. Akaboshi – tome 1 de Yoichi Amano | Fant'asie
Kameyoko 10/10/2011 3
  • Scénario
  • Graphisme

Akaboshi – tome 1 de Yoichi Amano

Réunir les 108 étoiles sacrées

Akaboshi (Akaboshi – Ibun Suikoden en VO) est un shônen qui s’inspire d’une célèbre légende chinoise : Au bord de l’eau. C’est un manga assez court puisqu’il ne compte que 3 tomes. Ce qui n’ai pas forcément bon signe quand on sait qu’il a été initialement publié dans le Shônen Jump.

D’autant plus que l’histoire est sensée tourner autour de la réunification de 108 étoiles, soit des personnages combattants. J’avoue avoir quelques doutes sur le scénario à terme. J’ai peur que ce soit bâclé ou carrément sans fin correct. A voir.

Akaboshi – tome 1 de Yoichi Amano est édité par Tonkam et est disponible à la vente depuis le 24 août 2011.

Résumé d’Akaboshi 1 chez Tonkam

Résumé de l’éditeur :

Chine, XIIe siècle, après des guerres incessantes pour le pouvoir, le pays est devenu une dictature où les politiciens véreux exploitent le peuple et s’enrichissent sans vergogne. Mais peu à peu, une rumeur commence à courir dans la rue, celle d’un groupe armé qui organise la résistance autour de Taisou, dit l’étoile filante, dont le rôle est de réunir les 108 étoiles sacrées, les élus qui libéreront le peuple !

Un héros avec une épée brisée

Akaboshi est un titre estampillé Shônen Jump. Pourtant, la méfiance est de mise avec seulement 3 tomes de sortis, laissant présager d’un arrêt pour impopularité (mais peut-être que je me trompe). Surtout que le héros est sensé réunir 108 étoiles sacrées, en seulement 3 tomes. J’ai donc la crainte que ce soit très expéditif et un peu bâclé. Mais laissons cette crainte de coté pour le volume 3 et intéressons-nous à ce premier opus.

Akaboshi est une libre interprétation d’un classique de la littérature chinois « Au bord de l’eau« . C’est un choix risqué tant cette histoire a été adapté à de nombreuses reprises. Parviendra-t-il à transcender son sujet ?
La réponse est non. Non pas dans le sens où c’est mauvais mais plus que, pour le moment, Akaboshi peine à sortir de la masse de shônen.
En effet, les évènements sont parfois prévisibles avec un coté shônen bien identifié. Ainsi on a le héros puissant avec un énorme potentiel, une héroïne croisée rapidement, qui suit le héros et devient juste un faire valoir. D’ailleurs, au départ ils ne s’entendent pas bien. On a aussi une arme spéciale, des personnages secondaires un peu stéréotypés, avec des compagnons forts, des méchants bien méchants, un rival qui se la joue…
Le héros a aussi un caractère assez classique avec un coté grande-gueule, un peu dédaigneux et feintant une indifférence face aux évènements et personnes.
Au départ, son attitude est drôle et est source de situations comiques, mais à la fin, on frôle l’agacement.
Pourtant, on prend quand même plaisir à suivre ce personnage qui se révèle fun, parfois déjanté et drôle, notamment avec des répliques percutantes.
A noter qu’il tranche avec le cadre de l’histoire. En effet, cela est sensé se passer dans une Chine ancienne, avec des dynasties, des guerriers armés d’épées, de lances… Le tout parsemé d’un peu de fantastique et de légendes folkloriques. Mais le héros a un coté anachronique avec son coté délirant, son comportement et attitudes et les gags qui en résultent.

Le scénario est assez basique avec un Taisou qui cherche à réunir les membres de la Taiten-Gyôdô pour renverser la dynastie des Song. Classiquement ça commence par la rumeur de cette organisation. Puis Taisou fait son apparition et annonce son appartenance.
Par contre, le rythme est inconstant. La première partie du manga est assez introductive, on prend le temps de s’attarder sur Suiren et Taisou et quelques méchants hauts en couleur. Puis la deuxième partie s’enchaine très vite, des nouveaux visages et personnages sont introduits. De plus, ça tombe comme un cheveu sur la soupe. Heureusement ces nouveaux personnages seront un peu plus détaillés. Je pense notamment à deux personnages puissants mais terriblement charismatiques. Ensuite quelques autres personnages sont très rapidement introduit se content de seulement quelques lignes d’introduction. Il y a bien aussi les futurs méchants de taille, méchant comme il faut.

 

Cette dernière phase est très rythmée avec pas mal d’action qui nous permet de voir le potentiel du titre. Les combats sont assez bien chorégraphiés et sont assez intenses.

J’ai donc peur que la suite ne soit qu’une succession de nouveaux personnages, sans prendre le temps de les introduire comme il se doit.

J’ai tourné la dernière page avec une impression mitigée. Le cadre spatio-temporel est sympathique, le personnage principal peut-être intéressant, les secondaires sont sympathiques, l’univers est propice à de bonnes choses, mais finalement je trouve presque ce manga trop commun. Il y a un coté très classique, certes sympathique, mais il manque ce petit quelque chose qui permet de le distinguer de la concurrence.
Ce qui ne veut pas dire que c’est mauvais mais ce n’est pas un shônen indispensable.

Graphiquement, Yoichi Amani nous propose des personnages avec un bon charadesign et assez soignés notamment sur leur costume et leurs armes. Le découpage et la mise en scène sont classiques. Même sur ce point, il peine à sortir du lot. Mais ça reste dynamique, et on ne s’ennuie pas à la lecture.
Le seul gros reproche que je ferais c’est sur les arrières-plans et décors. Il en manque sur certaines cases, mais surtout le manga ne parvient pas à nous projeter dans cette époque. On ne ressent pas assez l’époque et le lieu de l’histoire. Ça se passerait en Islande en 1932, je suis pas sur qu’on verrait la différence. Je caricature volontairement, mais je trouve que ce cadre spatio-temporel devrait être plus utilisé que ça. Le lecteur doit avoir plus l’impression d’évoluer dedans.

Pour conclure, Akaboshi est un shônen comme on en voit beaucoup. Il n’est pas mauvais, mais son scénario, et le manque de personnalité empêchent pleinement le lecteur de s’y projeter. Surtout que graphiquement, c’est agréable mais sans être transcendant.
Akaboshi semble avoir un peu de potentiel mais probablement pas assez pour devenir un incontournable. Un manga sympatoche, mais pas exceptionnel donc dispensable.
Néanmoins, je lirai quand même la suite parce qu’elle peut réserver des surprises. Et puis réunir, sous une même bannière, 108 guerriers d’exception, ça peut donner lieu à quelque chose d’épique. Surtout si tous ressemblent à ceux déjà entraperçus

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Trouvez-vous aussi que ce shônen peine à se démarquer? Connaissez-vous d’autres manga s’inspirant de la même légende?

3 commentaires »

  1. Morlorc 10/10/2011 at 18:23 -

    Je trouve la couverture de ce premier tome magnifique, je l’ai pas encore mais je compte me le prendre dés que j’aurai fini mes mangas achetés que je n’ai pas encore lu 🙂 En plus ça n’est qu’en 3 tomes et même si il n’est pas très original je pense qu’il me plaira bien.

  2. Kameyoko 11/10/2011 at 10:14 -

    @Morloc : N’être pas très original, ne signifie pas être mauvais. Donc tu as bien raison d’essayer et de voir par toi-même.

    Perso, même si j’aime les shônens basiques et commerciaux, je commence à vouloir trouver des mangas plus originaux, qui prennent des risques.

  3. Morlorc 11/10/2011 at 19:07 -

    Oui bien sur, moi aussi, mais sur des série courte je me contente de peu (enfin pas trop quand même), notamment si les dessins m’attire, mais c’est vrai qu’un bon scénario et de l’originalité c’est toujours plus plaisant 🙂

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