. Critique de A Silent Voice - tomes 2 et 3 | Fant'asie
Kameyoko 30/06/2015 0
  • Scénario
  • Graphisme

A Silent Voice - tome 2

 

A Silent Voice – tomes 2 et 3 de Yoshitoki Oima

Confirmation d’un hit en puissance !

A Silent Voice est l’un de mes coups de coeur de 2015. J’avais été enchanté par le tome 1 et l’histoire plein d’émotions de Shoko et Shoya.
Si le premier opus nous présentait les personnages et plantait le décor, j’avais hâte de découvrir la suite et de voir les retrouvailles entre ces deux personnages.

La suite est-elle d’aussi bonne qualité ?

A Silent Voice – tomes 2 et 3 de Yoshitoki Oima sont édités par Ki-oon et sont disponibles à la vente depuis, respectivement, les 12 mars 2015 et 14 mai 2015.

Résumé de A Silent Voice 2 et 3 chez Ki-oon

Résumé du tome 2 :

Pour Shoya, devenu le nouveau souffre-douleur de sa classe, rien ne change après le départ de Shoko. Pire, le jeune garçon se rend compte qu’elle faisait preuve de gentillesse à son égard et se sent d’autant plus coupable ! Mis à l’écart pendant toute sa scolarité, il ne parvient plus à se lier aux autres. Il se coupe du monde et finit par perdre toute envie de vivre.
Mais l’adolescent n’a jamais oublié la jeune sourde. Il prend donc la résolution de la retrouver pour lui présenter ses excuses avant de mettre fin à ses jours…

Shoko pardonnera-t-elle ?

Si le premier opus se concentrait sur la première rencontre de Shoya et Shoko en mettant en avant tout ce que le garçon a fait subir à la jeune fille sourde, la suite fait une ellipse de 5 ans.
On retrouve donc Shoya, à l’âge de 17 ans, solitaire, malmené par ses camarades depuis les événements du tome 1.
Il a beaucoup changé depuis. Il ne parle plus aux autres, s’en désintéresse et est meurtri par la culpabilité. Depuis qu’il est victime de harcélement, il a pris conscience de la souffrance qu’il a pu infliger à Shoko et a du mal à vivre avec. Au point qu’il a pour projet de se suicider. Mais pas avant d’avoir fait ses excuses à la jeune fille.

A Silent Voice - tome 3Il part donc à la recherche de la demoiselle pour lui présenter ses plus plates excuses. Pour montrer encore plus sa sincérité, il a même appris le langage des signes.
Leur retrouvaille et les excuses de Shoya sont évidemment un moment touchant, tant on sent tout le remord dans les dires de l’ex-tortionnaire. Mais Shoko va nous prendre au dépourvu et se montrer plutôt conciliante au point de même vouloir le revoir. Une façon de montrer le côté humain et positif de ce personnage.

Ce passage fonctionne comme un miroir inversé de leur première rencontre. Shoko est devenue une adolescente épanouie, et aimée des autres alors que Shoya est le rejeté. Ce qui crée evidemment un contraste avec leurs situation en primaire. Cette fois-ci c’est le jeune homme qui cherche à communiquer avec elle. Et en retour, elle lui pardonne et l’accepte; là où le garçon de l’époque l’avait rejeté.

Cette inversion des rôles et de la situation est une brillante idée car elle permet de bien voir comment chaque personnage a évolué. On constate ainsi l’impact de l’époque de la primaire sur un Shoya dépressif et qui n’a plus goût à la vie.
D’ailleurs, j’ai trouvé la volonté de se suicider un peu vite expédiée et surtout malvenue. Ça n’apporte pas grand chose, à part une scène touchante avec la mère du jeune homme. Et puis, ce projet pour le héros sort un peu du chapeau sans réelle justification. Un peu facile.

Cette rencontre va permettre à Shoya de reprendre goût à la vie avec la farouche intention de se rapprocher d’elle, malgré toute sa maladresse, et surtout la rendre heureuse, et lui rendre ce qu’il a pu lui voler. La caractérisation du personnage est excellente. On sent l’étincelle de la vie s’allumer au contact de Shoko, mais tout est ayant ce remord, cette douleur permanente et ce mal-aise bien visible. Le personnage est extrêmement touchant et juste. Ses interrogations sur sa condition, sur ce qu’est l’amitié sont passionnantes à suivre.
De plus, la façon qu’a Yoshitoki Oima de montrer comment le héros perçoit les autres est d’une grande ingéniosité. Ainsi, tous les personnages croisés sont barrés, pour souligner l’indifférence du héros vis-à-vis d’eux. Et puis quand il commence à les connaître un peu plus, on voit plus leur visage jusqu’à ce que la « croix » disparaisse.

De nouveaux personnages vont faire leur apparition comme le nouvel ami de héros : Tomohiro, lui aussi un exclu, mais plus positif et exubérant que Shoya. Sa relation avec lui est empreinte elle aussi de maladresse. On sent que Shoya ne sait trop comment s’y prendre pour se lier d’amitié.
Plus on avance dans la lecture et plus ce Tomohiro va servir un peu d’entremetteur et de faire valoir. Je trouve qu’il manque encore de singularité, se contentant juste d’être un facilitateur .

On fera également la connaissance de Yuzuru, personnage très protecteur envers Shoko. La mangaka va le développer pas mal au cours de ces deux tomes, avec notamment des explications sur son comportement vis-à-vis de la jeune fille malentendante et surtout un rebondissement inattendu. Ce personnage va devenir intéressant au fur et à mesure de la lecture, de par sa relation avec Shoya et leurs nombreuses histoires. Là aussi, il s’avère touchant comme le reste de la galerie de personnages.

Au cours du tome 3, Shoya va aider sa désormais amie à reprendre contact avec d’anciennes camarades. Ainsi, il va essayer de recontacter Miyoko et Naoka. un moyen de confronter une nouvelle fois le garçon à son passé et de mesurer encore plus l’impact de son comportement d’enfant. Si les retrouvailles avec Miyoko sont bonnes, celles avec la peste Naoka le sont moins.

Ce personnage, qui fuit dur envers Shoko en primaire, n’a, elle, pas connu les dures épreuves de Shoya ensuite, et semble moins enclin à la rédemption. L’arrivée de ce personnage risque de chambouler un peu tout. J’ai hâte de voir comment tout cela va évoluer.

Mais évidemment le cœur de ce récit est dans la relation, pleine d’émotion, entre les deux protagoniste. Tout du long de ces deux volumes, ils vont essayer de se rapprocher, de créer une véritable amitié et de panser leurs plaies respectives.
Et Yoshitoki Oima a un talent fou pour nous passionner avec eux, pour rendre cette amitié sincère, touchante et profonde. Cela s’appuie évidemment sur des personnages qu’elle a su rendre attachant, avec leur sensibilité, leurs blessures et leur compassion. Sa narration est également excellente pour nous permettre de suivre avec plaisir et émotions cette relation humaine.
Si le titre se veut un peu doux-amère, il est positif, mais à la fois tendre, émouvant et parfois triste. Un vrai tourbillon émotionnel mais qui ne rend que plus addictif la lecture. C’est juste et prenant.

Malheureusement, la mangaka a parfois la mauvaise idée d’user de grosses ficelles. Les personnages ont un peu trop tendance à se croiser par un heureux hasard. Rien de bien méchant, mais elle devrait veiller à ne pas trop tomber dans la facilité.

Pour conclure, A Silent Voice – tomes 2 et 3 de Yoshitoki Oima confirment tout le potentiel entrevu dans ce manga. La mangaka a un talent incroyable pour nous conter cette aventure humaine poignante, notamment par l’intermédiaire de ces deux personnages terriblement attachants. Il y a beaucoup de sensibilité, de justesse, d’émotions. Surtout qu’en plus, quelques personnages nouvellement introduits, apportent un vent de fraîcheur à A Silent Voice.
Même si ce shônen souffre de quelques grosses ficelles, qui font un peu tâche avec la finesse des interactions entre nos deux protagonistes, A Silent Voice est un petit bijou ! Je suis tombé sous le charme de cette relation Shoko/ Shoya et de la mise en scène de l’auteure.

C’est un manga subtil, envoûtant, émotionnellement fort et avec des personnages travaillés. La lecture est addictive, et on dévore les pages sans s’en rendre compte. Ce qui est souvent signe de qualit !

J’ai hâte de lire la suite d’un de mes titres coups de coeur de ces derniers mois.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Partagez-vous mon enthousiasme ?

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