. 13 clichés sur la fantasy | Fant'asie
Kameyoko 22/12/2008 22

les clichés en fantasy

13 clichés sur la fantasy

Les clichés en fantasy ont la vie dure

Pour beaucoup de littéraire/ critique/ lecteurs, la fantasy est considéré comme un sous-genre de la science-fiction voir un sous-genre tout court. Pendant des années ce courant littéraire a été mal considéré.

Depuis quelques années, ce sentiment tend à s’estomper, probablement avec les succès commerciaux en librairie et les adaptations au cinéma comme Narnia, Seigneur des Anneaux, l’Epée de Vérité, Harry Potter ou A la croisée des Mondes.

Mais toujours est-il que bon nombre de clichés qu’on entend assez souvent ont parfois la vie dure et, bien sûr, sont bien souvent erronés. Etant trop jeune pour prétendre avoir connu la fantasy dès le début, je ne peux pas dire que ces clichés sont sans fondements. Peut être était-ce réellement ainsi avant, au tout début de ce genre relativement récent et qui ne cesse de se développer.

Dans ce billet, je vais tenter d’énumérer un certain nombre de clichés récurrents et si je le peux essayer de prouver qu’il s’agit d’une d’une image faussée et que la fantasy passe outre cette image.

Je ne prétends pas non plus dresser une liste exhaustive, qui est impossible, ni une liste des clichés qu’on entend le plus. Cette liste est subjective. Je listerai donc les 13 clichés qui me semblent pertinents et qui me viennent en tête. Libre à vous des les compléter (au contraire ça serait super).

Les clichés sur le héros type d’un roman de fantasy

1°/ Le héros est toujours un paysan/ berger qui vit dans un coin reculé du monde. Il vit en compagnie d’un proche qui est en fait un personnage super important. Mais souvent il pense être orphelin.
2°/ Le héros est toujours le personnage clé d’une ancienne prophétie où il doit partir à la recherche d’un objet particulier pour sauver le monde
3°/ Le héros ne fait jamais cette quête seul. Il est toujours accompagné de son meilleur ami, d’un guerrier aguerri (souvent un roi ou un prince), d’un sorcier, et d’un voleur/ mesquin/ joueur.

Ces clichés sont clairement issus du « Seigneur des Anneaux ». Il ne faut pas se voiler la face. Ce livre étant tellement culte et a tellement posé les bases de la fantasy, que beaucoup (trop ?) de romans ont repris la même trame scénaristique et quelques points souvent identiques.

Néanmoins c’est très réducteur de penser que la fantasy ne se résume qu’à ça. Tout d’abord ce sont des clichés liés à deux types de courant de fantasy : la high fantasy et l’héroic fantasy (voir le billet sur les différents courants de la fantasy). Nombreux sont les auteurs à différer de ce schéma classique (Hobb, Martin, Zelasny, …).

Pourtant il faut aussi admettre que pas mal de romans utilisent ces codes pour poser la trame/ background de leur roman. Cela n’empêche pas par la suite d’avoir un(ou des) livre(s) original(aux). Je pense notamment à la Roue du Temps, qui est probablement l’une des meilleures sagas de fantasy, et qui pourtant reprend ce schéma classique.

Ce genre de schéma se retrouve dans d’autres genres, ce n’est pas propre à la fantasy. Et puis, c’est un style récent, donc plus le temps va passer plus il y aura de base pour différencier les schémas. C’est déjà le cas avec des romans comme Twilight ou Neverwhere, Les Annales du Disques Mondes…

Les clichés sur le méchant

4°/ Le méchant est souvent une divinité ou ce qui s’en rapproche. Elle est emprisonnée ou en sommeil et est très proche de se réveiller. Elle doit également être appelé le Sombre, le Noir, le Ténébreux….
5°/ Le méchant a été auparavant vaincu par un ancêtre au héros, ou par une ancienne génération/ peuple et seul le héros peut découvrir comment.
6°/ Le méchant se terre dans un coin oublié et a des milliers de vilaines créatures à ses ordres. Il réside aussi dans une tour noire autour d’un environnement austère et désolé.

Là aussi c’est un peu le syndrome du Seigneur des Anneaux.. C’est vrai qu’on retrouve quelques fois ce type de portraits. Mais nombre de romans ont pour méchants seulement un peuple ennemis, un roi qui devient fou ou fou de pouvoir, un magicien déchu… Je pense notamment à l’Assassin Royal ou au cycle des Neuf Princes d’Ambre… Mais c’est aussi ce qui fait le charme de la fantasy : le besoin de grandes aventures. Donc il faut de la distance entre gentil et méchant mais aussi une certaine envergure du grand ennemi.

L’équipement du héros

7°/ Le héros a toujours en sa possession un objet précieux légué par quelqu’un qui lui est proche. Cet artefact est bien sûr important et puissant. Il découvrira peu à peu comment l’utiliser à sa pleine puissance.

Ce point là est lié au point 1 et 2. La fantasy étant un genre assez épique, il n’est pas rare de trouver des passages où le héros part à la recherche d’un artefact puissant. Ceci permet au scénario de se développer et de permettre de multiples rebondissements.

Les peuples et royaumes

8°/ Il existe un peuple très sage et puissant mais presqu’en voie d’extinction. Pourtant, ils détiennent la connaissance permettant de vaincre le mal. On retrouve aussi classiquement le même style de peuples : les barbares, les conspirateurs, le peuple discipliné militairement, un peuple mal considéré et mis à l’écart, un peuple de paysans…
9°/ Un roi d’un des peuples a une jolie fille dont tombe amoureux le héros.

Comme on peut le retrouver en SF, la fantasy a le besoin de placer l’histoire dans un vaste monde complexe. D’où la nécessité de certains auteurs de multiplier les peuples et les différences. Mais n’est-ce pas aussi le cas en SF? ou dans les histoires antiques types Homère?

Les clichés liés au lecteur ou au style même

10°/ Le lecteur est quelqu’un qui a besoin de se réfugier dans un monde imaginaire pour fuir sa triste réalité. C’est souvent le signe de quelqu’un de dépressif/ suicidaire ou qui a un problème de sociabilité.
11°/ Un roman de fantasy n’existe pas seul. Il doit obligatoirement s’agir d’une saga d’au moins 5 volumes. Ces romans sont composés d’une carte détaillé du monde et éventuellement d’un lexique.
12°/ Un auteur de fantasy est un auteur de roman classique raté. Il n’a pas le verbe et la qualité de narration des autres romanciers
13°/ en fantasy l’auteur rajoute inutilement trop de créature féeriques et magiques.

Evidemment les auteurs de fantasy sont bien des romanciers à part entière. Mais là où un auteur classique va nous démontrons sa qualité d’écriture en se perdant en longue description, l’auteur de fantasy favorise là aussi le coté épique. Il y a une vraie volonté de mouvementer le récit, en favorisant une narration très cinématographique. Pour autant ce n’est pas signe de médiocrité loin de là.

Concernant l’image du lecteur on reste dans le débat sur la perception des geeks, otaku, nerd and co. Malheureusement les clichés restent parce que dans nos mentalités, l’imaginaire est moins bien considéré que le réalisme. Pourtant avoir envie de lire de grande fresques, de suivre les aventures de créatures imaginaires ou de héros avec des pouvoirs n’est, bien entendu, en aucun cas une négation de la réalité.

Voici les clichés qui me viennent en tête avec plus ou moins de justification. J’ai essayé de montrer au moins partiellement pourquoi c’est infondé ou dépassé ou pour le justifier.

Et vous quels clichés vous viennent en tête? Êtes-vous d’accord avec mes choix?

22 commentaires »

  1. David 22/12/2008 at 21:49 -

    les clichés, je croyais que c’était des photos, mais c’est cool quand même

  2. Azariel 22/12/2008 at 23:01 -

    C’est tellement vrai ce que tu racontes ! 😀

    Tu pourrais ajouter le cliché de la civilisation elfique ultra-puissante mais toujours sur le déclin ou proche de la disparition / en pleine exode. À se demander comment ils n’ont pas fait pour asservir les humains…

    D’où la bonne idée de Del Toro dans Hellboy 2 de faire de son méchant un elfe aux traits brutaux et inquiétants : ce n’est pas le premier à avoir eu cette idée, mais au moins on évite le sempiternel cliché.

  3. Kameyoko 22/12/2008 at 23:09 -

    @David : C’est vrai que je n’avais pas pensé à cette interprétation du titre. Je vais réfléchir pour éclaircir le titre.

    @Azariel : Le coup des Elfes c’est un peu le point 8. Pour Hellboy (que j’ai pas pu aller voir, quand je pouvais il était à l’affiche que le soir), il s’est beaucoup inspiré d’Elric de Moorcock. Or ce bouquin c’ets un des premiers anti-héros. Donc clairement une oeuvre non clichés

  4. jayer 22/12/2008 at 23:24 -

    t’as oublié le plus important, le héros est souvent orphelin/adopté/renié 😀

  5. Kameyoko 23/12/2008 at 10:37 -

    @Jayer : J’aurais pu lui consacrer un point en entier tellement c’est vrai. Mais bon on va dire que ça rejoint le point 1 🙂

  6. Lyra Sullyvan 11/01/2009 at 12:54 -

    Je dirais juste à ceux qui pensent que « un auteur de fantasy est un auteur de roman classique raté. Il n’a pas le verbe et la qualité de narration des autres romanciers », je répondrais qu’il faut bien plus de talent pour créer un monde à part, toutes ses règles, et éventuellement ses créatures, que de reprendre des choses déjà existantes, et que j’ai été bien plus captivée par nombre de roman SF que des romans qui reprend le cadre de l’histoire ou de l’actualité ! ^^

  7. Kameyoko 12/01/2009 at 10:07 -

    @ Lyra Sullyvan : Déjà bienvenue sur Fant’Asie 🙂

    Pour cet article, je me suis amusé à essayer de lister (mais de façon on-exhaustive) quelques clichés récurrents. Ces clichés proviennent d’une part de ce que j’ai pu entendre et d’autres part par mon expérience.

    Par exemple typiquement quand je dis que le héros est le personnage clé d’une prophétie, ça c’est mon expérience. Beaucoup de livre commence ainsi. Mais ce qui compte c’est comment est exploité cela derrière. Le meilleur exemple est « La roue du temps ». Cette saga commence très classiquement pour ensuite vraiment se démarquer.

    Après le coup de « l’auteur de fantasy raté » ça c’est ce que j’ai pu entendre par des gens « bien-pensants » qui ont beaucoup d’appriori, et qui malheureusement persiste.

    Mais évidemment que je ne le pense pas. je te rejoins, il faut beaucoup de talent et d’imagination pour construire un monde cohérent et intéressant.

  8. iti1801 18/01/2009 at 18:39 -

    Encore un article très pertinent !
    Donc, si je comprends bien, il faut que Christopher PAOLINI rajoute 2 bouquins à son cycle Eragon pour que ça devienne un « vrai » cycle de fantasy ou y’a des exceptions quand même ? ^____^

  9. Kameyoko 19/01/2009 at 10:29 -

    @ Iti1801>> Oui c’est obligatoire ^^! Sinon comment veux-tu qu’on le catégorise comme étant une saga fantasy? Tiens je vais rajouter un 14ème cliché : un roman de fantasy doit impérativement reprendre les clichés énumérés ci-dessus 🙂

  10. Bakasan 27/04/2009 at 22:25 -

    Tu vois juste avec tes clichés! Mais ça montre à quel point la Fantasy est rabaisser au Seigneur des Anneaux.
    Pour briser les idées reçues, il suffit de lire les œuvres de fantasy qui ne sont pas des « SdA-like ». Je pense à « Les Salauds Gentilshommes » que j’ai lu récemment et à « Les aventuriers de la mer », ou à « Le peuple turquoise » pour ne citer qu’eux.
    D’un autre coté, quand on voit que des « l’épée de véritée » et autres « SdA-bis » font un carton, faut croire que les lecteurs aiment les clichés! A Sont-ils amnésiques?

  11. Kameyoko 28/04/2009 at 09:59 -

    @Bakasan : Même dans les Sda-like, tu as de très bons titres et qui sont originaux (bien que sda-like, ce qui est assez paradoxal).

    J’aime aussi bien ce type de livres que les autres, je ne boude pas mon plaisir.

    Les lecteurs ne sont pas amnésiques ni forcément stupides. C’est juste qu’avec de l’heroic-fantasy typé SDA on sait ou on va. Les codes, les postulats sont déjà établis. Du coup l’auteur peut aller plus loin dans son récit puisque certaines règles sont déjà connues et acceptées par le lecteur. Et honnêtement il existe vraiment des petits bijoux de SDA-like. Des romans épiques de fantasy c’est quand même toujours bon à suivre.

  12. Zelphalya 02/05/2009 at 12:32 -

    A noter aussi que ce qui peut passionner certains lecteurs n’est pas forcément le livre en lui-même mais plutôt l’univers sur lequel il se produit. Donc on peut apprécier le SdA et ses -like par l’originalité de leur univers. Ce n’est pas un défaut que d’aimer les cartes et les univers riches nécessitant un lexique. Seulement il n’y a pas que ça dans la fantasy il faut le savoir, après c’est une histoire de goût. Il y a plein de façon d’aimer un livre.

  13. Kameyoko 02/05/2009 at 23:14 -

    @Zelphalya : +1 Entièrement d’accord. Tant que chacun y trouve son plaisir ça me va.

  14. elroy 22/08/2009 at 15:56 -

    Salut
    un trés bon article qui va bien me servir.
    par contre plutot que le SDA j’aurais plutot dit les legendes du Roi Arthur.
    bon continuation en tous cas

  15. Kameyoko 22/08/2009 at 19:19 -

    @Elroy : Merci

  16. hyoomi 14/03/2010 at 09:14 -

    Très bon article ! Tout à fait pertinent =P
    Je m’essaie moi même à l’écriture de nouvelles (et de romans ??) de fantasy et je me rends compte qu’il y a beaucoup d’éléments « clichés » qui reviennent dans mes histoires… d’où l’intérêt alors d’avoir un monde assez original et des personnages très variés pour combler cette faiblesse =P

  17. Kameyoko 15/03/2010 at 10:17 -

    @Hyoomi : Bonne continuation et bon courage pour l’écriture. J’ai un profond respect pour ceux qui le font (même si je peux être critique dans mes articles).

    Cet article avait pour but de lister les poncifs du genre. Après, un récit peut en contenir, il faut juste que le romancier sache bien jongler avec et pas se cantonner à un SDA-like.

    Et plus généralement, même si la fantasy, offre, par définition, une infinité de possibilité, notre culture « fantasy » est tellement façonné par certains auteurs qu’il est difficile de sortir de ce cadre établi.

    Mais effectivement, des personnages fouillés, complexes et un monde avec une géopolitique poussée peut faire la différence.

  18. comment écrire un livre 22/04/2013 at 09:51 -

    Je suis bien d’accord avec ton billet et tes clichés ! Mais je trouve qu’ils sont très présents, moi, dans la littérature fantasy, quand même. La prophétie, l’élu, toussa… 🙂
    Annabelle

  19. Moejil 15/01/2018 at 21:02 -

    Bonjour,
    J’écris moi même de la Fantaisie, dont une trilogie de trois livres (pléonasme), qui peuvent être pris indépendamment. J’essaie plus que tout de ne pas tomber dans le cliché et pour le moment, je m’en sors. Déjà, premier point, il n’y a pas de mal absolu, good, donc il ne s’agit pas de sauver le monde. Deuxièmement, c’est un roman d’initiation certes, mais le héros est profondément mauvais, mais clairement horrible et créé pour ça et il tombe sur un jeune garçon qui tente de retrouver ses parents, en particulier sa mère qui l’a abandonné oui, comme en fantasy, et non, mon antihéros n’est pas le père du petit, d’ailleurs il le bat, il est cruel avec lui, le traite comme un animal, un objet. C’est une réflexion sur l’homme et la morale et beaucoup de ce genre de chose, savoir qui est le méchant, l’antihéros horrible mais tout de même plein de bon sens sur la vie bien qu’il ait une vision pessimiste, le monde autours de lui qui est pas mieux mais dans lequel les gens tentent juste de survivre, ou le petit garçon qui est un sacré hypocrite qui refuse d’apprendre de ses erreurs. Tout ça dans un monde qui n’a plus de repère, à la limite du Moyen-âge et de l’ère industriel, en pleine crise énergétique. Voilà. Alors oui, il y a une prophétie, mais prise à contre pied, et je prévois six tome, le premier étant Le Voyage de L’Immoral.

  20. Marine Laplace 25/09/2020 at 12:38 -

    Salut,
    Merci pour le partage de cet article très informatif. Est-ce le même rédacteur que pour https://www.fant-asie.com/hot-toys-black-widow-du-film-captain-america-the-winter-soldier/ ?

  21. Claire Barton 29/09/2020 at 11:00 -

    Bonjour,
    Merci beaucoup pour le partage de ces clichés. Il y a de quoi en méditer pour ceux qui envisagent d’écrire des histoires dans le milieu. Au moins, on sait maintenant à quoi les lecteurs s’attendent et quelles sont les solutions à adopter.

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