. Ajin – tomes 1 et 2 de Tsuina Miura et Gamon Sakurai | Fant'asie
Kameyoko 09/11/2015 3
  • Scénario
  • Graphisme

Ajin - tome 1

Ajin – tomes 1 et 2 de Tsuina Miura et Gamon Sakurai

Enfin le très attendu Ajin

Ajin est un titre qui a particulièrement bien marché au Japon, rencontrant un franc succès dès son premier tome. De fait, son édition en France était très attendue. Et c’est Glénat qui a décroché la timbale.

Reste maintenant à voir si la qualité du titre est à la hauteur de son succès au Japon et des attentes placées en lui.

Ajin – tomes 1 et 2 de Tsuina Miura et Gamon Sakurai sont édités par Glénat et sont disponibles à la vente depuis, respectivement, les 01 juillet 2015 et 02 septembre 2015.

Résumé de Ajin 1 et 2 chez Glénat

Résumé du tome 1 :

Toujours en cavale, Kei Nagai, le lycéen devenu Ajin, découvre que ces hommes d’un genre nouveau sont plus que de simples immortels. Qualifiés d’inoffensifs par le gouvernement, certains semblent dotés de redoutables alter ego qu’ils ont le pouvoir de faire apparaître à loisir : les fantômes noirs. Laissant son seul allié derrière lui, Kei part à la rencontre des “autres”…

Résumé du tome 2 :

Renversé par un camion en rentrant de l’école, le jeune Kei meurt sur le coup. Mais quelques instant plus tard, il ressuscite mystérieusement. Dès lors, sa vie de lycéen bascule. Une étrange organisation gouvernementale tente par tous les moyens de le capturer afin de mener des expériences scientifiques sur lui. Rapidement, il apprend qu’il n’est pas le seul être dans cette situation périlleuse, et qu’il semble être ce que certains nomment un “Ajin”. Personne ne sait exactement comment ils sont apparus ni pourquoi ils existent. Mais les services spéciaux du gouvernement sont prêts à user de tous les moyens pour le découvrir, car rien à leurs yeux n’est plus dangereux pour l’humanité… qu’un être immortel !

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Ces Ajins, être immortels et mystérieux !

Ajin est l’un des derniers gros succès au Japon. De fait son arrivée dans l’Hexagone était très attendu. Pour la Japan Expo 2015, Glénat a sorti le premier tome de cette série événement.

Mais qu’est-ce qu’un Ajin ? C’est une créature dont l’humanité ne sait que de choses. Ils ne sont qu’une poignée, moins d’une cinquantaine dans le monde, et la première apparition date d’il y a 17 ans. Il s’agit d’êtres humains apparemment normaux qui se découvrent Ajin lorsqu’ils meurent puis reviennent à la vie. Dès lors, ils deviennent quasiment immortels, pouvant se soigner de tout, et avec quelques pouvoirs qui seront dévoilés au fur et à mesure.
Mais ces derniers sont vus comme des monstres et sont craints par les autres.

Kei Nagai, un jeune lycéen, en se faisant renverser par un camion, découvre qu’il est un Ajin. Dès lors, sa vie va changer à jamais, et il va être renié par ses amis et sa famille. Il va pris en chasse par tout le monde.

ajin-2-glenatCe Ajin a pour lui un rythme effréné puisque rapidement on rentre dans l’action et ont suit la fuite de Kei et les questions qu’il se pose. Le tout est tendu, avec une crispation qui s’installe tant Kei se retrouve la proie de toute sorte d’individus appâtés par le gain possible ou pour pouvoir mener des expériences sur lui. De fait, il y a de nombreux rebondissements liés à cette traque. Mais Tsuina Miura renforce le tout par un sentiment de malaise lié à la perception des Ajins par les gens. Ainsi, la famille de Kei se désolidarise, de même que ses anciens camarades. Seul son ancien ami, Kai, semble le considérer comme un humain, un être normal. Ce sentiment de haine, de peur, rend la lecture angoissante. Surtout quand on sait que des expériences immondes sont menées sur les Ajins.

Dans le premier tome, les mangakas laissent leur lecteur volontairement dans le flou sur la nature même des Ajins, leur capacité et même la direction de ce manga. On se content presque simplement d’une brève introduction du concept d’Ajin, des personnages principaux et de cette fuite en avant. Pour nimber le tout d’une aura fantastique, mâtinée d’horreur, les auteurs introduisent de nombreux éléments mystérieux, comme les souvenirs de Kei, cette étrange créature bandée… Ce qui maintient l’attention constante et rend la lecture addictive.

L’intrigue utilise certaines ficelles classiques comme le coup des Ajin pas si mauvais que ce qu’on peut en dire, et le fait que les plus monstrueux ne sont pas forcément les « monstres ». En cela, on décèle un discours et un propos qu’on retrouve un peu dans certains récits de monstres (la créature de Frankenstein en tête). Mais il y a plein d’éléments qui intriguent et font la singularité de ce titre. Notamment les différentes factions en place ou encore la créature liée aux Ajins

Si le premier tome se veut assez introductif et mystérieux, le deuxième rentre plus dans le vif du sujet. Tout d’abord le groupe d’Ajin hostile à l’humanité prend contact avec Kei et semble bien avoir des desseins pour lui. Cette rencontre va permettre aux lecteurs de comprendre encore mieux toute la douleur qui va avec le statut d’Ajin, notamment par le biais du tortueux Tanaka. Ensuite cette rencontre met en avant les différentes forces en présence et notamment les différences qu’il peut y avoir entre Ajins.

Mais ce qui marque dans ce volet est le passage de Kei livré aux petits soins de chercheurs. Il va ainsi subir une batterie de tests (comprendre par là des tortures) pour voir les réelles capacités des Ajins. Ces scènes sont évidemment dures, un peu gores et montrent le peu de considération que les autorités ont pour ces créatures. Face à cette barbarie, comment notre héros va-t-il réagir. Va-t-il se retourner contre les hommes ?

Au-delà de Kei, les mangakas développent un peu plus des personnages secondaires, en les dotant d’un background. Je pense à Tanaka et Sato. On visualise mieux leurs manipulations et manigances. Il y aussi des personnages du gouvernement un peu troubles, ou encore l’ex-camarade de classe qui prend parti pour Kei. Soit autant de pistes de développements potentielles et intéressantes. On sent que ce titre en a sous le pied.

Si on rajoute à ça quelques scènes d’action bien chorégraphiées et jouant pleinement avec les capacités des Ajins, nous avons un titre qui a tout pour plaire. Mais pour cela il devra être un poil plus original et creuser certains points entraperçus.

Surtout que graphiquement, le trait est maîtrisé et précis. Même si le charadesign pèche un peu, avec des visages de face pas toujours réussi (mais pourquoi ne pas dessiner de nez de face !?), le tout est quand même efficace et dynamique. Le découpage est vraiment de qualité et contribue à donner ce rythme soutenu qui nous tient en haleine de bout en bout. Et puis, la représentation des créatures liées aux Ajins vaut son pesant de cacahuètes.

Pour conclure, ces Ajin – tomes 1 et 2 de Tsuina Miura et Gamon Sakurai laissent entrevoir tout le potentiel du titre. Même s’il y a certains éléments empruntés aux titres de ce genre, ce seinen a un potentiel certain. L’idée de base est bien posée, avec des interrogations éthiques, et toute une série de questionnements sur ces créatures et leur pouvoir. Le rythme endiablé met dans l’ambiance direct et on comprend, avec Kei, ce qui signifie être un Ajin. Plusieurs points mystérieux sont introduits, et il y a plusieurs pistes à creuser. Le tome 2 nous conforte dans la bonne impression laissée avec des approfondissements de plusieurs points et avec des personnages secondaires qui prennent plus de poids et gagnent en intérêt.
Ajin était très attendu, et j’avoue comprendre pourquoi. La qualité est là, même si ce n’est pas pour autant l’oeuvre de la décennie. Mais il y a vraiment quelque chose qui se dégage de ce seinen !
Espérons que la suite confirme.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? La renommé de ce manga est-elle justifiée ?

3 commentaires »

  1. MrReccA 30/05/2017 at 14:50 -

    Pour moi cette série va faire partie des « must have » du genre ou pour tout amateur de série qui mêle l’action avec l’intellect. C’est super bien ficellé, les persos sont atypiques, et super attrayants. J’ai les 8 tomes dispos à ce jour, et on ne s’ennuie pas ça c’est sûr !

  2. Kameyoko 31/05/2017 at 16:09 -

    @MrRecca : Non c’ets clair que c’ets un bon titre. A la fois bourré d’action, et plus intelligent qu’il n’y parait !

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