peu confuses, avec une volonté de faire trop dans « l’effet » de mise en scène. Mais ça reste du très haut niveau, et qui contribue fortement à la bonne impression laissée par ce titre.

 

Pour conclure, All You Need Is Kill – tomes 1 et 2 de Takeshi Obata et Ryôsuke Takeuchi est le manga que j’attendais. C’est un divertissement de haute volée, très dynamique, avec une thématique SF bien exploitée et qui se lit avec énormément de plaisir. Ce manga s’impose d’ores et déjà comme un titre SF à découvrir d’urgence. Les éléments prometteurs tels que la boucle temporelle, l’armure de combat et les haches, l’invasion alien sont très bien utilisés, avec une vraie utilité. Certes, l’histoire est centrée sur une action débridée, mais justement le scénariste parvient à développer des thématiques SF mâtures et donc aller plus loin que de simples affrontements, à l’image d’une fin maîtrisée.
Quand on rajoute à ça le talent d’Obata, nous avons vraiment un excellent seinen qui ne peut que plaire !  On regrettera presqu’il ne comporte qe deux tomes.

All You Need is Kill est à découvrir d’urgence, que vous ayez lu ou non le roman ou vu ou non le film ! De la science-fiction comme j’aime !

Un commentaire »

  1. Stéfan 13/11/2014 at 18:32 -

    Salut

    Petite question à toi qui as vu le film et lu le manga : est-ce que le manga est plus adapté pour des enfants que le film ? Moins adapté ? Pareil ? (au niveau de la violence et de la complexité du récit)

    Mon fils (9 ans) a vu le film, on a tous les 2 adoré. Le manga me tente (pour moi), mais si en plus il peut plaire à mon fils, alors là banco je fonce. A toutes fins utiles, pour comparer, il lit Animal Kingdom et One Piece. Mais pas Death Note.

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