. Abyss – tome 1 de Ryûhaku Nagata | Fant'asie
Kameyoko 17/03/2016 1
Abyss – tome 1 de Ryûhaku Nagata
  • Scénario
  • Graphisme

abyss - tome 1

Abyss – tome 1 de Ryûhaku Nagata

Survie et énigmes en souterrain

La mode est au manga de type Survival. Soleil suit la mouvance en proposant ce Abyss, à la couverture aguicheuse et l’édition qui semble de qualité.

Mais que cache ce titre ? Se distingue-t-il de la concurrence ?
Voici donc mon éclairage !

Abyss – tome 1 de Ryûhaku Nagata est édité par Soleil Manga et est disponible à la vente depuis le 27 janvier 2016.

Résumé de Abyss 1 chez Soleil

Résumé de l’éditeur :

Un groupe d’individus se réveille dans un étrange souterrain avec très peu de souvenirs de leur ancienne vie. Dans leur main, un interrupteur appelé «trigger» qui leur donne chacun accès à un pouvoir spécial. Ils vont alors devoir coopérer les uns avec les autres afin de trouver la sortie, et surtout, échapper aux créatures monstrueuses, les «Hitman», qui errent dans les couloirs avec la ferme intention de tous les tuer.

Mélange de Survival Horror et Survival Game

Les manga de type « survival » ont le vent en poupe. On ne compte plus maintenant le nombre de titres déjà sortis exploitant ce filon. Abyss se veut être un survival horror empruntant aux règles du survival game. On gros il va être question de survivre !
Tout commence avec le personnage de Hibiki Dan qui se retrouve dans un souterrain labyrinthique sans souvenir de ce qu’il s’est passé avant. Il va manquer de se faire manger par une créature appeler « Eatman« . Il ne doit son salut qu’à une jeune fille qu’il entend dans sa tête. Rapidement la lecteur va être plongé dans cette intrigue et va comprendre que nous avons à faire un groupe d’individus piégés dans un endroit inconnu où règne la mort par le biais de cette créature.
C’est donc ensemble qu’ils devront se défaire de cette « horreur ». Et pour rajouter à la dimension « Survival Game » chacun des survivants est dotés d’un Trigger personnel, qui, activé, leur donne à chacun un pouvoir : télépathie, télékinésie, super-force… Ils vont devoir collaborer et utiliser intelligemment ces triggers pour sortir de cette situation périlleuse.

On rentre de plein pied dans l’intrigue sans connaître les personnages, le lieu, le contexte… Mais force est de constater que l’histoire part sur des bases très communes, vues et revues. Le lieu clos, le mystère sur leur présence, les pouvoirs, les personnages et la lutte pour la survie sont archis classiques. Et ce sentiment n’a cessé de m’habiter tout au long de la lecture. Même si la fin laisse entrevoir quelques nouveautés et de potentiels bonnes choses, j’ai eu la désagréable sensation de suivre un manuel de création de manga de type survival

En premier lieu les personnages sont des stéréotypes sur pattes, ô combien communs pour ce genre de titre. Entre les jeunes filles qui ne servent à rien, à part être sauvées, la timide qui ne parle pas, l’écolière, le leader, la brute, le geek ou encore le personnage spécial, tous les profils y sont. Mais surtout, les personnages sont très fades. En premier lieu ce Dan très vite horripilant. Il n’est pas crédible pour un sou. Sa confiance en lui, sa capacité à jouer le héros, ses plans pour s’en sortir venant de nulle part… font qu’on est à la limite de l’antipathie. Mais que dire des autres personnages ! C’est simple ils sont presque là pour faire le nombre, tant ils ne servent pas à grand chose. Dan semble le seul à être capable de réfléchir. Les autres sont à la fois extrêmement passif, confiant mais aussi un peu stupides. Ils sont complètement laissés sur le bas-côté, pour permettre à Dan de prendre le leadership. Sauf que sa caractérisation n’est pas bonne et du coup il ne parvient pas à rehausser le tout.

En ce qui concerne l’histoire en elle-même, elle se résume à une succession de pièces à franchir avec des types de créatures différentes où il va falloir combiner les pouvoirs des triggers. Le tout est donc assez linéaire et balisé. Surtout que le mangaka ne cherche pas à nous expliquer quel est cet endroit, d’où sortent ces créatures et ces triggers, pourquoi cet espèce d' »escape game »… Heureusement, il arrive à maintenir un certain intérêt en intégrant des nouveaux monstres aux caractéristiques spécifiques ou encore de nouveaux personnages rencontrés en cours de route. On fera fi de certains heureux hasards , qui trouveront peut-être une justification plus tard.

Pourtant ce seinen (tel que classifié en France) n’est pas dépourvu d’intérêt. Au final, ça se lit facilement et le rythme est assez bon. Mais le côté linéaire et le manque de contexte nuisent au plaisir de lecture.

J’ai également apprécié les possibilités offertes par les triggers et surtout leurs combinaisons. On sent également que ce manga peut réserver son lot de surprises. Comme rien n’a été dévoilé, il y a beaucoup de mystères en suspens.

 

Graphiquement, Ryûhaku Nagata ne relève pas le niveau non plus. Ce n’est pas moche, mais c’est assez commun et triste. Son trait n’est pas désagréable, les décors sont présents et travaillés mais le reste, on peut y trouver à redire. Le charadesign est pour moi loupé. Les personnages ne dégagent aucun charisme. Les monstres sont certes effrayants, mais on ne comprend pas toujours leur design.

Pour ce qui est du découpage et de la mise en scène, c’est plat. Le mangaka n’arrive pas à retranscrire la peur, l’urgence de certaines situations et à donner du dynamisme à ses cases. On ne voit pas le mouvement dans ses dessins.

 

Pour conclure, ce Abyss – tome 1 de Ryûhaku Nagata est déception. Si le manga nous plonge tout de suite dans le bain de ce survival, avec un bon rythme et quelques mystères, il pêche par son manque d’originalité. Tous les codes du genre semblent respecter. Le mangaka se contente de mixer les points attendus de ce type de récit sans réellement apporter de nouveautés. Surtout que les personnages sont fades et peu intéressant. Si on rajoute à ça un manque flagrant de contextualisation, on obtient un début raté. Pourtant, je pense quand même qu’il y a moyen de faire quelque chose de divertissant. Ça ne révolutionnera probablement pas le genre, ne sera pas non plus un chef d’oeuvre, mais avec la bonne orientation, ça peut être divertissant. Mais Nagata va devoir corriger le tir dès le tome 2.

 

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Partagez-vous ma déception ?

Un commentaire »

  1. Coralie Grondin 09/09/2021 at 14:18 -

    Pas de longs dialogues ou monologues, peu de confessions des protagonistes, c’est un manga sans temps morts qui inaugure la série. Mais dans la jungle des récits de survie, Abyss compte parmi les quelques rescapés.

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